Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
La vie est belge, le film de Vincent Bal est un feel good movie qui parle de son pays en de termes sentimentaux , si ce n'est utopiques. Appliquer le vivre ensemble sur ce pays écartelé entre une flandre très anglo-saxonne et une Wallonie définitivement latine est une idée belle et fraîche que malheureusement le cinéaste a traité d'une manière un peu tiède.
Revival matiné d'impératifs commerciaux avant d'être une vraie suite, Independance Day Resurgence demeurera une immense déception pour les fans du premier opus. Fade, désincarné, et franchement risible, cette suite est la preuve qui manquait aux indécis, qu'Hollywood se complait à se ficher éperdument de son spectateur.
Bastille Day n'est qu'un film qui prétend à divertir mais en raison de son sujet proche de notre contexte actuelle, il se voit être dépassé par la réalité. Néanmoins, le climat anxiogène qui l'entoure est-il une raison suffisante pour le fuir ?
Ne vous laissez pas impressionner par les trois heures du film, Sieranevada défile à toute allure et déploie avec maestria son analyse ciselée et cynique de la famille roumaine d'aujourd'hui.
Toute la mélancolie du cinéma nordique se retrouve dans le nouveau film du cinéaste islandais Rúnar Rúnarsson , Sparrows, sans que l'intérêt du spectateur soit affecté par la langueur du film, bien au contraire. Un beau film d'initiation porté délicatement par le jeune Atli Oskar Fjalarsson.
Malgré quelques entrains surprenants, qui rappellent plus la mécanique rouillée de Crustacés et Coquillages de Ducastel et Martineau que les chorégraphies colorés des Demoiselles de Rochefort de Demy, et un hommage rendu aux ouvrières en grève des années 70, le film tout entier, finalement peu abouti, mériterait plus de...disparités. Zoom sur 1h20 d'une apologie avortée sur l'existence qui n'a rien de mémorable.
La star du rock et le seul président US démissionnaire se tiennent la bourre dans ce film complètement déjanté qui ose relater l'improbable rencontre survenue entre les deux hommes en Décembre 1970. Décapant, furibard et en proie à la plus grande malice, voilà bien un film à ne pas rater !
Réalisation mécanique, scénario hautement invraisemblable et une constante déification de son actrice principale feront que Instinct de Survie ne s'imposera pas comme le classique du genre tant espéré. Dommage, car une certaine tension se distille des images montrées.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.