Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Le cinéma des Wachowski : synonyme de liberté

Quand on parle de liberté au cinéma, de scruter ce fameux système hollywoodien binaire et capitaliste, quand on commence à débattre sur la puissance des choix de certains personnages dans différents films, quand on imagine un cinéma fait d’influence, de revendication de mœurs, de respect du genre et de multi culturalisme autant sociétal qu’artistique, un nom vient en tête très rapidement : celui des sœurs Wachowski.

Us, l’invasion des profanateurs de villégiature

Ils pensaient passer des vacances tranquilles avec leurs amis et voici que débarquent de nulle part leurs doubles effrayants et mal intentionnés. Un combat à mort s'engage.

Le corps sauvage : faire du cinéma avec un petit budget

Est-ce un hasard si les derniers "petits" films français sortis ces dernières années parlent tous de jeunesse et de radicalité ? Il ne s'agit pas d'une radicalité religieuse, ni de "petits" films au sens pas intéressants, mais de choix de vie, de questionnements et de budgets très très serrés, comparés à ceux, pharaoniques, de la plupart des productions actuelles. Le Corps sauvage fait partie de ces films, avec plus moins de réussite. Il est réalisé par Cheyenne Caron et sort au cinéma le 20 mars 2019.

Triple Frontier, à la frontière des genres

J. C. Chandor s'attaque avec Triple Frontier à une grosse production sans égratigner son cinéma. Film sur la duplicité et l'éthique où règnent la corruption du capitalisme et l'avidité des hommes. Il mélange les genres pour un rendu brut, sophistiqué et incarné.

Rebelles : c’est ça le girl power ?

Surfant sur une vague déjà amorcée depuis un moment, et légèrement hypocrite, Rebelles met en scène des femmes qui ne se laissent pas abattre par la vie, quitte à prendre les hommes un peu trop pour des imbéciles et à desservir son propos. Cependant, dans une optique à la Tarantino ou un peu cartoonesque, le film a un côté jouissif, qui fait plaisir à voir. Espérons simplement que cette tendance à vouloir vendre un film simplement sur un soit-disant "girl power" ne finisse pas par devenir un simple argument marketing un peu trop creux.

Les Deux Orphelines, au cœur de la tempête révolutionnaire

Après la polémique de Naissance d'une nation et l'échec commercial d'Intolérance, Griffith signe un ultime grand film, adapté d'un roman français, où le ridicule de la description de la Révolution française est contrebalancé par la réussite technique.

« Le Salaire de la peur » : un Clouzot haletant et post-colonial

Attention : classique. Henri-Georges Clouzot plante sa caméra dans un pays semi-colonisé d'Amérique centrale et place quatre hommes désargentés dans des camions chargés de nitroglycérine, sur des pistes chancelantes. Un prétexte pour donner vie à un spectacle haletant, des personnages épais et une critique acerbe des multinationales...

Mon bébé, la jolie fresque familiale

Mon bébé ne fait pas vraiment partie de ces comédies qui donnent envie et pourtant, le dernier film de Lisa Azuelos continue sur la lancée de la réalisatrice qui livre toujours ses oeuvres avec une belle sensibilité et une portée qui dépasse celle des salles de cinéma. Comme quoi, une femme qui parle de femmes, cela mérite d'être financé.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.