Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.
Trois films, une carte blanche, et une même ligne de force : chez Graham Swon, la parole ne se contente pas d’accompagner l’image, elle la traverse, la déplace, parfois même la remplace. De la dérive poétique d’An Evening Song (for three voices) à l’expérience quasi hypnotique de The World Is Full of Secrets, en passant par l’étrangeté expressionniste de Careful, se dessine un cinéma où dire, c’est déjà faire advenir.
Gore Verbinski convoque voyages dans le temps, IA malveillante et équipe de bras cassés pour radiographier notre addiction au numérique. "Good Luck, Have Fun, Don't Die" est un film généreux et inventif, hanté par l'ombre des Daniels, et qui bute, comme nous tous, sur l'incapacité à vraiment se déconnecter.
Après Une Histoire Banale, Audrey Estrougo nous propose La Taularde, drame voulant nous dépeindre l'enfer carcéral féminin. Si l'ensemble des personnages évoqués ne connaîtra pas le développement escompté, le film, porté par un casting et une Sophie Marceau très juste, est suffisamment réaliste et prenant pour s'imposer comme une bonne surprise.
Avec The Beatles, Eight Days A Week : The Touring Years, Ron Howard retrace l'incroyable carrière du plus grand des groupes de rock, à travers des chansons, des concerts, il montre ce que fut cette folie musicale qui s'empara du monde pour ne plus jamais le quitter.
Avec Cézanne et moi, Danièle Thompson s'éloigne du registre comique et s'oriente vers le biopic historique. Servi par le duo d'acteurs Canet/Gallienne, le film nous transporte au XIXème siècle et partage son intrigue entre l'effervescence d'un Paris artistique en pleine mutation et la douceur du soleil de Provence pour décrire avec réalisme l'histoire d'amitié tumultueuse et houleuse qui a uni et déchiré Cézanne et Zola durant près de quarante ans. Mais le projet est-il à la hauteur de ses ambitions ?
Après le très beau Sparrows de l'islandais Rúnar Rúnarsson, Philippe Lesage déplace le curseur sur le spectre des films sur l'adolescence vers un âge encore plus précoce où l'enfant découvre la duplicité de l'homme. Son film , Les Démons est singulier et réussi.
Réalisé par les Mo Brothers, Headshot, le nouveau film avec la star du diptyque The Raid, s'impose comme le film d'action survitaminé et jouissif de l'année.
Le Mystère Jérôme Bosh, documentaire revenant sur l'énigme que représente ce peintre flamand. Passionnant pour les amateurs de l'histoire de l'art qui ne savent que peu de chose du créateur des Jardins des délices.
Après plusieurs échecs artistiques, Oliver Stone retrouve enfin un sujet qui lui sied, celui d'un personnage ancré dans le réel et lui servant à analyser les contradictions d'une Amérique tiraillée par ses démons intérieurs. Et dans le rôle de ce héros des temps modernes, Joseph Gordon-Levitt livre une prestation qui, si elle lui vaut pas un Oscar, révélera au grand jour l'influence de la NSA sur l'Académie.
Dans ce nouvel opus paru aux éditions Fluide Glacial, Boucq envoie le divin au contrôle fiscal et la foi au crash-test burlesque. Résultat : une comédie qui tourne en rond – littéralement – et qui, à force d’absurde, pousse ses effets à leur firmament.
Entre autobiographie et chronique nationale, "Pour quelques miettes de pain" déploie le récit d’une jeunesse façonnée par les secousses politiques d’une Pologne post-communiste. À travers une trajectoire intime, Kasia Babis ausculte les fractures sociales, l’emprise religieuse et les désillusions démocratiques d’un pays en mutation, où grandir revient à apprendre à résister.
B-Gnet et Jocelyn Joret plongent leur bourgade du Midwest dans une foire aux revenants manifestement friande du cinéma populaire des années 1980-1990. Il sert en effet d'adjuvant à un comique volontiers décalé et gourmand en références. Un deuxième tome qui confirme une chose : "Chapatanka" a trouvé sa petite musique, entre parodie débraillée, absurde bonhomme et amour du grand écran.
À travers un trait simple et des mots d’une précision désarmante, "La Garde" racontent un système de santé en tension permanente. Entre conquêtes passées et fragilités présentes, c’est toute une vision du soin qui se dévoile.