Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
En 3 films à peine, Rebecca Zlotowski s'impose comme une figure importante du nouveau cinéma français. Sans concession et extrêmement robuste , son cinéma interpelle , et son dernier film, Planetarium est une réussite esthétique aussi bien que poétique.
Scénarisée par J.K Rowling et réalisée par David Yates, cette nouvelle extension de l'univers d'Harry Potter n'est pas sans défauts, mais tient la majeure partie de ses promesses ce qui, pour un blockbuster d'aujourd'hui, est déjà beaucoup.
Du divertissement avec un casting 5 étoiles (Tom Hanks, Felicity Jones aka la future Jyn Erso de Rogue One), des lieux majestueux (Florence, Venise, Istanbul) et une intrigue très contemporaine, que demander de plus ?
Plus de deux ans après avoir été présenté à la Mostra de Venise, le premier long-métrage de Naji Abu Nowar est enfin visible dans nos salles obscures. Il y a de quoi s'interroger : cela valait-il la peine d'attendre pour découvrir cette fable bédouine ou ce temps de latence est-il la preuve que même son distributeur avait conscience de son faible potentiel commercial?
Certes, Unfriended innove par son procédé narratif, puisque l'ensemble du film se déroule sur un écran d'ordinateur. Mais est-ce suffisant pour retenir l'attention du spectateur et fournir un spectacle à la hauteur ?
Première réalisation de polar pour Jalil Lespert. Le réalisateur se prend malheureusement les pieds dans le tapis et donne naissance à un film au rythme défaillant, tantôt trépidant, tantôt paresseux. Si le casting apparait comme parfait sur le papier, il est en réalité bien inégal, tant certains acteurs oeuvrent dans une certaine fausseté.
Asghar Fahradi perpétue dans le genre qui est le sien, celui qui consiste à mêler le réalisme social à une histoire de couple. Comment parvient-il alors à exploiter ses excellents acteurs pour dépeindre la situation de son pays sans risquer le courroux de la lourde censure qui a déjà fait taire plus d'un cinéaste iranien?
L'Histoire de l'Amour est la nouvelle oeuvre de Radu Mihaileanu, auteur de La Source des Femmes et Le Concert, une adaptation qui sonnait pour lui comme une évidence. Ainsi, le long métrage est digne de l’auteur, à la fois tragique et drôle, bouleversant et pathétique. Malgré ses lourdeurs, L’Histoire de l’Amour est le successeur d’un genre cinématographique absent des productions françaises : la fresque romanesque.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.