Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Alors que ce western se prétend féministe, il est difficile de voir dans le personnage incarné par Nathalie Portman un emblème de l’émancipation féminine tant son parcours et sa survie ne peuvent se faire que grâce aux hommes qui l’entourent.
"Marguerite" est l'histoire formidable d'un immense mensonge qui révèle les travers d'une "société du spectacle" fascinée par le hors norme. Le film est dans la course pour les César, l'occasion de revenir sur ce petit succès de fin d'année 2015.
En compétition au Festival d'Alpes d'Huez 2016 et bon perdant, Encore Heureux s'aligne caustiquement sur ce que les productions françaises semblent raffoler en ce moment. Sous forme d'interrogation, elles cumulent poncifs et bons sentiments.
Trois souvenirs de ma jeunesse est le film d'Arnaud Desplechin le plus abouti. Comme le bébé de la quarantaine, il marque un tournant dans l'oeuvre du cinéaste. Du grand bonheur en perspective pour les cinéphiles en quête de vrais gestes de cinema...
L’incroyable défi qu’a souhaité relever Tom McCarthy, artiste protéiforme du cinéma américain, est d’avoir voulu, avec Spotlight, se faire le défenseur de la brigade d’investigation éponyme rattachée au Boston Globe, qui a officié plus d’un an durant, à la révélation d’un scandale ayant fait polémique : celui des prêtres pédophiles de Boston.
Dans Heidi, Alain Gsponer filme avec une profonde sensibilité des plans serrés sur les visages de ses protagonistes, fixant les émotions, photographiant un récit presque muet où les images se suffisent à elles-mêmes.
Attraction cinématographique de ce début d'année 2016, Danish girl de Tom Hooper, nominés aux oscars dans quatre catégories différentes se révèle être un film bouleversant et très interessant
Plutôt que nous faire comprendre les enjeux de ce trafic de drogue international, le gros du scénario nous confine dans les habitacles des bolides où, entre les deux montées de tension qui ouvrent et ferment le film, on endure la crétinerie des dialogues que s'échangent des personnages aussi mal interprétés que caricaturaux.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.