"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
Le nouveau "Anaconda" tente une approche méta originale mais se perd rapidement dans une comédie lourdingue et maladroite. Malgré un concept prometteur et quelques idées isolées, le film échoue à faire rire ou frissonner, accumulant clichés, dialogues pauvres et maladresses dignes du nanar.
Elsa, médecin en soins palliatifs au Havre, possède un don qu’elle cache au monde : elle peut entrer en contact avec les défunts au moment de leur passage. Cette capacité, qu’elle met au service des patients en fin de vie, complique pourtant son quotidien et fragilise ses relations. Un jour, après un accident de scooter, elle croise Oscar, un musicien drôle et attachant… que personne d’autre ne semble voir. Comprenant qu’il s’agit d’une présence surnaturelle, Elsa s’abandonne à cette histoire d’amour impossible, aussi lumineuse qu’éphémère. À travers cette romance hors du temps, Alice Vial signe un premier long-métrage sensible et vibrant, où l’humanité, la fin de vie et le merveilleux s’entrelacent avec délicatesse.
Avec "La Femme de ménage", Paul Feig poursuit son virage vers le thriller domestique en adaptant le best-seller de Freida McFadden. Le film met en scène une héroïne précaire piégée dans une maison bourgeoise où domination sociale et emprise patriarcale s’entremêlent. Porté par Sydney Sweeney et Amanda Seyfried, le récit affiche des ambitions féministes fortes, mais peine à instaurer une tension durable et une véritable radicalité de mise en scène.
L'univers des Na’vis s’embrase sous le regard de James Cameron, dont la virtuosité formelle n’est plus à démontrer. Dans "Avatar : de feu et de cendres", la beauté des images et la puissance sensorielle masquent difficilement un récit en perte d’élan, saturé de personnages et d’enjeux esquissés plus qu’incarnés. Un retour à Pandora aussi fascinant que frustrant.
Présenté en compétition officielle à Cannes 2025, "L’Agent secret" de Kleber Mendonça Filho est une œuvre dense et protéiforme mêlant thriller politique, comédie décalée et film de genre. Porté par Wagner Moura et une mise en scène somptueuse, ce film à combustion lente intrigue, dérange et s’impose comme une expérience cinématographique singulière.
Dans La Condition, Jérôme Bonnell orchestre un huis clos oppressant où la domination patriarcale écrase deux femmes que tout oppose, jusqu’à faire naître une sororité inattendue. Un drame féministe tendu comme un thriller, porté par des acteurs au sommet.
"Résurrection" de Bi Gan, présenté à Cannes, mêle rêverie bouddhiste et histoire du cinéma dans une fresque ambitieuse. Virtuosité formelle, références savantes et puissance visuelle composent un film-rêve fascinant mais inégal, dont la beauté hypnotique interroge les limites émotionnelles et narratives du cinéma comme songe.
Le cinéma présente souvent les cowboys comme des héros solitaires, des hommes en souffrance qui peinent à subsister au sein d'un monde à la dérive. En s'attachant à l'histoire d'un père qui a déjà tout perdu, "Rebuilding" dresse le portrait de cowboys déracinés, privés de leur terre et de leur raison d'être. Un beau drame qui redonne foi en l'avenir.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.