"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Un talent exceptionnel, un succès phénoménal, un destin tragique: voici résumé en trois étapes le parcours chaotique de la star Amy Winehouse. Comme tout bon biopic qui se respecte, le documentaire qu'en tire Asif Kapadia respecte à la lettre ces préceptes.
Les quelques idées comiques les plus amusantes deviennent des running gags, drôles une fois, deux fois, puis inévitablement lassants. Or, une comédie incapable de surprendre son public est intrinsèquement une mauvaise comédie, et c'est exactement cette direction que prend le manque d'audace et d'inspiration de ce come-back tant attendu.
Mission Impossible Rogue Nation est un très bon film et probablement le meilleur opus depuis le premier. Christopher McQuarrie apporte sa patte old school et son écriture solide avec brio pour nous offrir le blockbuster de l’été qui nous procure un plaisir indéniable.
Si Nos futurs ne se revendique pas comme une suite assumée de Ma vie en l'air, Yann Kerbec n'étant pas à Bezançon ce qu'Antoine Doinel était à Truffaut, le clin d’œil vaut plus que simple référence.
Peut-être est-il un peu long dans son développement, tant l’impression d’assister à des scènes redondantes et inutiles va devenir prégnante dans son dernier tiers, mais le mélange de détresse psychologique et de sensualité apporté par sa mise en scène et la direction artistique vintage sans faille font que ce thriller est autant un exercice de style audacieux qu’une expérience cinématographique intense à vivre.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.