"Clayface" est le film du renouveau du DCU : un body horror organique et romantique qui assume son héritage — Cronenberg, Carpenter, Todds jusqu’à "The Substance" — pour faire du visage mutilé le théâtre même de l’identité.
Jo et Raissa, amies depuis l'enfance, se retrouvent propulsées sur Nakali, île mythologique nourrie du folklore philippin, la veille de leur séparation. Pour rentrer chez elles, elles risquent de perdre leurs souvenirs communs. Une amitié touchante et une animation ambitieuse, freinées par un rythme trop pressé.
Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.
"The Shadow’s Edge" marque le retour en grâce de Jackie Chan dans un polar d’action nerveux signé Larry Yang. Entre filature, tension autour de la surveillance et cascades inventives, le film réunit un trio marquant avec Tony Leung Ka-fai et Zhang Zifeng. Un remake énergique où se confrontent tradition, modernité et un spectacle d’action généreux.
L'Arte Kino Festival présente 12 films européens tout au long du mois de décembre. L'occasion de soutenir et de rendre visible, et de manière gratuite, le cinéma d'auteur européen. Parmi la sélection, le très beau film lituanien "Remember to blink" d'Austėja Urbaitė qui explore la question de l'adoption, de l'identité et da différence culturelle avec douceur et cruauté à la fois.
"Jone Sometimes" de Sara Fantova est un film sensible sur le passage à l’âge adulte, porté par l’introspection d’une jeune femme durant la Semana Grande à Bilbao. Entre amitiés, amour, doutes et liens familiaux fragiles, ce récit d’été mêle douceur, silences et souvenirs en formation, capturant l’intensité éphémère de la jeunesse avec pudeur et justesse.
Avec son univers animalier foisonnant, coloré, son duo lapin-renard attachant, son humour et son enquête policière trépidante, sur fond d'un beau message d'intégration et de tolérance, "Zootopie" figure parmi les meilleurs films Disney des années 2010. Dix ans plus tard, nous retrouvons Judy et Nick dans une nouvelle intrigue mettant en danger l'avenir de la cité cosmopolite. Malgré un goût de déjà-vu et un récit moins bien rythmé que son prédécesseur, "Zootopie 2" offre une aventure divertissante grâce à son monde étendu.
Kaouther Ben Hania choisit d'évoquer la tragédie de Gaza à travers le cas d'une petite fille coincée dans une voiture, secourue par le Croissant rouge palestinien. Un traitement sans recul qui ne tarde pas à enfermer le spectateur dans une émotion obligatoire. Déplaisant.
Restauré en 4K, "L’Œuf de l’Ange" de Mamoru Oshii révèle toute la puissance mystique et contemplative de ce film culte. Entre visions gothiques, silence habité et quête de sens, cette œuvre rare explore la foi, le doute et la beauté fragile d’un monde en ruine. Une expérience poétique et hors du temps qui continue de hanter le cinéma.
"Reedland", premier long métrage de Sven Bresser, transforme un paysage rural en espace mental où se mêlent solitude, désir latent et malaise collectif. Entre thriller détourné, portrait psychologique et fable sensorielle, le film explore la fragilité d’un homme et d’une communauté en mutation, portée par une atmosphère dense et une forte identité visuelle.
Le Principe de Wellington de Nathalie Léger : une commande de scénario sur l’aveu devient une enquête vertigineuse sur l’écriture, la vérité et les masques du « je ». Entre anagnorisis tragique, Wittgenstein, Emily Dickinson et imitation des personnages aimés, la narratrice-écrivaine explore les confins du langage et de la fiction, interroge les affres de la création et la culpabilité, et tisse une émouvante apologie de la relation entre frères et sœurs.
« - Eu cartonne of Lucky Strike fore ziss fez en poil de cul !? Tut’moques de moi, l’ami ?
- Yes, my friend. Ten packs ! That’s a very good price for you… »
Tyler Boss et Martin Simmonds reprennent le mythe du Fantôme dans un récit d’enquête où le prestige du spectacle autorise toutes les outrances. Paru chez Urban Comics, ce volume de la collection Universal Monsters doit autant à son atmosphère graphique qu’à sa manière de faire du théâtre un lieu de désir, de peur et de faux-semblants.
Dans "Géographie du rap : Villes et scènes en France et aux États-Unis", le géographe Séverin Guillard étudie les signes et lignes de force qui relient les artistes à leurs villes, ainsi que les inégalités qui séparent les scènes locales des centres de l’industrie musicale. De Lille à Atlanta en passant par Paris, représenter un lieu, c’est aussi revendiquer sa place sur un échiquier complexe.
Dans "Le Parfum des feuilles de thé" (Robert Laffont), Camille Monceaux et Virginie Blancher suivent Akane et Mayumi, deux jeunes femmes qui quittent Tokyo pour reprendre une plantation familiale. Au rythme des récoltes, leur installation devient une histoire de transmission et de choix de vie, non sans doutes.