Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.
Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.
"Spider-Man : Brand New Day" marque le meilleur retour du tisseur au cinéma depuis la trilogie de Sam Raimi, porté par des effets pratiques bluffants et un Tom Holland toujours parfait. Mais le film reste plombé par un cahier des charges Marvel étouffant et le retour discutable de Zendaya en MJ.
En 1992, Régis Wargnier signait avec « Indochine » son œuvre phare. Nourrie des récurrences du cinéaste, la fresque offrait à Catherine Deneuve l’un de ses rôles majeurs.
Comédie musicale barrée, récit dantesque d'une histoire d'amour sensuelle et poétique, sur fond de fantaisie drôlesque. Voici ce que l'on pourrait dire de Feu follet - si l'on se risquait à le présenter. Inclassable et hybride, le film de João Pedro Rodrigues s'affirme comme un joyeux foutoir cinématographique. Et ce pour notre plus grand plaisir !
Tout le monde aime Jeanne est un film original, drôle et sensible où on redécouvre Blanche Gardin dans son meilleur rôle à ce jour, et où on découvre la petite musique du cinéma de Céline Devaux.
Nous pensions avoir de l'espoir avec Robert Zemeckis à la tête de cet énième remake live d'un classique Disney. Nous nous retrouvons finalement avec la pire adaptation du genre. Cette dernière accumulant une mise en scène terriblement plate, des effets visuels effroyables et un incroyable manque de magie.
Énigmatique et enivrant, le dernier film de Léa Mysius, Les Cinq Diables, nous transporte dans un univers à cheval entre le mystique et la réalité avec comme fil conducteur : l’odorat.
Bien calibré "comédie romantique à la française", La Page blanche surprend rarement mais pioche du côté de la douceur (merci Sara Giraudeau) pour dire tout simplement qu'il est toujours possible de réinventer sa vie (même sans perdre la mémoire). Avec un personnage féminin jamais figé, toujours en mouvement, le film dresse un portrait souvent très drôle d'une fille qui se cherche. Dommage qu'il faille toujours en passer, pour l'héroïne, par la case "trouver l'amour".
Everything Everywhere all at once s'annonce comme la grosse surprise de 2022. C'est un peu le film que tout le monde attendait. Imaginez Michel Gondry qui rencontrerait John McTiernan. Cela ferait-il des étincelles ? Daniel Kwan et Daniel Sheinert ont relevé le pari de créer un blockbuster qui, sans renier les codes du genre, les renouvelle en optant pour un romantisme assumé qui vrille du côté de la poésie pure. Un pur bijou de fantaisie à voir absolument.
Richard Fleischer est un véritable réalisateur caméléon, et Terreur Aveugle confirme son aptitude à s'adapter à tous les genres. Véritable tour de force de mise en scène, le film est un thriller horrifique sous haute tension, dans lequel le spectateur comme la protagoniste, est mis à rude épreuve.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.
« - Les producteurs doivent bien être masochistes pour produire tous ces films où ils sont dépeints en crapules.
- Drôle de théorie… Encore une cérébrale qui déteste le cinéma mais rêve d’en faire… »