Lili Mac

Les brèves de CLaP 2024 : deuxième édition du festival de cinéma latino-américain de Paris

Le festival CLap 2024 du Cinéma Latino-Américain de Paris propose 14 films provenant de neuf pays d'Amérique latine : un choix cinématographique exigeant pour la deuxième édition de ce jeune festival remarqué et remarquable !

O dia que te conheci (le jour où je t’ai connue) : destinés, ils étaient tous les deux destinés !

« O dia que te conheci » est un film court (71 min), mais qui parait long, une sorte de comédie italienne au ralenti sous le soleil du Brésil. À voir.

Le Consentement : « c’est pour mieux te manger, mon enfant… »

Le Consentement est un grand livre, sa fidèle adaptation cinématographique fera date. Séduction, emprise et destruction en règle d’une très jeune adolescente par un écrivain célèbre aux mœurs dépravées dans une époque étonnamment permissive. Un film indispensable à mettre sous (presque) tous les yeux... avec avertissement.

Trenque Lauquen : les jeux de l’amour et de la plume

Film fleuve à la construction savante, Trenque Lauquen croise plusieurs histoires en un récit fort ingénieux qui rappelle le meilleur cinéma de Jacques Rivette. Ce chassé-croisé amoureux s’écoule en plus de 4 heures dans le vaste espace-temps d’une enquête, aussi sérieuse que loufoque, sur la disparition d’une femme... très recherchée. Somptueux !

Clementina : chercheuse d’ordre

Clementina se déplace en terrain miné, utilisant son corps comme une acrobate qui se débat autant dans l’espace que dans le bruit(age) : tout crisse, tout bruisse, tout couine (petite œillade du côté de Tati, peut-être ?) et bien sûr … tout s’effondre ! 

Anhell69 : película trans !

Des hommes masculins-féminins s’interrogent sur leur sexualité et leur identité. Chassés par le gouvernement, rejetés par la religion, victimes des narcos, relégués au bas de l’échelle sociale, ils cherchent par tous les moyens à donner un sens à leur vie.

Las mil y una : tout feu tout queer

Le parti-pris de mise en scène est clair : nous immerger jusqu’à la garde dans le labyrinthe des passions du quartier. Mais ne nous y trompons pas, on est bien loin des Mille et Unes Nuits...

De son vivant : « De la musique avant toute chose »

Avec "De son Vivant", film sombre et lumineux où la musique semble élevée au rang d’Art poétique, Emmanuelle Bercot livre une réflexion sur la fin de vie et sur la place que laissent les défunts dans l'existence de ceux qui leur survivent.

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Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.