Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

La Page blanche : réinventer sa vie

Bien calibré "comédie romantique à la française", La Page blanche surprend rarement mais pioche du côté de la douceur (merci Sara Giraudeau) pour dire tout simplement qu'il est toujours possible de réinventer sa vie (même sans perdre la mémoire). Avec un personnage féminin jamais figé, toujours en mouvement, le film dresse un portrait souvent très drôle d'une fille qui se cherche. Dommage qu'il faille toujours en passer, pour l'héroïne, par la case "trouver l'amour".

Everything everywhere all at once : le charme discret du grand n’importe quoi

Everything Everywhere all at once s'annonce comme la grosse surprise de 2022. C'est un peu le film que tout le monde attendait. Imaginez Michel Gondry qui rencontrerait John McTiernan. Cela ferait-il des étincelles ? Daniel Kwan et Daniel Sheinert ont relevé le pari de créer un blockbuster qui, sans renier les codes du genre, les renouvelle en optant pour un romantisme assumé qui vrille du côté de la poésie pure. Un pur bijou de fantaisie à voir absolument.

Un jour sans fin : l’accord parfait

Après sa sortie initiale en 1993, « Un jour sans fin » s'est rapidement installé dans le patrimoine cinématographique et le paysage pop-culturel. Au-delà du concept de boucle temporelle, la comédie d'Harold Ramis doit ce statut à une exceptionnelle richesse thématique.

L’Année du Requin : une plongée mitigée avec les squales

Après le loup-garou, les frères Boukherma s'attaquent au film de squales avec L'Année du Requin. Mais déçoivent quelque peu... Car s'ils reprennent la structure narrative de Teddy, les réalisateurs ne parviennent pas à conjuguer leur cinéma si personnel à du cinéma plus mainstream.

Prey : le retour en force du Predator

Alors que la licence Predator semblait perdue dans les abysses de la pop culture, Dan Trachtenberg est parvenu avec Prey à redonner toutes ces lettres de noblesse au cultissime chasseur extra-terrestre. Une série B simple, généreuse et réalisée avec beaucoup de respect pour le film originel.

One Piece Film – Red : Tot(alement) Musica(l)

Après avoir fêté ses 25 ans, One Piece, le manga au succès planétaire sur la piraterie est de retour sur le grand écran. Un nouvel opus haut en couleurs adapté de l’œuvre d’Eiichirō Oda attendu par des millions de fans. Si One Piece Film : Red réalise le meilleur démarrage pour un film d’animation japonais en France, avec plus de 267 000 entrées, le film, quant à lui, nous fait nager en eaux troubles.

As Bestas, de Rodrigo Sorogoyen : sont-ils si bêtes ?

As Bestas, le dernier Sorogoyen, nous offre un thriller aux airs de western au fin fond des montagnes de Galicie. Servi par une interprétation irréprochable et un sens de la mise en scène exceptionnel, c'est un des films à ne pas manquer cet été.

Les Volets verts : on meurt encore d’amour

Le nouveau film de Jean Becker est une fable amoureuse portée par des acteurs convaincants

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