Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Film animiste d'une grande douceur et d'une grande poésie, les délices de Tokyo, le nouveau film de Naomi Kawase souffre d'un surtexte qui écrase sa mise en scène et nuit à sa sobriété. Les recettes du bonheur selon Naomi Kawase...
S'emparant d'un sujet maintes fois rabâché, Mikhaël Hers aborde avec Ce sentiment de l'été la difficulté de surmonter le deuil et de trouver un nouveau sens à sa vie. Sans renouveler l'approche, le cinéaste le fait avec suffisamment de justesse et de poésie pour toucher le spectateur.
Même si le sujet traité s’avère intéressant, Beira-Mar ou l’âge des premières fois est un film fade et plutôt impersonnel, aux personnages manquant de caractère et de force. On regrettera le fait que les personnages manquent de vie et qu'ils ne soient pas assez travaillés pour emporter l’empathie, et l'adhésion, du public.
Mysterious object at noon est le premier long métrage du réalisateur thaïlandais Apichatpong Weerasethakul. Élaborant son scénario à partir du cadavre exquis surréaliste, il propose un film plutôt expérimental à mi-chemin entre documentaire et fiction.
Même si le pitch peut laisser présager d’un film de science-fiction prometteur, le film se pourvoie dans la voie des pires défauts que l'on puisse reprocher aux films pour adolescents en cumulant un sentimentalisme à l’eau de rose à une intrigue prévisible. Et si cet échec prouvait que le genre a atteint ses limites?
Les fans se retrouveront dans La Tour 2 Contrôle Infernale par un humour absurde et décalé, alors que les haters d'Eric et Ramzy continueront de penser que le duo comique ne parvient qu'à nous proposer des films d'une lourdeur sans nom. La Tour 2 Contrôle Infernale réussira-t-il à être aussi culte que son ainé dans la force de ses répliques ? Avis aux amateurs !
Adaptation du documentaire du même nom, Our Brand Is Crisis surfe sur ce qui en faisait l'intérêt sans rien apporter de nouveau. Reste une histoire captivante et un brin révoltante.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.