Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.
Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.
En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.
La réalisatrice canado-suisse Léa Pool porte à l’écran l’adaptation du roman « Ör » de l’auteure islandaise Auður Ava Ólafsdóttir. "Hôtel Silence" met en scène Sébastien Ricard dans le rôle d’un homme au bord du précipice, rongé par une détresse existentielle, et dont les profondes cicatrices intérieures répondent aux traumatismes enfouis d’un peuple anonyme meurtri par la guerre. Un drame sensible et lumineux sur les blessures et les errances de l’âme humaine et la force de vivre, encore.
Le FIFAM 2024 a dévoilé son palmarès lors de la cérémonie de clôture, suivie de la projection de Dracula de Francis Ford Coppola. Entre le 15 et le 22 novembre, 127 films ont été projetés, les spectateurs ont pu croiser une soixantaine d'invités et découvrir 8 film en avant-première. La figure du vampire a régné sur le festival, avec également de très beaux films présentés dans la sélection "afrofurismes et futurismes africains", notamment Neptune Frost. Parmi les films en avant-première, nous avons repéré Les Reines du drame qui sort en salles le 27 novembre 2024.
L’Arras Film Festival célèbre un quart de siècle avec une sélection exceptionnelle. Parmi les temps forts, des œuvres marquantes comme Jouer avec le feu, Le choix du pianiste, ou encore Julie se tait, qui explorent les nouvelles frontières du cinéma. Des récits puissants comme Un Ours dans le Jura et The Gardener’s Year réinventent les genres, tandis que Dwelling Among The Gods et Little Jaffna invitent à des réflexions intimes et universelles. Une édition qui confirme que le cinéma reste un espace essentiel de rêves et de résistance collective.
Le premier long-métrage de Laura Piani esquisse le délicat portrait d’Agathe, une libraire trentenaire célibataire qui se rêve écrivaine. Un personnage romanesque touchant embarqué dans une course au bonheur ayant le visage flou de l'incertitude, interprété avec mélancolie par Camille Rutherford, et dont les espoirs sentimentaux, façonnés par la littérature britannique de Jane Austen, sont mis à mal par la monotone réalité.
Présenté en compétition officielle au FIFAM 2024, "Diaries from Lebanon" est un documentaire de Myriam El Hajj. Il suit le combat de trois libanais à travers le regard d'une femme engagée pour son pays, même quand tout s'effondre. Chacun des protagonistes s'interroge sur le sens de son combat et l'avenir d'un pays qui traverse de multiples crises.
Projeté en ouverture du festival du film francophone Les Œillades d'Albi, "Le Choix du pianiste", réalisé par Jacques Otmezguine, met en scène le jeune Oscar Lesage, brillant interprète de l’émouvante partition de François Touraine, grand virtuose du piano au destin ébranlé par les heures sombres de la Shoah. Un drame historique à la fois ample et profond dans lequel le réalisateur de "Prunelles Blues" raconte en trois périodes éclatées la trajectoire sinueuse et sacrificielle d’un amour scellé à jamais par la musique symphonique.
En compétition officielle au FIFAM 2024 , "La piel en primavera" est un portrait de femme, premier film de Yennifer Uribe Alzate. La réalisatrice colombienne y suit la libération sensuelle d'une agente de sécurité entre amour vécu, désir et réappropriation de son corps.
Grâce à la performance magnétique d’une Nisrin Erradi au regard étincelant, inondé de tendresse et de déchirements intérieurs, "Everybody Loves Touda", neuvième long-métrage de Nabil Ayouch, capture l’aura lumineuse d’une femme forte et talentueuse, déterminée à lutter sans relâche contre les injonctions d’une société patriarcale marocaine corsetée dans des croyances rétrogrades. À travers ce personnage qui oscille entre délicate quête d’amour et indestructible volonté d’indépendance, Nabil Ayouch parvient à dépasser le récit individuel pour mener une réflexion politique collective sur le corps des femmes.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.