"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Zouzou est une comédie de Blandine Lenoir qui allie la fraîcheur d'un casting pétillant (avec Laure Calamy) au piquant des dialogues et à la tendresse de son scénario. Récompensé par les Prix du Public aux Festivals Renc'art de Montreuil 2014 et Cinéssonne 2014, Zouzou est un film moderne, touchant et vrai sur un sujet délicat : les relations sexuelles.
Ainsi, on ne retiendra de Ricki and the Flash que les scènes chantées, et par extension sa bande originale, pendant lesquels l’inénarrable Meryl Streep nous prouve qu’elle n’en a pas fini de nous impressionner et qu’elle possède une énergie sans borne.
Derrière le mur, la Californie (intitulé à l'international This Ain't California : Ce n'est pas la Californie) est une docu-fiction où les images en Super 8 et animés dessinés façonnent avec impertinence cette jeunesse devenue adulte aujourd'hui
Les chemins arides d'Arnaud Khayadjanian le conduisent aux confins de l'Anatolie pour sa quête de vérité à propos du massacre de ses ancêtres arméniens, tout en rendant hommage aux Justes de Turquie. Un film simple, limpide, et profondément humain.
Dans ce film Robin Williams incarne Nolan Mack, un mari qui voit sa vie basculer à cause d'une rencontre, celle avec Léo, un jeune homosexuel... Un coming-out à 60 ans est lourd à porter, mais comme on peut le lire sur l'affiche réalisée par la distribution américaine «Si la vie va dans une mauvaise direction, il est toujours temps de faire demi-tour».
Pedro Almodovar ne s'y est pas trompé : la niña de fuego, le second film de l'espagnol Carlos Vermut, fera date grâce à une mise en scène soignée et originale, et un scénario haletant qui va au-delà du revenge movie coréen dont il se réclame.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.