Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Suite du film culte de 1999, le Blair Witch de Adam Wingard est-il le digne successeur de son aîné ou sombre-t-il dans les travers du found footage insipide et oubliable ?
Même s'il n'est pas essentiel, Where to Invade Next, le nouveau documentaire de Michael Moore concède prises de conscience et découvertes chez nos compatriotes mondiaux. Malgré des attraits simplets voire niaiseux, les nombreuses touches humoristiques font de ce long-métrage une oeuvre agréable.
Après Une Histoire Banale, Audrey Estrougo nous propose La Taularde, drame voulant nous dépeindre l'enfer carcéral féminin. Si l'ensemble des personnages évoqués ne connaîtra pas le développement escompté, le film, porté par un casting et une Sophie Marceau très juste, est suffisamment réaliste et prenant pour s'imposer comme une bonne surprise.
Avec The Beatles, Eight Days A Week : The Touring Years, Ron Howard retrace l'incroyable carrière du plus grand des groupes de rock, à travers des chansons, des concerts, il montre ce que fut cette folie musicale qui s'empara du monde pour ne plus jamais le quitter.
Avec Cézanne et moi, Danièle Thompson s'éloigne du registre comique et s'oriente vers le biopic historique. Servi par le duo d'acteurs Canet/Gallienne, le film nous transporte au XIXème siècle et partage son intrigue entre l'effervescence d'un Paris artistique en pleine mutation et la douceur du soleil de Provence pour décrire avec réalisme l'histoire d'amitié tumultueuse et houleuse qui a uni et déchiré Cézanne et Zola durant près de quarante ans. Mais le projet est-il à la hauteur de ses ambitions ?
Après le très beau Sparrows de l'islandais Rúnar Rúnarsson, Philippe Lesage déplace le curseur sur le spectre des films sur l'adolescence vers un âge encore plus précoce où l'enfant découvre la duplicité de l'homme. Son film , Les Démons est singulier et réussi.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.