"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Après onze ans d'absence, Jean-Paul Rappeneau est de retour avec Belles familles, film choral et "roman familial" au casting trois étoiles, mais au scénario assez creux. Cette histoire est en effet assez peu accrocheuse tant elle mène à une conclusion assez attendue et plutôt décevante. En gros, "qui se ressemble, s'assemble". Soit, sans grande surprise, les deux figures aussi abstraites qu'électriques du film : Amalric et Vacth. Pour le reste, on sourit parfois, mais cette histoire d'allers-retours reste très longue (près de 1h53) et manque parfois cruellement d'intérêt.
Raging Bull est issu de la collaboration fructueuse entre Martin Scorsese et Robert de Niro. Ce film, c'est l'ascension et la chute du héros, personnifiées par De Niro.
En opposant les voix-off particulièrement bavardes et cultivées de ses deux protagonistes, Woody Allen fait plus que mettre en place une sempiternelle histoire d'amour impossible et et signe un essai philosophique d'une virtuosité romanesque sans égal.
Connu pour son cynisme, Kheiron livre ici une biographie de ses parents en reconstituant leur parcours, depuis leur engagement politique en Iran jusqu'à la reconnaissance, par la République Française de leur travail associatif. Un portrait moralisateur dans lequel humour et mélodrame ne font pas forcément bon ménage.
Avec sa ressortie au cinéma ce mercredi 14 octobre, "Blade Runner" il se devait y avoir un article avec comme fil directeur, cette question : qu'est-ce que revoir "Blade Runner" au cinéma, en 2015 ?
A partir d’un événement qui aurait pu être sans suite, la réception d’une lettre, une crise va peu à peu émerger au sein du couple, à la façon d’une bombe qui avait besoin de la première étincelle pour exploser, que ce soit pour réveiller une flamme passionnelle éteinte ou faire exploser le ciment relationnel du ménage.
Les Nouvelles Aventures d'Aladin est donc une parodie plutôt réussie du conte classique d'Aladin et au casting bien fourni en comiques avérés. Même si parfois elle peut manquer d'un soupçon de finesse, elle plaira au public d'adolescents et de jeunes adultes de la génération SODA.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.