"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Kit Harington devient agent secret dans MI-5 Infiltration, un film d'espionnage basé sur la célèbre série anglaise MI-5. Mensonges, complots et trahisons se succèdent alors que Harry Pearce, chef du MI-5, a choisi de prendre la fuite...
Alors que Lance Armstrong a tenté de se refaire une image lors du dernier tour de France, The program sort à point nommé pour nous rappeler à quel point ses victoires n'ont été que tricherie. Mais y-a-t-il aussi du cinéma dans cette dénonciation des années dopage ?
Avec ses allures d'ersatz d'American Psycho, Kill Your Friends a tout du film déjà-vu. Est-ce-que la performance de Nicholas Hoult et la mise en scène d'Owen Harris seront suffisantes pour magnifier un sujet aussi subversif ?
Le Limier de Kenneth Branagh est une adaptation du film éponyme de Joseph L. ManKiewicz avec Michael Caine et Jude Law dans un duel machiavélique et un scénario malicieux de Harold Pinter. Le film a été récompensé par le Lion d'Or à la Mostra de Venise en 2007.
Le réalisateur italien Paolo Sorrentino n'a peur de rien, ne recule devant rien, et le prouve encore avec son nouveau film, Youth. Peu avare de son art, au risque de la démesure, il nous livre un film qui vaut toutes les peines du monde d'être vu.
Rendre hommage à l'icone d'une génération charnière entre la victoire de 1945 et le mouvement hippie est des plus louables, mais le faire à travers l'histoire d'une série de photos est-elle la meilleure approche pour capter l'aura magnétique de la star ?
Solace est une série B efficace et bien sentie. Malgré des défauts évidents comme quelques maladresses de mise en scène et un récit bien trop prévisible, le film compense par le traitement sincère et touchant d'un sujet fort que l'on ne voyait pas nécessairement venir.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.