Avec Primetime, Lance Oppenheim transforme les dérives d’une émission américaine controversée en thriller trouble et formellement radical, porté par un Robert Pattinson impressionnant.
Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Grand Prix du Jury à Berlin, Félicité est finalement deux films en un. Dans un premier temps, le parcours convenu et linéaire d'une femme dans une ville en proie au chaos mais que l'on voit trop peu pour en profiter; dans un second temps, une histoire d'amour pleine de poésie mais brouillée par une narration confuse et une symbolique absconse. Le tout reste tout de même lié par la réitération de musiques aptes à nous mettre en transe. Qu'a réellement voulu faire Alain Gomis?
Une seule et même femme à quatre âges de sa vie interprétée par quatre actrices dont Adèle Haenel, Adèle Exarchopoulos, Solène Rigot. Le regard porté par Arnaud des Pallières est étrange et puissant à la fois, un mélange de réalité crue et d'admiration. L'éclatement du récit, le refus de donner un sens global à cette histoire en font un objet cinématographique assez unique, qui gagne à être débattu. Orpheline sort en salles le 29 mars.
Un remake live de l'animé culte Ghost in the shell ? Comment s'emparer d'une telle matière et proposer une adaptation qui tienne la comparaison à l'oeuvre originale ? Rupert Sanders a proposé une réponse.
C'est apparemment dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Pour La Belle et la Bête, même si la recette est bonne, il faudrait parfois veiller à la changer.
Il est avant tout essentiel de dire une chose : Going to Brazil est un bon film. Ceci n'était pas un constat évident. Vendu comme un Very Bad Trip féminin, Going to Brazil s'annonçait comme un divertissement formaté tentant en vain de copier les comédies américaines. Il n'en est rien.
London House déçoit par une intrigue peu surprenante et le manque d'originalité de sa mise en scène. Le film avait pourtant un fort potentiel avec une actrice remarquée, Clémence Poesy et des références aussi prestigieuses que Vertigo d'Alfred Hitchcock. En salles le 22 mars 2017.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.