Critiques films

Clayface : le visage de l’autre

"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.

L’Île des souvenirs : jamais deux sans toi

Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.

Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Une page après l’autre : l’école du silence

Premier long-métrage de Nick Cheuk, "Une page après l’autre" détourne le récit d’enquête pour ausculter la violence silencieuse de l’école hongkongaise. Entre pression scolaire, déni des adultes et traumatismes d’enfance, le film propose un regard sensible, parfois trop sage, mais profondément nécessaire.

Amour Apocalypse : s’aimer à la fin du monde

Aimer quand tout semble s’effondrer. Voilà peut-être la devise la plus simple et la plus juste d’Amour Apocalypse. Sous ses airs de comédie romantique faussement légère, le sixième long-métrage d’Anne Émond déploie une œuvre étonnamment sensible, capable de faire cohabiter l’angoisse contemporaine et l’élan amoureux avec une sincérité désarmante. De Cannes à Cabourg, le film a fait circuler de bonnes ondes, laissant surtout l’envie d’y revenir, comme on retourne vers un lieu réconfortant.

Primate : on n’apprend pas à un singe à faire… peur

L'une des premières bonnes surprises de l'année nous vient – encore – du rayon horrifique. Et, sans se mentir, on n'attendait pas grand-chose d'un film d'horreur avec un singe tueur. Preuve que le film de genre n'a pas fini de nous surprendre, "Primate" se révèle être la parfaite série B dont on rêvait. Intense, méchante, sans concession et vraiment effrayante grâce à un singe particulièrement réaliste. On pardonnera donc les quelques facilités et personnages idiots pour se concentrer sur le cœur du film : la terreur et l'angoisse qu'il diffuse, en plus de mises à mort génialement sanglantes et pleines d'idées.

28 ans plus tard : le Temple des morts – l’horreur survit, la peur change de camp

Avec "Le Temple des morts", la saga initiée par "28 jours plus tard" poursuit sa mue en s’éloignant progressivement de la terreur pure pour explorer les fractures idéologiques laissées par l’effondrement. Entre héritage de Danny Boyle, retour des thématiques chères à Alex Garland et passage de relais à Nia DaCosta, ce nouvel épisode privilégie l’introspection et le regard porté sur les survivants, au risque d’atténuer la brutalité qui faisait la force originelle de la franchise. Une œuvre stimulante, parfois trop sage, mais toujours habitée par une ambition émotionnelle et politique rare dans le cinéma post-apocalyptique contemporain.

Greenland : Migration – quand la survie perd son urgence

La survie change d’échelle mais perd en intensité dans "Greenland : Migration". Entre ambitions post-apocalyptiques et road-trip mécanique, le film cherche à élargir son horizon sans jamais parvenir à lui donner du souffle. Mise en scène atone, personnages appauvris et émotion sous contrôle, cette suite avance, mais sans véritable urgence ni destination claire.

Amrum de Fatih Akin et Les Échos du Passé de Mascha Schilinski : Deux enfances pour une même chute

Avec Amrum et Les Échos du passé, deux films allemands explorent la même chute intime : des enfances marquées par l’héritage du silence, la mémoire des lieux et les traumatismes transmis. Entre île et ferme, ces récits se répondent et dévoilent un Heimat sombre où l’histoire façonne les destins.

Le Chant des forêts : une ode enchanteresse au monde sauvage

Avec "Le Chant des forêts", Vincent Munier nous fait découvrir la richesse insoupçonnée d'une forêt vosgienne, dans les yeux du patriarche Michel et de son petit-fils Simon. Une histoire de transmission autant qu'un plaidoyer sensible pour le monde sauvage. Un déferlement continu de beauté pure.

Magellan : l’art du point de vue

Avec "Magellan", Lav Diaz déconstruit le mythe de l’explorateur et dépasse le récit décolonial simpliste. Par un dispositif fragmentaire et contemplatif, le cinéaste interroge la violence coloniale, l’ambiguïté morale des conquêtes et l’impossibilité mélancolique de la rencontre entre les mondes.

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« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ? - Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »

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