Envie de chaos libidinal pendant douze heures dans une Amérique sous couvre-feu sentimental ? Le nouveau Will Gluck (Easy A, Tout sauf toi) propose plutôt un téléfilm sagement filmé, où même Monica Barbaro et Callum Turner peinent à faire des étincelles.
"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.
Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Parmi les nombreux films mettant les enfants sur le devant de la scène, peu sont aussi marquants et éblouissants que Les Enfants de la crise de William A. Wellman, sorti en 1933. Et c’est toute l’histoire de la Grande Dépression qui se cristallise dans ce trio mémorable d’adolescents en perdition.
Pialat y tient : du réalisme certes, mais né d'un scénario écrit bien en amont, très documenté et criant de vérité. Pourtant, pour le cinéaste, il s'agissait presque du contraire de ce « cinéma-vérité » qui renversait les genres les uns après les autres en sortant des studios et des scripts de papa. Ainsi comme on reconnaît parfois les grandes décorations à ceux et celles qui les refusent, le film ne marche pas en salles. Trop cru, direct et franc du collier, il ne nie rien des obscurités de l'enfance quand on la bascule trop près des bords.
En ouverture du festival du film américain de Deauville, Un jour de pluie à New-York est un beau film de Woody Allen comme il n’en n’a plus réalisé sans doute depuis Blue Jasmine. Tourné dans la tourmente de ses démêlés judiciaires avec Amazon, le film est pourtant drôle et romantique à souhait.
C'est parti pour une deuxième séance de nos cinéphiles du dimanche. Une fois par mois, quelques uns de nos rédacteurs vont se réunir pour disserter, analyser et vous faire part d'une petite sélection de films vus ou revus dernièrement. Pour ce mois de septembre, on vous parle de joyeusetés comme Paper Moon, Inside Man ou Welfare.
James Gray signe avec Ad Astra une grande oeuvre intime qui nous mène aux confins de l'espace et de la solitude aux côtés d'un Brad Pitt dans son meilleur rôle.
15 après avoir brillamment adapté Les Lois de l'Attraction de Bret Easton Ellis et être passé par la case prison, l'ex-comparse de Quentin Tarantino, Roger Avary revient aux affaires avec Lucky Day ; sorte d'itération tarantinesque dépourvue de substance mais qui a troqué la pertinence pour une bonne dose de rire et de fun.
En attendant de s'atteler complètement à Jurassic World 3, Colin Trevorrow ne peut s'empêcher de jouer avec les dinosaures en livrant avec Battle at Big Rock un court-métrage promotionnel sympathique, mais toujours parasité par les tares de cette nouvelle trilogie.
Céline Sciamma, une femme qui parle de filles comme sujets et non objets c’est déjà assez rare dans le cinéma actuel pourqu’on s’intéresse de près à cette cinéaste, 40 ans, réalisatrice de quatre films miraculeux sur l’identité, l’adolescence et la féminité. Quatre films donc, qui font d’elle une des réalisatrices les plus passionnantes du paysage cinématographie français contemporain. Du premier Naissance des pieuvres (2007) au dernier Portrait de la jeune fille en feu (qui sort en salles le 18 septembre 2019), en passant par Tomboy (2010), on ressent à la fois de la douceur, de l’effervescence et de la sensualité, à la vue de ses films. Chaque fois on est bluffé par cette manière de faire du neuf avec des sujets pourtant très balisés : premiers émois amoureux, banlieue, enfance… Tout devient autre avec Céline Sciamma, sans avoir à définir un genre. Portrait de la réalisatrice en artiste polymorphe.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »