Tout Schuss, un film de François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard : Critique

En cette nouvelle année, José Garcia revient sur le devant de la scène dans une nouvelle comédie française, Tout Schuss, accompagné d’une nouvelle venue dans le cinéma français, Manon Valentin, déjà aperçue dans Coup de Chaud de Raphaël Jacoulot, sorti l’été dernier.

Synopsis : Max Salinger, écrivain divorcé, refuse d’accueillir sa fille de 15 ans sous son toit. Pour se venger, elle lui vole son dernier manuscrit et file en classe de neige. Pour récupérer son bien, il débarque dans la station de ski en s’improvisant « parent accompagnateur ». Seul problème : le célèbre écrivain, qui n’est déjà pas un parent exemplaire, n’est pas vraiment un accompagnateur qualifié non plus ! De descentes épiques en randonnées infernales, la vie de Max au milieu des ados ne s’annonce pas de tout repos…

José Garcia est aujourd’hui une égérie de la comédie française. Cela faisait deux années qu’on ne l’avait pas vu sur grand écran, sa dernière prestation remontant au plutôt raté Fonzy.
Malheureusement, Tout Schuss s’inscrit dans la continuité de son prédécesseur et se présente également comme un échec. Une énième comédie à inscrire dans le Panthéon des comédies françaises ratées.
En terme d’acteurs, les jeunes, ainsi que presque tous les seconds rôles, arrivent à convaincre l’audience. Manon Valentin, dans son rôle de Rosalie, sonne parfois faux, mais arrive tout de même à s’assumer dans son rôle de jeune fille qui ne pense qu’à récupérer son père. Son léger sourire en coin crédibilise son personnage de jeune fille dérangée par l’absence d’un homme qu’elle souhaite considérer comme son père, gênée lorsqu’elle se trouve confrontée à lui.
Melha Bedia, que l’on avait remarqué dans A toute épreuve, est également persuasive en lycéenne ayant triplé sa classe, comme peuvent l’être François Deblock ou Victor Meutelet.
Malheureusement, et contre toute attente, c’est José Garcia qui vient s’apposer comme la tâche noire du casting. Lui qui nous avait livré de (très) bonnes interprétations (Le Couperet, ses performances dans Nulle part ailleurs), aussi bien dramatiques que comiques, se voit être décrédibilisé par un personnage caricatural et bien souvent surjoué dans ce film. Son rôle de Max Sallinger (référence à L’Attrape-Coeur), père parisien overbooké connu mondialement, ne lui sied pas, en résulte un jeu désagréable auquel il faut s’accommoder durant une heure et demie.
En terme de scénario, Tout Schuss relève des clichés de la comédie française. Conflits familiaux qui termineront en happy end, histoires d’amour entre jeunes qui s’avéreront finalement joyeuses et acceptée par le père ou l’entourage, tout est réunis pour faire entrer cette comédie dans les normes scénaristiques du film d’humour français.
Parallèlement, on suit les péripéties de Laurent Bateau dans des contrées lointaines, faits qui s’avèrent bien inutiles et qui ne servent qu’à combler des failles, ou à servir de raccords, mais rien n’y fait. Même si le scénario se laisse comprendre et suivre sans mal, impossible d’éprouver quelconque empathie pour les personnages.
La réalisation s’inscrit dans la continuité du scénario. L’ouverture parisienne accompagnée par d’une voix off, celle de Rosalie qui nous présente son monde et sa famille, laisse présager le pire. Qu’à cela ne tienne, sans fougue et sans audace, les partis pris esthétiques de la comédie de Stéphan Archinard et François Prévôt-Leygonie sont monotones, voire inexistants, seule les descentes à ski ou les poursuites à travers les bois se détachent un peu du lot. Toutefois, les paysages de montagnes sont magnifiques, mais il s’agit là de simples décors naturels, complémentaires au scénario.
Mais le gros inconvénient de Tout Schuss, c’est que son humour ne prend pas, ou très peu. Au détour de trois ou quatre répliques qui feront esquisser un sourire, Tout Schuss est un surplus de blagues potaches ou de touches humoristiques déjà vues. Non, venant d’enfants ou de jeunes, la pilule ne passe pas mieux. Et une fois de plus, tout l’humour du film est concentré dans la bande-annonce, alors autant se priver de visionner cette dernière si l’on souhaite esquisser un sourire durant le film.

Tout Schuss est donc une comédie française standard, qui ne propose aucune innovations, quelles soient scénaristiques ou esthétiques. Seuls les jeunes (futurs nouveaux acteurs français?) apportent une légère bouffée d’air frais dans ce film, qui fera ni chaud ni froid aux spectateurs.

Tout schuss: Fiche Technique

Réalisation: François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard
Distribution: José Garcia, Manon Valentin, Melha Bedia, François Deblock, Alexia Barlier, Anne Girouard, Gwendolyn Gourvenec, Léopoldine Serre
Scénario: Serge Lamadie
Musique: Matthieu Gonet
Montage: Reynald Bertrand
Photographie: Stephan Massis
Costumes : Camille Rabineau
Producteur: Marc-Étienne Schwartz et Jean-Yves Robin
Production: M.E.S. Productions, Monkey Pack Films et France 2
Distribution: SND
Durée: 96 minutes
Genre: Comédie
Dates de sortie: 13 janvier 2016

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Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

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