Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Chorus, du québécois François Delisle, est une oeuvre forte sur un sujet douloureux mais qui peine à émouvoir par manque d'incarnation d'une histoire où les protagonistes sont pourtant atteints dans leur chair par la douleur de l'absence.
Avec Les Chevaliers blancs, Joachim Lafosse s'empare du fait divers de L'arche de Zoé d'une belle manière, grâce à des acteurs, Vincent Lindon en tête, plus que concluants. Même si les évènements narratifs sont un peu redondants, Les Chevaliers blancs se présente comme une belle réussite du réalisateur.
Manque de respect profond pour le spectateur ou pour la profession ? Les deux jeunes réalisateurs pondent cet exercice déjà vu revu et rerererevu sans y apporter la moindre intelligence ou subtilité de ton, ambition artistique. A défaut, les moins cinéphiles peuvent s'attendrir et crier "c'est mignon!" Non, la colère monte, car tandis que de véritables cinéastes en devenir s'évertuent de trouver quelques billets pour un film travaillé et à plusieurs niveaux de lecture, Paris-Willouby, fade et superficiel film de famille, a reçu un véritable budget et une distribution !
En dehors de sa scène d'ouverture et derrière un travail esthétisant remarquable, le film se révèle finalement assez pauvre en fulgurances visuelles. Et plus le film avance, moins le pouvoir immersif et la tension ne réussissent à faire mouche. Un comble pour le projet qui reposait sur son coté sensoriel et le partage de la souffrance vécue par son héros.
Lors de l'Arras Film Festival, nous avons découvert "Legend", le nouveau film du réalisateur et scénariste Brian Helgeland à qui l'on doit les scénarios de "Payback", "The Green Zone" ou encore "L.A. Confidential". Mais alors, son nouveau métrage est-il un film de gangster innovant et inventif, ou alors une double publicité pour la double performance de Tom Hardy ?
Le Garçon et la Bête est le récit initiatique de Ren un enfant orphelin perdu dans le monde des Bêtes recueilli par l'une d'entre elles, le puissant Kumatetsu qui est aussi fort qu'il est paresseux et égocentrique. La rencontre de ces âmes solitaires va les mener bien plus loin que ce qu'ils peuvent imaginer.
Tout Schuss est une comédie française standard, qui ne propose aucune innovations, qu'elles soient scénaristiques ou esthétiques. Seuls les jeunes (futurs nouveaux acteurs français?) apportent une légère bouffée d'air frais dans ce film, qui ne fera ni chaud ni froid aux spectateurs.
Sous une apparence de glace , les héroïnes de Carol, le nouveau film de Todd Haynes, brûlent d'une passion brillamment racontée par le cinéaste. Cate Blanchett et Rooney Mara au top pour une histoire d'amour compliquée, comme toutes les autres ...
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.