Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Réalisé par les Mo Brothers, Headshot, le nouveau film avec la star du diptyque The Raid, s'impose comme le film d'action survitaminé et jouissif de l'année.
Le Mystère Jérôme Bosh, documentaire revenant sur l'énigme que représente ce peintre flamand. Passionnant pour les amateurs de l'histoire de l'art qui ne savent que peu de chose du créateur des Jardins des délices.
Après plusieurs échecs artistiques, Oliver Stone retrouve enfin un sujet qui lui sied, celui d'un personnage ancré dans le réel et lui servant à analyser les contradictions d'une Amérique tiraillée par ses démons intérieurs. Et dans le rôle de ce héros des temps modernes, Joseph Gordon-Levitt livre une prestation qui, si elle lui vaut pas un Oscar, révélera au grand jour l'influence de la NSA sur l'Académie.
Jeeg Robot est la surprise super-héroïque à destination du cinéma italien qui chamboule les festivaliers comme lors de sa récente diffusion à l’Étrange Festival.
Entre revanche et rédemption, le message fort du pardon véhiculé dans le film participe à l'attachement émotionnel ressenti suite à l'implosion fortuite de cette famille judéenne.
Mélodrame, mais pas trop, Frantz, le dernier film du français François Ozon est un très beau film dont le Noir et Blanc qui épouse l'austérité allemande , mais également le côté sombre du protagoniste français interprété par Pierre Niney dans une histoire qui mêle la grande guerre (celle de 1918) et la petite (celle des individus en tourmente).
Portée par une Virginie Efira dans son meilleur rôle, Victoria est la bonne surprise de cette rentrée et l'une des meilleures comédies romantiques françaises depuis longtemps.
Marchant directement dans les plates-bandes de Narcos, l'Infiltrator de Brad Furman laissait songeur. C'était sans compter sur la motivation du cinéaste à laisser de coté la poudre du trafic et à se concentrer sur les personnages devenus bien vite rouages de l'empire Escobar et ceux essayant désespérément de les arrêter.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.