Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
La question qui brûle les lèvres est : ce film est est-il meilleur ou pire que le précédent film de Tim Burton ? Peut-être ne faut-il pas remettre en cause ce film-ci mais toute la machine qui se trouve derrière.
Comme son titre l'indique, A War est un film de guerre qui cherche à mettre en porte-à-faux les contradictions auxquels sont confrontés les soldats dans leur impossible mission de pacification. Réalisé par le Danois Tobias Lindholm, le film profite d'une froideur austère qui rend les scènes tournées dans le désert saisissantes, mais fait perdre de la vitalité à la partie du scénario se voulant plus émouvante.
Si la promotion pouvait laisser entrevoir un exercice de style au minimum intéressant à défaut d'être utile, le résultat, qu'il soit pour les néophytes ou pour les aficionados du cinéma de genre, ne pourra qu'être décevant, surtout face à l'affirmation d'ambitions nouvelles de la part des producteurs pour ce type de productions horrifiques.
Pour son nouveau long métrage, Elie Chouraqui choisit d'adapter le roman de Fabrice Humbert, L'Origine de la violence, récit d'un homme enquêtant sur sa famille dont le passé fourmille de secrets, notamment pendant la période la plus sombre de l'Histoire, la déportation et les camps de concentration.
A 87 ans, Alejandro Jodorowsky n'en a pas fini de nous faire profiter de son cinéma psychédélique. Trois ans après nous avoir narré son enfance dans La Danza de la Realidad, c'est sur son éveil à l'art poétique qu'il revient dans cette suite tout aussi bariolée. Un retour sur un passé qui nous permet de mieux comprendre son gout pour le surréalisme, et nous fait partager son cri de bataille: « La poésie est un acte! ».
Le second long-métrage de Frédéric Beigbeder est un film qui nous parle de... Frédéric Beigbeder. Il apparait comme évident que, à travers l'évolution rédemptrice de son alter-ego, le réalisateur essaie vainement de justifier tous ses torts. Or, en doublant cette complainte autocentrée par un discours parfaitement hypocrite, il ne fait que confirmer son égocentrisme, sa concupiscence et surtout son manque de talent de cinéaste. Navrant.
Eric Lavaine poursuit dans la voie des comédies intimistes entamée par Barbecue. Toujours maladroit dans la transposition des situations résolument comiques, le réalisateur fait toutefois preuve d'une volonté de sincérité dans la caricature de la vie quotidienne qui rend amusantes, voire même touchantes, certaines scènes de son film.
Adaptation du célèbre jeu vidéo Warcraft par Duncan Jones. Malgré les ambitions derrière le projet, le film peine à convaincre totalement et donne l'impression de voir défiler une cinématique de luxe.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.