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Accueil Cinéma Critiques films Julien Dugois·30 août 2022·2 min de lecture·0Les Volets verts : on meurt encore d’amour PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Adapté du roman éponyme de Georges Simenon, la dernière réalisation de Jean Becker dresse le portrait déclinant et poétique d’un comédien célèbre dans le Paris des années 70. Synopsis des Volets verts : « Les Volets verts » dresse le portrait d’un monstre sacré, Jules Maugin, un acteur au sommet de sa gloire dans les années 70. Sous la personnalité célèbre, l’intimité d’un homme se révèle. Face à la Méditerranée, dans sa somptueuse villa près d’Antibes, le comédien Jules Maugin explique pourquoi il ne s’y rend jamais. Il n’aime pas les Volets verts, et la couleur verte en général. Campé par un Gérard Depardieu envoûtant, Jules apprend via son cardiologue qu’il a le coeur vieux et rouillé. Un coeur qui dépérit. S’il arrête de boire, néanmoins, il peut encore vivre de longues années. Le spectateur le sait bien, ce n’est pas l’alcool qui fait souffrir notre comédien, mais son amour perdu, en lequel s’incarne Jeanne Swann, interprétée par Fanny Ardant. Disons-le d’emblée, les Volets verts est un film de désunion, de sentiments qui fuient et du monologue amoureux de Jules. Il est l’amant, au sens de Roland Barthes, s’abîmant de façon morbide, alors que l’objet aimé continue de jouer à ses côtés. Jeanne est aussi comédienne, mais repousse son compagnon de scène en lui demandant d’arrêter de lui écrire des lettres. Il n’y a d’absence que de l’autre, disait Barthes. Nous suivons la déambulation d’un Gérard Depardieu dans le Paris chic des artistes et, bien qu’il soit adulé, fait de son personnage un buveur invétéré de vodka, rejetant peu à peu les diktats et les codes de son milieu. Maintenu à flot, tant bien que mal, par son ami Félix (Benoît Poelvoorde) et par Alice (Stefi Celma), une jeune mère célibataire pour laquelle il se prend d’affection. Naviguant entre la capitale et la Côte d’Azur, Jules essaye de se sauver grâce aux gens qu’il aime. Poursuivi par le fantôme de son désir intarissable, sa vaine quête ne peut aboutir qu’à une lente chute implacable, scrutée par un spectateur tantôt émerveillé tantôt hilare devant la dévorante aura de Depardieu. Le scénario, adapté par Jean-Loup Dabadie peu avant sa mort en mai 2020, est un véritable hommage à la langue française, d’une écriture fine, en témoigne la mise en abyme de l’expression théâtrale en lien avec l’histoire intime des personnages. Jeanne, dans le rôle d’Elvire, dit sa tirade « Je vous ai aimé avec une tendresse extrême, rien au monde ne m’a été aussi cher que vous […] ; et toute la récompense que je vous en demande c’est de corriger votre vie, et de prévenir votre perte », et Jules quitte la salle non sans se faire remarquer. Les Volets verts est un joli long-métrage, ode au langage, comme on en voit assez rarement dans le cinéma français aujourd’hui. Un cinéma simple, qui ne brille pas par sa réalisation mais par la performance et la générosité de ses acteurs. Bande-annonce : Les Volets verts Les Volets verts – Fiche Technique Réalisation : Jean Becker Scénario : Jean-Loup Dabadie Interprétation : Gérard Depardieu, Fanny Ardant, Benoît Poelvoorde, Stefi Celma, Fred Testot.. Photographie : Yves Angelo Décors : Loïc Chavanon Costumes : Anaïs Romand Musique : Frédéric Vercheval Producteurs : Michèle et Laurent Pétin Maisons de Production : ARP Sélection Distribution (France) : ARP Sélection Durée : 1h37 Genre : Drame Date de sortie : 24 Août 2022 4