Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Aquaman, un plongeon kitsch et spectaculaire

Pour tenter de sauver son univers cinématographique, DC sort Aquaman du fond des océans pour le meilleur et pour le pire. D'un côté, James Wan signe une épopée de fantasy terriblement ambitieuse et impressionnante. De l'autre, Aquaman nage dans un océan de ringardise et de kitsch dont seules les abysses ont le secret. Exploration sous marine d'un long-métrage entre deux eaux.

Une affaire de famille de Kore-Eda Hirokazu

Avec une Affaire de famille, Kore-Eda continue de tisser sa toile qui attrape aussi bien l’intime que la société japonaise en pleine mutation, où les hommes perdent des repères mais gardent l’essentiel : l’amour.

Utoya 22 juillet / Un 22 juillet : deux visages de l’attentat d’Oslo

Doit-on tout embarquer le spectateur dans l'horreur des attentats ? Erik Poppe le fait avec Utoya 22 juillet et sa caméra embarquée alors que Netflix produit Un 22 juillet sur ce qui suit l'évènement.

Spider-Man New Generation : un costume psychédélique et universel

La douce litanie qui consiste à dire que les films de super-héros se ressemblent tous, ou qu’ils oublient leurs fondamentaux au profit d’une spectacularité inféconde et numérisée, vient d’être mise à mal par ce nouveau Spider-Man : New Generation qui se révèle être une véritable bouffée d’air frais dans la sphère du genre. L'une des meilleures retranscriptions de l’univers Spider-Man et l’un des films les plus psychédéliques et colorés que l’on ait vu depuis Speed Racer des sœurs Wachowski.

The Happy Prince de Rupert Everett, le portrait d’Oscar Wilde

The Happy Prince de et avec Rupert Everett est un drame tantôt drôle, tantôt émouvant et bouleversant sur le génial, mais conspué Oscar Wilde, peu avant sa mort. Plus qu'un biopic, l'occasion de redécouvrir un des plus grands auteurs et surtout la naissance d'un grand metteur en scène.

Leto de Kirill Serebrennikov : Retour flamboyant sur le rock russe des années Brejnev

Le nouveau film de Kirill Serebrennikov qui a fait grand bruit à Cannes est un film très inventif sur une jeunesse soviétique dont on parle peu, celle du microcosme du rock des années 80. Alors que la bande annonce nous enivre, le propos du cinéaste est assez dilué dans ses propres fulgurances, et le film tourne parfois en rond.

Assassination Nation de Sam Levinson, hack & revenge !

En 2018, la ville de Salem est de nouveau la proie d'une chasse aux sorcières, sauf qu'aujourd'hui elles n'envoient plus des sortilèges mais des "nudes". Avec Assassination Nation, Sam Levinson attaque de manière frontale la bonne vieille morale américaine en racontant l'histoire de 4 amies prises dans la tourmente après un "leak" ayant touché l'entièreté de la ville. Un film peu subtil mais absolument électrisant.

Cassandro the Exotico !, portrait éclatant de la lumière du catch mexicain

Cassandro the exotico ! vous mettra KO par tant de tendresse et d'humanité contenues en son personnage. Immense catcheur mexicain, Cassandro a su s'imposer avec ses propres codes dans un milieu machiste. Le documentaire réalisé par Marie Losier sur sa belle personne, donne une envie folle de le rencontrer et d'entendre de vive voix toute cette force dont il fait preuve constamment pour remonter sur le ring et être lui même. Malgré les blessures, il rayonne.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.