Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Non, il ne s'agit pas d'un remake hollywoodien de Marguerite, mais d'un biopic par le so british Stephen Frears de la médiocre cantatrice qui l'a inspiré. Une reconstitution sur un ton léger mais trop peu délirant auquel on préférera, sans quelque chauvinisme, la gravité psychologique de sa variation française (que Frears se défend d'avoir vu soit dit en passant).
"Juillet Août" est le nouveau film de Diastème. Un pari surprenant pour celui qui avait divisé la critique avec "Un Français" l'an passé. Ce film, au ton plus léger, surprend par son choix d'être au plus près des personnages, ce qui lui permet de s'éloigner quelque peu des clichés attendus. Au final, c'est une ritournelle presque toujours ensoleillée dans laquelle grandir est le mot d'ordre.
Premier long métrage de Sébastien Marnier, Irréprochable est surprenant de maîtrise, un film de genre amené avec brio par le cinéaste et qui s'appuie avec bonheur sur le talent quelquefois sous-exploité de Marina Foïs. Une belle découverte.
Si La Couleur De La Victoire est une réussite, c'est en grande partie grâce à la magnifique histoire qui porte le film de bout en bout, une histoire à la fois sportive, humaine mais aussi politique.
Le Tarzan de David Yates aurait pu être fun, épique, glamour, sombre ou violent. Il aurait même pu contenir un sous-texte politique pertinent et un dispositif de mise en abyme astucieux. Mais une production formatée, un scénario crétin, une réalisation fainéante et un casting mal dirigé ne pouvaient pas permettre d'assumer la moindre de ces qualités potentielles pour finalement n'aboutir qu’à un produit fade et boursouflé.
Le rôle semblait taillé pour Matthew McConaughey, et son récit était propice à une grande fresque historique comme Hollywood sait nous en offrir. Pas de chance, Gary Ross, connu pour être le réalisateur du premier Hunger Games, a rédigé un scénario décousu qui amoindri l'ampleur de son film et en accentue la bien-pensance.
Si vous espériez que Ramzi profiterait de cette fable animalière pour s'émanciper de la nigauderie de ses premières heures, vous seriez déçus. Mais cet humour régressif est-il soluble dans l'esprit enfantin de sa première réalisation? Malheureusement, rien n'est moins sûr...
La Tortue rouge, prix spécial du jury dans la catégorie "Un Certain regard" à Cannes cette année, est un film d'animation franco-belge réalisé par Michael Dudok de Wit sous l'impulsion du célèbre studio Ghibli. Le film raconte avec simplicité et poésie ce qui compose une existence humaine.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.