Critiques films

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Salvation, un petit cru d’Emin Alper

En Turquie, la tension monte entre deux villages. Paranoïa et manipulations religieuses attisent la violence. Adoptant les codes des films de genre, Emin Alper ne parvient guère à convaincre, malgré une photographie de qualité, une interprétation impeccable et un final malin.

La frappe : Sans les mots

La frappe explore avec une caméra au plus près des visages les cicatrices laissées par un père abuseur. Julien Gaspar-Oliveri signe une œuvre tendue et rugueuse, entre drame intime et chronique familiale. Un film qui déroute par son refus de trancher mais finit par séduire lorsqu'il renoue avec une narration plus ferme. Une proposition fragile, parfois monotone, mais qui s'essaye à une certaine forme.

When the Light Breaks : une douleur indicible

"When the Light Breaks" de Rúnar Rúnarsson plonge dans la fragilité de la vie à travers l’histoire d'Una, une jeune artiste en pleine quête d’identité. Ce film islandais explore les thèmes du deuil, des relations humaines et de la douleur à travers un groupe d’amis confrontés à la perte brutale d’un proche. Avec une mise en scène lumineuse et une réflexion profonde, il offre une vision émotive de la vie, de l’amour et de la séparation.

Captain America : Brave New World, on l’a dans le Hulk

Le MCU a-t-il encore quelque chose à offrir ? "Captain America: Brave New World" devait rassurer, mais ne fait que confirmer l'impasse dans laquelle Marvel s'est enfermé. Un film qui recycle ses propres thèmes sans jamais les sublimer, enchaînant les erreurs de narration et d’exécution. L’ambition s'est évaporée, remplacée par une formule sans âme où le spectaculaire cède à la précipitation. Pire encore, même les rares fulgurances du film sont noyées par un montage chaotique et des effets spéciaux bâclés. À l’aube de "Avengers: Doomsday", la question n'est plus de savoir si le MCU peut se relever, mais s’il reste encore quelque chose à sauver.

L’attachement : puissance de la douceur

Film lumineux et profondément touchant, "L'Attachement" de Carine Tardieu offre à ses acteurs (Valeria Bruni-Tedeschi, Pio Marmaï, Raphaël Quenard) une partition pleine de délicatesse, de justesse et d'émotion sur nos paysages intimes.

Apprendre de Claire Simon : immersion au cœur d’une école

Claire Simon propose avec Apprendre une vision de l'école où chacun avance ensemble, peut-être un peu trop idéalisée, mais avec ses réalités, ses élèves à la traîne et ses défis. Un regard tendre et des personnels engagés pour une immersion au cœur de l'acte d'apprendre.

La Pampa : une jeunesse (rurale) et moderne

"La Pampa" est un premier film bouleversant qui allie chronique rurale, drame et récit d'apprentissage. À travers le personnage de Willy, incarné par la révélation Sayyid El Alami, ce long-métrage d'Antoine Chevrollier explore les thèmes du secret, du premier amour et des choix de vie. Avec sa mise en scène naturaliste et sa bande sonore poignante, le film touche par sa simplicité, sa profondeur et son humanité, offrant un instantané émouvant de l’adolescence à l’âge adulte.

Je suis toujours là : le poids (déchirant) de l’absence et de l’incertitude

"Je suis toujours là", un film puissant, poignant et nécessaire qui explore la dictature militaire au Brésil à travers une histoire vraie. Avec une prestation exceptionnelle de Fernanda Torres, ce drame intime et engagé nous plonge dans l'angoisse et l'incertitude d'une famille dévastée. Réalisé par Walter Salles, ce long-métrage marquant est un devoir de mémoire essentiel à l'heure des régimes autoritaires. À découvrir absolument !

5 Septembre : démonstration en direct

"5 Septembre" plonge dans les coulisses du massacre de Munich lors des Jeux olympiques de 1972, explorant le dilemme éthique des journalistes face à l'urgence de l'information. À travers un huis clos captivant, Tim Fehlbaum met en lumière le processus de diffusion en direct, entre pression et responsabilité. Le film nous invite à réfléchir sur la légitimité et les défis de l'information en temps de crise, tout en offrant une immersion intense dans le fonctionnement des studios de télévision. Un thriller saisissant qui interroge le journalisme, la morale et la quête du scoop.

The Brutalist : « American Dream » façon cauchemar

Avec "The Brutalist", Brady Corbet explore l'histoire de l'Amérique à travers le parcours d'un architecte hongrois, abordant des thèmes puissants tels que le capitalisme, le racisme et l'illusion du rêve américain. Une œuvre ambitieuse, dense et épique, portée par une prestation exceptionnelle d'Adrien Brody et une bande-son envoûtante. Un film à voir absolument, qui marquera l’histoire du cinéma contemporain.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

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