Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Loin de dénoncer la dictature de la beauté, The Neon Demon se vautre dans une apologie de celle-ci et oublie de prendre de la distance avec son sujet. Nicolas Winding Refn veut choquer mais échoue sur toute la ligne.
Véritable hurlement de douleur, Black pose un constat d'une infinie brutalité, celui d'une jeunesse de banlieue issue de l'immigration, peu à peu en train de mourir parce-que tentant à sa manière, de reproduire nos modèles mortifiés, une leçon de cinéma sociétal.
Annoncé comme le "Choc du festival de Cannes 2016" dans la catégorie "Un certain regard", le film Apprentice de Boo Junfeng est en réalité très superficiel scénaristiquement et joue beaucoup trop de la surdramatisation pour pouvoir parvenir à ses fins. En ne réalisant pas ses objectifs, cette oeuvre qui aurait pu être un plaidoyer nécessaire et universel contre la peine de mort, ne demeure qu'un film insignifiant parmi tant d'autres.
Avec Ils sont partout, film condamnant les clichés sur les juifs et prenant en dérision l'antisémitisme dans la société française, Yvan Attal se brule les ailes et ne fait qu'effleurer les objectifs qu'il s'est donné, tant les différents sketchs sont inégaux et les propos souvent confus.
Le premier long-métrage du suédois Magnus von Horn renoue avec son thème du discernement adolescent qu'il a déjà exploité dans son court-métrage Echo. Ce faisant, il s'attaque plus particulièrement à l'humanité de son petit criminel, bafoué par une société violente et incapable de reconnaître ses propres torts dans les situations complexes qu'elle engendre.
Si ce n'est pas par son récit qu'on retiendra La Nouvelle vie de Paul Sneijder, c'est bien par la prestation de Thierry Lhermitte qui, par un jeu sobre et sensible, se détache des comédies franchouillardes et étonnera le spectateur.
Découvrez bientôt au cinéma un film drôle et en pleine recherche du bonheur, mais qui n'oublie pas d'évoquer les failles de ses personnages, avec une Valeria Bruni Tedeschi au sommet de son art : la folie. "Folles de joie" de Paolo Virzi sort le 8 juin en salles.
Sorti directement en vidéo en mai dernier, on ne pouvait pas ne pas vous parler de Bone Tomahawk, le western qui a fait forte impression à Gérardmer et a clairement marqué nos esprits.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.