"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
"Les chansons que mes frères m'ont apprises" est le premier film de Chloé Zhao, réalisatrice d'origine chinoise installée aux Etats-Unis depuis 10 ans. Elle y convoque un récit initiatique, mais se distingue par une multitude de regards sur une communauté indienne marginalisée.
La vanité, le nouveau film du réalisateur suisse Lionel Baier, est un petit bijou d'humour non sensique, délivré par petites touches, et qui laisse une part belle à l'émotion, à l'humanité, à l'urgence de la vie. Ne passez pas à côté de ce beau film!
Le Transporteur : Héritage de Camille Delamarre et produit par Luc Besson offre au spectateur un film d'action et des scènes de bagarre filmées de très près grâce aux performance de l'acteur Ed Skrein. Avec Noémie Lenoir, Loan Chabanol et Samir Guesmi.
Jaco Van Dormael cumule réflexions carambar, descriptifs longuets de personnages creux et sentimentalisme niais. Le reste de la distribution défile comme au cirque, emportés par un récit abscons et une photographie précieuse indigeste.
En plein mois d'Août, où ce sont les blockbusters qui ont la part belle, le cinéaste Raphaël Jacoulot réussit à rallier l'adhésion du public avec son dernier-né : coup de chaud, un thriller crédible sur fond d'étude sociale. Frissons garantis malgré la chaleur ambiante!
En transposant le conte des mille et une nuits dans le Portugal d'aujourd'hui, Miguel Gomes réalise une allégorie politique sous la forme d'un triptyque....
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.