Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Tout de suite, maintenant, un film de Pascal Bonitzer : Critique

Aucune dimension de conte, si ce n'est rêvée et intellectualisée, à ce septième long métrage. Si Cherchez Hortense et Le Grand Alibi atteignait un relatif cœur de cible par une certaine connivence avec le public grâce notamment aux dialogues bien pensés, Tout de suite, maintenant s'enorgueillit de résoudre le puzzle existentiel, entre ambition professionnelle et sentiment amoureux, par trop d'abstractions et une mauvaise direction d'acteurs.

Gods of Egypt, un film de Alex Proyas : Critique

Affublé de retombées critiques désastreuses et d'une promotion pas très chatoyante, Gods of Egypt débarque dans les salles françaises avec la ferme intention de s'y trouver un public. Si les scènes d'actions démesurées peuvent ravir les aficionados du genre, très peu seront réceptifs aux délires visuels du long métrage, d'une laideur insoutenable...

L’Avenir, un film de Mia Hansen-Løve : critique

Mia Hansen-Love filme, dans "L'Avenir" (en salles depuis le 6 avril), une femme en pleine renaissance. Porté par Isabelle Huppert, le film touche en prenant son temps, celui de la réflexion, de la douceur et de la pudeur. Encore un beau film de la réalisatrice du "Père de mes enfants".

The Witch, un film de Robert Eggers : Critique

The Witch, ou le film d'épouvante le plus envoûtant et le plus dérangeant de l'année.

La sociologue et l’ourson, un film d’Etienne Chaillou et Mathias Théry : critique

La sociologue et l'ourson, réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry évoque avec intelligence et humour les évolutions de la famille par le prisme du projet de loi du mariage pour tous. Pas de docte discours dans ce film mais une histoire racontée avec des peluches et autres marionnettes.

Demolition, un film de Jean-Marc Vallée : Critique

Plus qu'un appel aux armes, aux pioches, aux consciences, Jean-Marc Vallée dessine subrepticement les contours urbains d'une fable moderne indie folk pop. [...] Simple et efficace, aérienne et pédestre à la fois, la ballade existentielle que nous propose Jean-Marc Vallée s'accompagne, comme nécessairement, d'un regard tendre sur l'orientation sexuelle, sur la découverte de soi, ses possibilités.

Visite ou Mémoires et Confessions, un film de Manoel de Oliveira : critique

Manoel de Oliveira, décédé l'année dernière, nous réservait une dernière surprise : un film tourné en 1981, resté volontairement invisible jusqu'à sa disparition. Un film posthume pour mieux connaître le réalisateur.

Men & Chicken, un film d’Anders Thomas Jensen : Critique

Aussi irrévérencieuse soit-elle, la nouvelle comédie d'Anders Thomas Jensen ne se moque jamais de ses personnages haut en couleurs. Au contraire, il fait d'eux des êtres profondément pathétiques en proie à leur instinct animal. Cruel et humaniste à la fois, cette petite perle d'humour noir, comme seuls les Scandinaves peuvent nous en offrir, satisfera les amateurs du genre... au risque de heurter les personnes partageant le bec de lièvre de cette belle brochette de dégénérés.

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