Le Consentement : « c’est pour mieux te manger, mon enfant… »

Le Consentement est un grand livre, sa fidèle adaptation cinématographique fera date. Séduction, emprise et destruction en règle d’une très jeune adolescente par un écrivain célèbre aux mœurs dépravées dans une époque étonnamment permissive. Un film indispensable à mettre sous (presque) tous les yeux… avec avertissement.

En 2020, la publication du livre de Vanessa Springora provoque une déflagration dans le monde de l’édition, puis au cœur de la société française, et s’étendra comme une traînée de poudre dans une grande partie du monde. Événement indélébile dans une époque déjà marquée au fer rouge par MeToo, le récit autobiographique de l’autrice connait de telles répercussions qu’il permet même de faire changer la loi sur la majorité sexuelle en France. En 2022, il est porté à la scène au Théâtre de la Ville et, l’année suivante, adapté au cinéma par Vanessa Filho.
Lorsque Vanessa Springora est apparue dans les médias, portant sur ses épaules le poids et les conséquences d’un tel récit, elle avait 48 ans, son passé loin derrière elle. Son impressionnante maîtrise, ses yeux hypnotisants, son timbre si particulier imposaient le respect. Ses phrases, très développées et précises, étaient celles d’une adulte regardant en arrière avec dignité et le calme triomphant de l’innocence sur le mal. Mal incarné par un pédophile notoire, dont tout le monde connaissait le visage et les vantardises érotico-littéraires sur les plateaux télé.

Même si le récit, émouvant et glaçant, obligeait le lecteur à se projeter, ou pire, à imaginer ses propres enfants dans la gueule du loup, le lecteur avait entre les lignes et à l’esprit le visage et le corps de deux adultes. La question de la représentation par l’image pouvait donc se poser pour une adaptation cinématographique future.

L’ogre et l’enfant

Celle qui incarne Vanessa Springora au cinéma est Kim Higelin, une jeune actrice d’une vingtaine d’années au moment du tournage, qui interprète une adolescente de 13 à 16 ans, évoluant dans un milieu cultivé, mère attachée de presse dans l’édition, mais père brillant surtout par son absence.

Elle apparaît d’abord dans des situations où elle est relativement éloignée physiquement de son futur ange exterminateur (magistral Jean-Paul Rouve en Matzneff). Alors qu’elle l’observe dans les dîners mondains organisés par sa mère, il la dévore déjà des yeux. Fascinée par « le grand écrivain », elle boit ses paroles, et lui, la charme au sens latin du terme, insinuant ses mots d’auteur dans son jeune esprit épris de littérature, tous ses sens tournés vers elle et éveillant à présent les siens. La chasse a commencé, mais la distance physique préserve encore un peu l’être virginal de la jeune fille de 13 ans. Juste le temps de l’ensorceler, de la frôler dans une voiture qui le raccompagne jusqu’à son antre.

Une scène, qui ne dure que quelques instants, les montre plus tard en extérieur enlacés dans une lumière étrange et magnifique. On pourrait presque croire qu’ils s’aiment. Mais bien vite, cette lumière révèle l’artifice d’un soleil un peu forcé lui aussi, un peu surexposé, traduisant l’excès de romantisme, la brûlure du faux-amour naissant, ressenti par l’adolescente. Là où les mots du livre permettaient d’imaginer les choses, les images, elles, imposent une vision. Ce qu’on voit, en réalité, c’est l’ogre ayant capturé sa proie, tout en douceur. Et la proie, comparée à l’ogre, n’est qu’une enfant ! L’ogre et l’enfant réunis sous ce puissant soleil qui tout à coup semble bien sombre.

