Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Blood Father, le nouveau film de Jean-François Richet avec Mel Gibson, présente la rédemption - dans la violence - d'un père, John Link, aussi l'un des représentants d'un Ouest sauvage et viscéralement brutal à son crépuscule.
Derek Cianfrance, le réalisateur de Blue Valentine et The Place Beyond The Pines, revient avec un nouveau long-métrage. Une histoire d'amour brillamment interprétée par deux étoiles montantes : Michael Fassbender et Alicia Vikander. On se laisse transporter, mais on garde son cœur bien accroché.
La dernière comédie de Pascal Chaumeil, décédé durant la post-production, est une réussite assez rafraîchissante dans le paysage un peu faiblard de la comédie populaire française. Bien écrit avec des dialogues savoureux, fait avec sérieux et soutenu par un casting solide, Un Petit boulot est un film drôle et satirique qui porte un regard assez juste sur notre société.
Outre son caractère hautement dispensable, on était curieux à la vue de ce Mechanic Resurrection, chargé de donner une suite au Flingueur. Est-ce que cette suite confiée à l'allemand Dennis Gansel allait rééditer le succès d'estime du premier film, sachant compiler un hommage aux années 80, ou s'enfoncer dans les travers de la suite facile ?
Quand le réalisateur de Very Bad Trip s’attaque à la reconstitution d’un scandale qui a entaché l’administration Bush, il ne peut pas s’empêcher de le faire sous la forme d’une comédie de potes. Cette approche mainstream permet-elle de rendre le sujet plus pertinent ou n’aboutit-telle qu’à une potacherie hors sujet ?
Dix ans après Je Vais Bien, Ne T'en Fais Pas, Philippe Lioret revient avec le nouveau récit d'une famille brisée par l'absence de l'un des leurs. Le réalisateur parvient-il à faire de ce sujet, au fort potentiel mélodramatique, un long-métrage à la charge émotionnelle finement amenée ou sombre-t-il au contraire dans une certaine complaisance sirupeuse et tire-larmes?
Critique du film d'animation Batman : The Killing Joke de Sam Liu. Une adaptation du célèbre comics d'Alan Moore et de Brian Bolland qui a partagé les fans malgré son aspect pensé et travaillé.
Honorable geste des sœurs Coulin que de traiter de la guerre dans une perspective, dommage seulement qu'elles tombent vite dans la simplicité et la caricature.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.