Entourage, un film de Doug Ellin : Critique

4 ans après la fin de la série, Entourage le film débarque sur nos écrans. L’attente est immense pour les fans de ce show culte HBO de Doug Ellin, surtout qu’elle s’est achevée au bout de huit années, laissant le spectateur sur sa faim. Le film est-il à la hauteur de la série ? S’adresse-t’il seulement aux fans où chacun y trouvera son bonheur ? La réponse n’est pas ailleurs, mais dans les prochaines lignes.

La consécration finale

La transposition d’une série du petit au grand écran, n’est pas un exercice facile. On dénombre de nombreuses victimes parmi les tentatives d’adaptations, dont Chapeau Melon et Bottes de Cuir, Wild Wild West ou The Green Hornet. Il y a aussi des réussites, comme Mission Impossible, 21 Jump Street ou Le Fugitif. Entourage se situe entre les deux cas, ni bon, ni mauvais, il saura surtout satisfaire les fans de la série.

6 mois plus tard, on retrouve Vincent Chase (Adrian Grenier); dont le mariage n’aura tenu que 9 jours; sur un yacht du côté d’Ibiza entouré d’une horde de playmates. Il est rejoint par Eric Murphy (Kevin Connolly) qui s’est de nouveau séparé de Sloan (Emmanuelle Chriqui), Turtle (Jerry Ferrara) a minci et Drama (Kevin Dillon) reste le même, un éternel loser. En tant que grand enfant, Vince n’aime pas s’ennuyer et pour remplir ses journées, il va de nouveau tenir le premier rôle dans un grand film de studio, dont Ari Gold (Jeremy Piven); son ancien manager; vient d’être nommé directeur. A la différence, que Vince veut aussi en être le réalisateur et c’est là que les ennuis commencent….

Le scénario est un prétexte pour nous permettre de suivre à nouveau le quatuor, mais surtout la vraie star du show, l’immense Ari Gold. La mise en place est laborieuse, on retrouve dans le film tout les défauts des dernières saisons, à savoir un défilé de guest-stars au détriment de l’histoire. On peut s’amuser à les pointer du doigt en criant leurs noms : Pharrell Williams, Russell Wilson, Jon Favreau,Mike Tyson, T.I., Baron Davis, Gary Busey, Rob Gronkowski, Bob Saget, etc….mais cela devient vite ennuyeux, donnant l’impression d’être dans un long clip où des potiches se déhanchent aux sons de morceaux hip-hop et pop.
Mais, il y a Ari Gold, personnage haut en couleur à la verve légendaire. C’est lui qui donne le rythme du film, en reprenant les mêmes ingrédients que dans la série, avec ses envolées verbales à la poésie pas vraiment accessible à tout les publics. Dans un monde où le politiquement correct est devenu la norme, son langage détonne et lui vaudrait surement les foudres des Femen, où d’autres militants aussi exaspérants que leurs modes opératoires pour faire entendre leurs « bonnes paroles ». Il n’a pas changé, le temps ne l’a pas assagit, même sa nouvelle position au cœur de la machine hollywoodienne, en devenant directeur de studio et c’est tant mieux. On se régale de ses pétages de plombs, surtout que le quatuor marche dans ses pas et rend enfin le film drôle et fun, comme lors des premières saisons de la série. Les scènes d’anthologie s’enchaînent jusqu’au générique final et même pendant, vous êtes donc priés de rester bien sagement dans vos fauteuils.

Il y a un vrai plaisir à retrouver les personnages de cette série culte, même si le ressort dramatique est mince : après Vince acteur, puis scénariste, il veut devenir réalisateur, dans la suite il sera producteur….Le créateur, réalisateur et scénariste Doug Ellin, rend une copie sans génie, en ne réussissant pas à se renouveler, tout en ne sachant pas surprendre, surtout visuellement. On peut déplorer son côté clipesque et cette sale manie de vouloir à tout prix caser des « stars », même si cela n’apporte rien au récit, comme peut en témoigner Thierry Henry. Pour attirer un public plus nombreux que les fans de la série, on a droit à un portrait de chacun, à travers l’émission de Piers Morgan, journaliste de CNN, au début de l’histoire. C’est intéressant pour ceux qui ne connaissent pas encore les personnages, moins pour les autres. Le temps semble long et ne permet pas au film de décoller.
On peut aussi déplorer l’absence de certains personnages récurrents, comme Scott Caan ou le rôle mineur de Rhys Coiro dans l’intrigue. Certes, il est difficile de contenter tout le monde en seulement 104 minutes mais était-ce vraiment une bonne idée de ressortir Haley Joel Osment des bas fonds de Los Angeles ? L’ancien enfant star révélé dans Sixième Sens, souffre d’un manque de charisme flagrant, comme Adrian Grenier, ce qui explique en partie le fait de ne pas le voir dans d’autres rôles. Leurs regards sont aussi inexpressifs que ceux d’un poisson rouge, surtout quand ils ont en face d’eux Billy Bob Thornton, peu présent mais bien plus imposant.

Entourage est un agréable divertissement, mais cela s’adresse surtout à ceux qui ont vu la série. Les liens entre chaque personnage ne peuvent être racontés brièvement, comme la relation qu’entretient Eric Murphy avec Sloan ou Billy Walsh avec Vince, entre autres. Mais on prend plaisir à découvrir la légendaire pub Mentos, tout comme la série Vikings Quest. Au final, on passe un bon moment, Ari Gold confirme sa place au panthéon des plus grands personnages de l’histoire de la comédie et l’aventure se conclut avec réussite.

Synopsis : Star hollywoodienne, Vincent Chase et ses potes, Eric, Turtle et Johnny, sont de nouveau dans la course, et en pleine négociation avec Ari Gold, ancien agent devenu patron de studio. Si leurs ambitions ont un peu évolué, les liens qui les unissent sont toujours aussi forts. Tant mieux car ils vont devoir se frayer un chemin dans le monde impitoyable d’Hollywood.

Entourage : Fiche Technique

Titre original : Entourage
Date de sortie : 24 juin 2015
Nationalité : USA
Réalisation : Doug Ellin
Scénario : Doug Ellin et Rob Weiss
Interprétation : Adrian Grenier, Kevin Connolly, Jeremy Piven, Kevin Dillon, Jerry Ferrara, Perrey Reeves, Rex Lee, Constance Zimmer, Emmanuelle Chriqui, Billy Bob Thornton, Nora Dunn, Rhys Coiro et Haley Joel Osment
Musique : Scott Vener
Photographie : Steven Fierberg
Décors : Jill Sprayregen Henkel
Montage : Jeff Groth
Production : Wayne Carmona, Stephen Levinson, Mark Wahlberg et Rob Weiss
Sociétés de production : Warner Bros, Home Box Office, RatPac Entertainment, Leverage Entertainment et Closest to the Hole Productions
Sociétés de distribution : Warner Bros
Budget : 30 000 000$
Genre : Comédie
Durée : 104 minutes

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