Un regard à charge sur l’époque

Une des questions qui hante le livre comme le film est celle du rôle des adultes. Puisque l’image est sous nos yeux, puisque Matzneff signait ses exploits pédophiles sans en être inquiété, puisque les parents étaient au courant, puisque l’intelligentsia intellectuelle de l’époque se révélait fort laxiste au sujet des mœurs, puisque même les médecins ne s’étonnaient pas de voir une gamine visitée à l’hôpital, chaque jour, par un homme d’âge mûr n’étant pas son père… on peut se demander qui est coupable. Il y aura bien quelques lettres anonymes, quelques flics à emberlificoter dans de beaux discours. Mais pas de quoi inquiéter l’ogre. On entend bien la mère (très belle interprétation de Laetitia casta) crier au « pédophile » lorsque la gamine lui apprend que son histoire est plus qu’un flirt. Mais pourquoi n’agit-elle pas tout de suite, cette mère dépassée par les événements ? Certes, elle le fera plus tard, imposant son véto lorsque sa fille hésite à s’envoler pour Manille, haut lieu du tourisme sexuel, invitée par celui qui préfère « les moins de seize ans ».
Seule l’écrivaine Denise Bombardier (tout récemment disparue) avait osé affronter l’ogre en public sur le plateau d’Apostrophe en 1990. Les images d’archives insérées dans le film font foi et les paroles méritent d’être citées : « Monsieur Matzneff me semble pitoyable. Ce que je ne comprends pas dans ce pays, c’est que la littérature sert d’alibi à ce genre de confidences. Ce que nous raconte monsieur Matzneff […] c’est qu’il sodomise des petites filles de 14 ou 15 ans, que ces petites filles sont folles de lui. On sait bien que des petites filles peuvent être folles d’un monsieur qui a une certaine aura littéraire. D’ailleurs on sait que les vieux messieurs attirent les petits enfants avec des bonbons. Monsieur Matzneff, lui, les attire avec sa réputation. Ce que l’on ne sait pas c’est comment ces petites filles de 14 ou 15 ans, qui ont été non seulement séduites, mais qui ont subi ce que l’on appelle dans les rapports entre les adultes et les jeunes un abus de pouvoir, comment s’en sortent-elles ces petites filles après coup ? Je crois que ces petites filles-là sont flétries. Et la plupart d’entre elles, flétries peut-être pour le restant de leurs jours. […] La littérature ne peut pas servir d’alibi à tout. Il y a des limites même à la littérature. »

Des rôles difficiles

L’interprétation de Kim Higelin est remarquable. Sa voix, vulnérable, fragile comme celle d’un petit animal, a parfois du mal à sortir. Étouffée d’émotion quand Vanessa se perd. Puissante et assurée quand Vanessa combat. Perdue derrière ses longs cheveux, ses yeux cherchant des réponses, la finesse de ses gestes, la détresse de son visage en gros plans, son abandon aussi, l’amour qu’elle croit ressentir, sa révolte… tout dans sa personne et son jeu contribue à donner chair et âme à l’adolescente de papier.

Vanessa est une très jeune fille. Son visage plein, sa moue enfantine, contrastent terriblement avec le dur faciès du pédéraste, dissimulé derrière le masque affable et les pirouettes intellectuelles, dont les yeux comme des radars ont déjà choisi la petite.

Bientôt les corps entreront en jeu, le sourire aimable se fera mordant, préparant la jeune fille « avec son consentement » à être initiée à des étreintes sophistiquées et pas du tout de son âge.
Ce « consentement », illusoire bien sûr, qui relève de la manipulation, est extrêmement bien décrit. Par la narration, d’abord, fidèle au roman, qui détricote la toile d’araignée, décortique le mécanisme de l’emprise. Par une magnifique bande son, également, s’accordant avec subtilité au cataclysme émotionnel qui traverse l’adolescente (Mozart, Barbara…). Mais surtout, par la prestation de Jean-Paul Rouve, qu’il faut saluer, pour ce rôle ô combien difficile. L’acteur a accompli un subtil travail sur sa voix, dont les modulations imitent les inflexions doucereuses de celle de Matzneff. Il reproduit également sa gestuelle tout en torsions, ses mains longues et fines d’esthète et de maître des délices puis des souffrances, jusqu’à son corps entretenu, aminci jusqu’à l’os, dont la silhouette cherche elle aussi à capturer encore un peu les fragments de la jeunesse. Le crâne nu, les lunettes de soleil, la saharienne, mais aussi la chambre sous les toits débordant de livres, dont les fameux « carnets noirs » et livres « interdits », son environnement reconstitué dans les moindres détails font du prédateur le maître des lieux comme le maître des corps.

L’enfant des livres

Le roman détaillait en quelques chapitres le glissement de la destruction à la reconstruction : « l’enfant », « la proie », « l’emprise », « la déprise », « l’empreinte », « écrire ». A l’image de Vanessa Springora, dont le beau visage froid et imperturbable est réchauffé par l’émotion affleurant et la profondeur de l’être, le style du livre ne s’attache qu’à l’essentiel : dire les choses sans pathos et sans esprit de vengeance, laisser vivre l’émotion sans la forcer, faire toute la place au sujet. Le film souffre largement la comparaison… et c’était un peu le pari, on l’attendait au tournant et avec les fusils.
Vanessa, l’enfant des livres, dit en toute innocence son amour de la littérature et devient, déjà dans l’esprit du prédateur, la proie qu’il n’aura plus qu’à former. Mais le loup prend son temps. Il est sur du velours, il est sur son propre terrain, pour en faire son quatre-heures. Puisque la littérature, comme le tourisme sexuel et de dépucelage de jeunes filles est son passe-temps favori, pourquoi se presser ? Les divertissements et réjouissances réunis dans le même petit corps et le même esprit en formation, malléable à souhait et n’offrant que délectation sont eux aussi interchangeables avec d’autres petits corps dragués au coin des rues ou rétribués dans des pays lointains. Vanessa n’est pas seule, pas la seule « élue », puisque le monde entier est un terrain de chasse.

