Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Akira de Katsuhiro Ôtomo : la lueur du numéro 28

La ressortie 4K d'Akira dans nos salles de cinéma est l'un des évènements phares de cet été 2020. Une claque d'autant plus vertigineuse qu'elle reste toujours autant d'actualité.

Mignonnes, devenir femme quand on a deux cultures

La réalisatrice franco-sénégalaise Maïmouna Doucouré nous propose avec Mignonnes, un film curieux qui pourra gêner le public - notamment masculin - parce qu'on y voit des pré-adolescentes dans des postures et tenues hyper-sexualisées. Il faudra aller au-delà de cet embarras premier pour comprendre l'histoire d'Amy, jeune fille de 11 ans intégrant une troupe de danseuses de son collège, les Mignonnes, qui imitent les chanteuses de RnB en s'initiant au twerk. Au sein de son foyer, Amy doit aussi faire face à un bouleversement : son père, polygame, reviendra prochainement d'Afrique avec sa seconde épouse... C'est la propre mère d'Amy qui doit tout préparer pour le nouveau couple.

Effacer l’historique : aussi absurde que notre monde moderne

Effacer l'historique est la nouvelle plongée "wtf" de Gustave Kervern et Benoit Delepine dans notre monde moderne. Ils le font avec beaucoup d'absurdité, mais n'ont pas à chercher bien loin le non sens qui occupe chaque moment de nos vies connectées. Une petite pépite qui de ne dit rien moins que "mieux vaut en rire qu'en pleurer". Bien sûr, ça ne fait pas toujours mouche et quelques longueurs sont à déplorer, mais le quotidien est idéalement croqué par les deux réalisateurs. En salles le 26 août 2020.

Eva en août de Jonas Trueba : à la recherche du bonheur

Eva en août de Jonas Trueba est une petite pépite. Poétique et terriblement rafraîchissant, ce portrait de femme est l’un des plus beaux regards que nous offriront les salles de cinéma lors de cet été 2020. 

L’infirmière de Kôji Fukada : sous le calme couve la tempête

Le cinéma japonais s’étoffe d’un solide élément avec Kôji Fukada. Son Infirmière confirme un talent, et un goût pour des films ambigus, un peu mystérieux, qui laissent le spectateur avec des questions.

The Perfect Candidate : une incursion presque documentaire en Arabie saoudite

Critique de The Perfect Candidate (sorti le 12 août 2020) : Maryam, médecin saoudien, décide de se présenter aux élections municipales de sa ville, mais la présence d'une femme candidate fait grincer des dents dans une société dominée par les hommes. Avec une mise en scène épurée et très efficace, la réalisatrice Haifaa Al-Mansour signe un film à voir.

The Crossing : un passage vers l’âge adulte entre les deux visages de la Chine.

Critique de The Crossing (sorti le 12 août 2020) : Peipei est une adolescente qui pour se faire de l'argent accepte de passer illégalement des téléphones de Shenzhen à Hong Kong. Le trafic est en apparence facile et sans conséquences, mais chaque passage supplémentaire la mènera vers une meilleure compréhension de son incursion dans la délinquance... et surtout vers un passage à l'âge adulte. Avec une réalisation très soigné, Bai Xue nous livre un film dépeignant les deux visages de la Chine.

Greenland, le dernier refuge : Apocalypse à échelle humaine

En se focalisant sur la trajectoire d’une famille américaine meurtrie par un cataclysme sans précédent, Greenland parvient à conjuguer avec habileté drame intimiste et grand spectacle propre au blockbuster. Si les deux heures de chaos sont inégales et les effets spéciaux de qualité aléatoire, Ric Roman Waugh, qui aborde la thématique si actuelle du confinement, s’intéresse ici à la psychologie des personnages en crise et maintient la tension constamment alimentée par l’urgence.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.