Gérardmer 2026 : Veuf éploré, Stoners anthropophages, Pissenlits survivalistes et French Dreamer envieux
Gérardmer 2026 : les vertiges de la maternité et le poids des origines, en toutes langues, allemande, anglaise et indonésienne
Accueil Cinéma Critiques films PartagerFacebookTwitterPinterestEmail Synopsis : En 1981, Manoel de Oliveira tourne un film qu’il dépose à la cinémathèque portugaise avec comme consigne de ne le sortir qu’après sa mort. D’après ses propres dires, « C’est un film de Manoel de Oliveira sur Manoel de Oliveira, à propos d’une maison. » Le film s’ouvre sur un portail. Puis, le portail lui-même s’ouvre sur un jardin, des arbres, une maison. Comme par enchantement toujours, la porte de la maison s’ouvre. La caméra y pénètre. Deux voix dissertent sur les arbres du jardin, le pin, le palmier, ce magnolia, cette maison, apparemment vide. À l’étage pourtant, du bruit. Sans transition, Manoel de Oliveria lui-même, comme venu hanter sa propre résidence, raconte l’histoire de cette maison. Bâtie dans les années 30 elle est à la fois demeure familiale du réalisateur et patrimoine architectural. Elle est le personnage principal du film, présente du premier au dernier plan, témoin oculaire exhaustif des années passées par le réalisateur à y écrire, y jouer avec ses enfants, y aimer sa femme, y vivre. L’occasion pour Manoel de Oliveira de revenir sur la vie et la carrière qui sont derrière lui ; sans se douter que, devant lui, son existence comme sa filmographie s’étendrait encore, bien plus loin que l’horizon. C’est sans doute ce qui fait la particularité de ce film : c’est un film posthume prématuré, une autobiographie anticipée. Le réalisateur revient sur sa carrière sans se douter qu’elle n’en était qu’à son commencement, et qu’il tournera encore plus d’une vingtaine de films. Endetté, obligé de revendre cette maison qu’il a contribué à concevoir et décorer, cette maison qui a vu grandir sa famille, il se livre comme un artiste en fin de carrière. Visite contient toute la pensée du réalisateur en un seul film. La maison devient la matrice de toute sa vie, chaque détail fait le lien avec une anecdote, un sujet, une personne. Les différents niveaux de fiction (des inconnus qui visitent la maison, de Oliveira face caméra qui se raconte, les image d’archives qu’il montre, la reconstitution d’une anecdote politique) expriment le rapport, forcément complexe, du cinéaste avec les films. La part belle faite à sa femme et sa famille révèlent l’homme derrière l’artiste. L’exercice de l’autobiographie, forcément auto-centré, fait que le film passionnera en priorité ceux qui connaissent déjà Manoel de Oliveira et sont familiers avec son œuvre. Pour les néophytes, ce portrait est également une bonne introduction à l’œuvre du réalisateur qui vous donnera à coup sûr envie de plonger dans sa filmographie. Pour les moins sensibles à la personnalité du cinéaste portugais, le film pourra sembler un peu ennuyeux, malgré sa courte durée. Il reste néanmoins le témoignage inédit de l’un des réalisateurs ayant vécu le plus longtemps, dont la majorité de la filmographie a été produite après ses 70 ans. Le caractère unique, à la fois de la maison, de l’image et du personnage suffisent à capter le regard et l’attention. Visite ou Mémoires et confessions : Bande-annonce Visite ou Mémoires et confessions : Fiche Technique Titre original : Visita ou Memórias e Confissões Réalisation: Manoel de Oliveira Scénario : Manoel de Oliveira Dialogues : Agustina Bessa-Luís Intervenants : Manoel de Oliveira, Maria Isabel Image : Elso Roque, Jean-Paul Loublier Montage : Manoel de Oliveira, Ana Luisa Son: Joaquim Pinto, Vasco Pimentel Voix : Teresa Madruga, Diogo Doria Décors : Maria Isabel, Manuel Casimiro Production : Manuel Guanilho Distribution : Epicentre Films Durée : 65 minutes Date de sortie : 06 avril 2016 Portugal – 1981 Auteur : Amaurych
Contributeur articles·DiversComment protéger votre compte bancaire des arnaques au virement instantané