« Jouir et écrire »

Le parti-pris narratif montre très bien ces mois de « formation » faussement douce, autant intellectuelle que sexuelle, pour parvenir jusqu’à l’emprise. La séduction a commencé par les livres, les mots, l’écriture, les lettres bleu turquoise que Vanessa lit religieusement dans sa chambre de jeune fille. Cette captation glisse désormais subtilement vers la domination puis la vampirisation. Les incessants aller-retours entre le lit et l’écriture montrent à quel point il s’agit de s’approprier un être tout neuf, l’exploiter à des fins soi-disant artistiques, puis la déposséder lorsqu’elle se révolte. Mais il est déjà trop tard, elle est reléguée au rang des « hystériques », comme toutes ses sœurs ayant dépassé « l’âge ».

La jeune vierge s’est offerte en croyant à l’amour alors que son corps n’est qu’un objet fournissant des plaisirs très variés. Cependant, la confusion des sentiments comme celle des sens fait que le corps résiste. Comme si quelque chose au plus profond de l’être comprenait que tout cela n’est pas normal. Mais la science a tout prévu, une petite intervention sous anesthésie et il n’y paraîtra plus. Désormais le corps, déjà préparé au plaisir, est « fonctionnel », mécaniquement prêt à être objétisé. Les scènes sont explicites. Si la relation est obscène de nature malgré les mots poison-d’amour qui cherchent à faire croire le contraire – « rien n’est sale, ma belle enfant, mon écolière » –, le regard de la cinéaste est extrêmement respectueux. En cela il se montre tout à fait à la hauteur du texte.

La curiosité, un bien joli défaut

Lorsque Vanessa ne résiste plus à la tentation de lire les livres interdits, les carnets noirs, le journal, trophées des rayonnages de la chambre-bureau de l’écrivain parti quelques semaines tenter de rajeunir en Suisse ou peut-être ailleurs accomplir des actes inavouables, le choc est terriblement violent. Les livres l’avaient initiée au bonheur, désormais ils lui ouvrent les yeux car elle lit sous la plume soi-disant repentie de son amant-initiateur qu’il a fait un art de vivre de ne coucher qu’avec des vierges ou des garçons à peine pubères, et que les enfants de Manille sont des « culs frais » dont il s’offre des orgies.

Des déclics, il y en aura d’autres, même après leur rupture, au rythme régulier de la parution des romans, du journal, des carnets… Notamment celui de la lecture des Moins de seize ans. Au sujet de celui-ci ou d’un autre dans lequel ses propres lettres sont citées, Vanessa se dira « absorbée par l’encre de ce livre abject ».

Enfer et renaissance

Le texte évoquait clairement mais avec la pudeur qui caractérise son autrice la lente descente aux enfers de la jeune fille devenue femme. De la même manière, le film passe très rapidement sur cette époque en quelques images tournées comme un clip qu’il est inutile de détailler. Car le plus important est à venir. Le temps de la reconstruction.
C’est Élodie Bouchez qui incarne désormais Vanessa telle que le grand public l’a découverte en 2020. En quelques plans essentiels, telle une ombre vaillante et bienveillante, elle ouvre les portes de son appartement endormi où se reposent son compagnon et son fils. Puis on la suit dans un long couloir des éditions Julliard qu’elle dirige désormais, jusqu’à son bureau où elle entame la rédaction du Consentement. Prête à témoigner aux yeux du monde des dégâts et traces indélébiles « qui flétrissent » les petites filles, comme avait averti Denise Bombardier. Prête à prendre en charge la parole, à porter au grand jour ce sujet douloureux en accompagnant les autres. Délivrée, enfin, et capable à son tour d’enfermer l’ogre dans une prison de papier… à jamais.

Bande-annonce : Le Consentement

Fiche Technique : Le Consentement

De Vanessa Filho
Par Vanessa Filho
Avec Jean-Paul Rouve, Kim Higelin, Laetitia Casta
11 octobre 2023 en salle / 1h 58min / Drame, Biopic
Distributeur : Pan Distribution

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Nous l’orchestre : au cœur d’un ensemble symphonique

Le documentariste Philippe Béziat nous propose une plongée au sein du célèbre Orchestre de Paris. Multipliant les approches et les gestes de mise en scène, il permet de lever un coin de ce grand mystère : comment des individualités parviennent à faire corps, au service de la musique. Captivant.

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.