Cinéma

Leaving Las Vegas : le pacte des naufragés

Trente ans ont passé. Las Vegas brille toujours autant, et "Leaving Las Vegas" aussi. Le film de Mike Figgis revient hanter les salles dans une version restaurée en 4K avec la même force d'impact, la même noirceur. On serait tenté de croire que le temps l'a rendu plus supportable. Il n'en est rien. La blessure est intacte, et l’admiration aussi.

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Hans Landa, l’Ogre de Tarantino – Le Mal au cinéma

S’il n’est pas le plus apprécié des films de Quentin Tarantino, Inglorious Basterds met au moins tout le monde d’accord sur un point : l’interprétation sans faille de Christophe Waltz dans le rôle du salopard ultime. Officier SS doté d’une intelligence redoutable, Hans Landa représente tout ce que l’on est en droit d’attendre d’un grand méchant de cinéma. Mais s’il n’était que cela, ce serait beaucoup trop simple. Il était donc une fois…

Représenter les figures du mal quand les monstres n’existent pas ?

Proposer un article dans le cadre d'un cycle sur le mal, ses incarnations, ses représentations avec l'idée que "plus fort est le mal, plus acharnée sera la lutte et meilleur sera le film", en décidant de parler de la non-représentation de ce mal, c'est un peu fort. Cependant, penser ce mal en arrière-plan, voire et étudier les conséquences de ce mal et comment la société s'en empare, n'est-ce pas là un passionnant projet de cinéma ?

K contraire : Sous ce titre énigmatique, la française Sarah Marx cache un film intense et engagé

Le premier film de fiction de Sarah Marx, K contraire, est à la frontière de la fiction et du documentaire, tant le réalisme est le maître mot. L’émotion naît de ce réalisme, mais aussi du mauvais engrenage social que la jeune femme a choisi de mettre en lumière.

Brimstone : un méchant trop méchant

La tristesse de ce Brimstone est de manquer la cible, à défaut d'avoir une belle flèche. Car le précepte de base est de rappeler ce que l'orangina rouge nous avait déjà appris plus tôt à ce sujet : mais pourquoi est-il si méchant ?

Scandale : biopic manichéen d’une parole pourtant essentielle

Scandale, le biopic de Jay Roach, n'a rien de sulfureux dans sa réalisation mais la présence de Charlize Theron, Margot Robbie et Nicole Kidman parvient à dévoiler la parole féminine sur cette affaire de harcèlement sexuel chez la FOX, de manière incisive mais très discutable.

Les Carrefours de la ville (City Streets) de Rouben Mamoulian

Dans Les Carrefours de la ville (City Streets), classique du film noir teinté de romantisme hollywoodien réalisé par Rouben Mamoulian en 1931, le jeune Gary Cooper s’affirme sous les traits d’un élégant cow-boy au cœur tendre, rôle façonnant déjà la virilité gracieuse du séducteur et la silhouette imposante du héros américain qu’il incarnera à l’écran jusqu'à la fin des années 1950. À ses côtés, Sylvia Sidney est étincelante en complice ingénue. Une œuvre caractéristique de l'âge d'or de la turbulence qui, de par ses apports techniques et esthétiques, appartient à l'histoire du cinéma.

Bruno Antony, l’assassin méthodique de « L’Inconnu du Nord-Express »

Il est à la fois hitchcockien, luciférien, machiavélique, maniaque et ironique. Il s'accroche à vous comme une moule à son rocher. Il a une idée fixe – un double meurtre parfait – et des névroses familiales à ne plus savoir qu'en faire. Bruno Antony est ce « mal » qui, selon Alfred Hitchcock et conformément à notre cycle de janvier, contribue à bonifier le cinéma.

Tiempo de morir, d’Arturo Ripstein : Ô sombre héros

S'il n'était qu'un western mexicain à découvrir ce serait celui-là. Téquila et sombréros seront de rigueur pour aborder cette sombre histoire de vengeance sous le soleil implacable du Mexique. Arriba arriba !

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.