Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.
Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.
Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.
À l'occasion de l'Arras Film Festival et de son riche programme d'avant-premières et de rétrospectives, LeMagduciné a pu découvrir Proxima, le nouveau film d'Alice Winocour. Au programme : un récit loin des étoiles, trop près du coeur, au féminisme sapé par sa propre mise en action.
Sur des airs de jazz, de comédie musicale et de mélodie lunaire, Damien Chazelle, le plus francophile des réalisateurs hollywoodiens, a marqué la décennie 2010 du septième art. Une étoile montante qui a illuminé et renouvelé le cinéma américain.
Le cinéma de Terrence Malick a, au cours des années 2010, acquis une dimension philosophique et spirituelle qui n'est plus contestable. Un détour par la philosophie semble donc pertinent pour mieux comprendre ses intentions cinématographiques, d'autant que le cinéaste rédigea lui-même une thèse sur la philosophie de Kierkegaard, pensée qui imprègne tout son cinéma.
La Belle époque prouve une seconde fois que l'amour chez Nicolas Bedos est tantôt puissant, tantôt sarcastique. C'est surtout un long chemin semé de moments inoubliables, d'autres plus complexes à traverser. Pour le réalisateur, le cinéma comme usine à rêves est un vecteur parfait pour raconter l'union ou la désunion de deux êtres. Il le fait avec humour, mais aussi une petite dose d'émotion toujours désamorcée par le piquant de ses personnages.
Mettre en valeur un texte de théâtre par la grammaire cinématographique, même la plus léchée, est une vraie quadrature du cercle pour les cinéastes, et si l'écrin est splendide, l'exercice est si familier qu'il en devient rapidement un beau bijou triste.
Sur le papier, Retour à Zombieland a tout de la suite opportuniste et mesquine ressassant le passé avec un sens accru de la nostalgie. A l'arrivée, on tient pourtant une suite fun, irrévérentieuse et débridée qui n'hésite pas à donner du plaisir au quintal et permet à son casting de briller dans cet opéra sanguinolent de dégénérés.
Cet article aurait pu prendre la forme d'une lettre, comme celle que Xavier Dolan écriva à Di Caprio, lorsqu'il n'était qu'enfant. Cet article aurait pu aussi être les paroles d'une chanson, croisée entre Céline Dion, Dalida et Oasis. Il aurait pu être aussi les sous-titres d'un film pour ados que le réalisateur aurait doublé. Finalement cet article aurait pu être bien des choses. Tout était possible. Comme pour le réalisateur de 30 ans, qui en dix ans de cinéma, a pris cette phrase au pied de la lettre.
Pour réchauffer un mois de Novembre qui commence de manière bien grise, la rédaction opte pour un programme vivifiant, celui de revenir sur les personnalités marquantes de la décennie cinématographique. Une des plus flamboyantes d’entre elles est l’anglo-américain Christopher Nolan, un cinéaste marquant qui frise le génie.
Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.
En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.
À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.
À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.
Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.