Cinéma

L’Être aimé de Rodrigo Sorogoyen : Père et impair

Avec L’Être aimé, Rodrigo Sorogoyen signe un film de tournage aussi fascinant que déchirant, porté par Javier Bardem et Victoria Luengo. Derrière la mise en abyme cinématographique, le cinéaste filme surtout l’attente impossible d’une fille face à un père qui sait voir, diriger, comprendre — mais ne sait pas demander pardon.

L’Abandon : le traitement tout en nuances d’un sujet explosif

Les onze derniers jours de Samuel Paty, qui firent de lui un martyr de la République. Un sujet délicat, commandant d'éviter autant le pathos que la récupération politique. Vincent Garenq relève ce défi, avec un film qui parvient à captiver en tenant bien sa ligne. Estimable, malgré une réalisation sans surprise.

Obsession – L’amour (terriblement) ouf

Annoncé comme l’une des sensations horrifiques de 2026, Obsession séduit par son atmosphère malaisante, sa mise en scène maîtrisée et l’interprétation impressionnante d’Inde Navarrette, sans être totalement à la hauteur de sa réputation.

« Dark Academia » : une esthétique « scolaire » ?

Alors que le monde subissait un confinement quasi-généralisé, l'année 2020 a également vu émerger outre Atlantique une nouvelle tendance esthétique où de jeunes gens revendiquent leur goût pour les vêtements rétro, les pensionnats et les campus néo-gothique. Leurs références vont de la littérature classique au cinéma mainstream, mais marquent une opposition avec l'image "cool" prônée par les géants de la tech. En conclusion de notre dossier sur "l'école au cinéma", nous avons essayé de faire un peu le tri dans tout cela afin de comprendre ce que représente véritablement le Dark Academia.

Les Raisins de la Colère, de John Ford

Que vous ayez lu ou non le chef d’œuvre de Steinbeck, embarquez sur les routes de l'Oklahoma en compagnie de Tom Joad et de sa famille. Une plongée magnifiquement mise en scène par John Ford dans la misère des années 30.

Le Sel de la terre (1954) : Miroir d’une Amérique ignorée.

Singulièrement néoréaliste, Le Sel de la terre (1954) pousse le cinéma engagé à son meilleur, en mêlant lutte des classes, conflit racial et avancées féministes.

Police d’Anne Fontaine : un pas de côté qui tombe à plat

Police d'Anne Fontaine en voulant faire un pas de côté, passe complètement à côté de son sujet. Il ne se passe pas grand chose en termes d'action, mais ce qui se joue dans les sentiments et l'enjeu politique n'est pas traité non plus. Dommage, car l'idée était bonne de mêler costumes civils et costumes de flics dans un mouvement contestataire. Le film est sorti en salles en 2020 et a été vu pendant le confinement grâce à l'excellent travail de La 25e heure. 

L’Enfance d’Ivan, les rêves d’une jeunesse brisée

L'enfance d'Ivan repose sur une opposition entre rêves et réalités, opposition qui permet de mettre en évidence les potentiels de l'enfance gâchés par la Guerre. Dans un contexte de cinéma du Dégel, et quelques années après Quand passent les cigognes, rarement la guerre n'avait été présentée dans le cinéma soviétique comme une telle catastrophe, aussi bien pour des individus que pour tout un peuple.

Les Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) en lutte contre la précarité des auteurs

Ce mercredi 16 décembre, les Scénaristes de Cinéma Associés (SCA) ont publié une note syndicale appelant notamment à l'instauration d'une « maison sociale des auteurs » et à un accès simplifié aux droits sociaux. Leurs revendications entrent en résonance avec les nombreux témoignages recueillis sur la page Facebook « Paroles de scénaristes ».

His House de Remi Weekes : les fantômes du déracinement

His House est un film qui ne manque pas de qualités. Il se réapproprie l’horreur et les codes inhérents au genre pour en faire un diagnostic assez pertinent sur l’immigration et notamment sur la notion nébuleuse qu’est celle de l’intégration. 

Un chant d’amour (1950) : Charmes de la poésie délinquante

Encensé par Sartre et Cocteau, Un chant d'amour est le court métrage de Jean Genet, le révolté de la scène littéraire française. Une œuvre poétique rare et précieuse.

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« L’Oiseau chanteur » : violences silencieuses

Dans "L’Oiseau chanteur", Désirée et Alain Frappier plongent le lecteur dans un univers où les prénoms disparaissent, où les gestes d’amour se font rares et où la peur dicte l'existence. Dans ce roman graphique dur mais poétique, ils racontent une enfance marquée par la maltraitance, l’inégalité et la domination familiale, tandis se traduisent ces blessures en un somptueux noir et blanc, créant un récit à la fois dérangeant et profondément émouvant.

« Pour qui sonne le glas » : l’ombre de la guerre

En 1940, Ernest Hemingway publiait "Pour qui sonne le glas", un roman inspiré de ses années de correspondant en Espagne, où l’amour et la mort se mesurent à l’aune de la guerre civile. Aujourd’hui, Jean-David Morvan et Pierre Dawance transposent ce chef-d’œuvre dans un roman graphique qui conjugue fidélité au texte et audace visuelle.

« L’Odyssée » renaît dans une édition collector

À l’approche de l’adaptation cinématographique annoncée par Christopher Nolan, "L’Odyssée" d’Homère s’offre une nouvelle vie éditoriale. Les éditions La Découverte republient en effet la traduction de Philippe Jaccottet dans une version collector. Une manière de rappeler qu’Ulysse n’a jamais cessé de voyager parmi nous.

« Cheyenne » : au cœur des grandes plaines

À travers les teintes délicatement délavées d’une aquarelle, Patrick Prugne nous immerge dans un monde états-unien où l’immensité des plaines annonce un terrible massacre. Juin 1864 : deux frères métis, Charley et George Bent, rentrent au ranch familial du Colorado après avoir été prisonniers de l’armée de l’Union. Entre un père médiateur respecté par les tribus cheyennes et une mère amérindienne restée au cœur de sa communauté, ils se trouvent à un carrefour existentiel, dans un territoire gorgé de violence sourde.

« FIFA Connection » : Gianni Infantino, plus que le football ?

Dans "FIFA Connection", le reporter Simon Bolle dresse le portrait d'un dirigeant hors norme : un fils d'immigrés devenu ami des autocrates, chef d'état fantôme d'une organisation plus puissante et opaque que jamais.