Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Après Stand by me, Princess Bride, Quand Harry rencontre Sally et Misery, Rob Reiner signait, avec Des hommes d’honneur, un grand film sur la discipline, l’autorité et ses limites, les implications de la justice militaire, ses rouages en action, ses ramifications, le tout en fonction d'une certaine idée du sens de l’honneur.
Pier Paolo Pasolini est une étape incontournable dans l’appréhension du cinéma italien d’après-guerre, voire du cinéma tout court. Tantôt vulgaire, tantôt ésotérique, Pasolini est une étoile filante de l’histoire du cinéma, une parenthèse courte et intense. Partons à la recherche de ce qui rend Pasolini si unique et si sujet à controverse.
Au premier abord, How to Save a Dead Friend semble être un ego trip de sa réalisatrice. Mais le documentaire s'avère très vite être un portrait déchirant. D'un proche disparu, qui mérite de voir sa mémoire sauvée. Et aussi d'une jeunesse russe ignorée et plongée dans le mal-être.
Il Boemo est un biopic aussi loin d’un biopic qu’il peut l’être ; c’est un film intelligent, beau et sobre qui a la musique au centre pour réhabiliter Josef Myslivecek un compositeur injustement oublié, que Mozart admirait...
Un pavillon d’alliance est dressé par un Guy Ritchie en exploration. Malheureusement, la route qu’il emprunte avec The Covenant est balisée par une démarche didactique. Qu’est-ce que l’héroïsme, si ce n’est une dette à payer ? Ça, le metteur en scène en est conscient, mais il intervient trop tard pour exploiter le filon dramatique qu’il convoque de manière anecdotique.
Quelques secondes et la conscience fait toute seule le lien entre la lourdeur des traits de Jim Averill et celle inénarrable des années. Sans autre forme de discours, à l'inverse de Kubrick ou même de Voyage au bout de l'enfer, ce pur passage temporel qui n'est qu'une couture d'images, n'est-ce pas là l'expérience la plus pure de cinéma – le temps à travers la succession de ce qui n'est pas temporel par la suppléance du lien construit par la conscience ?
Il n’y a rien d’extraordinaire dans un Fast X (qu’on aime pourtant beaucoup), ou un Indiana Jones 5 (qu’on attend pourtant beaucoup). Il n’y a qu’une habitude prise pour acquise par les studios, qui ne s’embêtent même plus à vendre un quoique ce soit de spectaculaire dans leurs films budgétés avec la dette extérieure d’un pays en voie de développement
Histoire niaise, visuel de piètre qualité, comédiens discutables... La Sorcière et le Martien a tout d'un film amateur, qui aurait plus sa place sur Youtube que dans une salles obscures. Mais le long-métrage de Thomas Bardinet est surtout le fruit d'une association, permettant à des jeunes d'exploiter leur créativité. D'où l'importance de laisser une chance à ce titre !
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.