Critiques films

Mortal Kombat II : Flawless Surrender

Le tournoi était la promesse manquante du reboot de 2021, son péché originel, la colonne vertébrale mythologique de la franchise réduite à une note de bas de page. "Mortal Kombat II" arrive donc chargé d'une dette et d'un espoir sincère : non pas que le film soit grand et révolutionnaire, mais qu'il sache enfin ce qu'il veut être. Warner Bros. avait misé gros sur l'événement, repoussant la sortie de plusieurs mois pour lui donner toute l'envergure d'un blockbuster estival. Mais dans l'histoire de cette franchise au cinéma, savoir ce qu'on veut sans savoir comment le faire, c'est une fatalité qui se répète.

Mon grand frère et moi : portrait d’un homme encombrant

Que reste-t-il d'un homme après sa disparition ? Des objets éparpillés, quelques photos jaunies, et surtout les souvenirs contradictoires de ceux qui l'ont connu. Ryōta Nakano filme ce qui subsiste dans les interstices du deuil : cette étrange cohabitation entre rancœur et tendresse, entre le besoin d'oublier et l'urgence de comprendre. "Mon grand frère et moi" est une enquête intime sur l'absent, menée par ceux qu'il a laissé derrière lui.

Die My Love : Au bord de soi

Dans "Die My Love", Jennifer Lawrence incarne une femme en déséquilibre dans l’Amérique rurale, filmée par Lynne Ramsay comme une expérience sensorielle assez radicale. Entre maternité, isolement et dérive intime, le film refuse tout parti pris pour mieux nous faire ressentir l’effondrement de l’intérieur.

Séjour dans les monts Fuchun : L’irrésistible errance

Dans Séjour dans les monts Fuchun, le virtuose Gu Xiaogang déplie, à la manière d’un rouleau de peinture ancienne, une chronique familiale sur trois générations et quatre saisons sur fond de mutations de la Chine urbaine. Incontestablement, le grand film de ce début d’année.

Underwater, de William Eubank : sous-Alien des profondeurs

Une station sous-marine, une poignée de survivants, des bestioles, du sang et de la claustrophobie, voilà le postulat de base de cet Underwater, de William Eubank, film qui lorgne allègrement sur de glorieux prédécesseurs mais ne fait que cumuler les défauts.

Un vrai bonhomme de Benjamin Parent : la présence de l’absence sur la vie d’un adolescent

Un vrai bonhomme est le premier film de Benjamin Parent. Il en signe aussi le scénario avec Théo Courtial. Tom et Lucas sont deux frères inséparables mais en réalité l'aîné, Lucas, est décédé, et Tom a toujours l'impression de l'avoir à ses côtés pour l'épauler. Tom devra se libérer de ce fantôme pour devenir lui-même.

1917 de Sam Mendes : une tragédie en plan-séquence

Sam Mendes signe un drame viscéral et virtuose dédié à son grand-père, combattant de la Première Guerre mondiale. Voyage épique et tumultueux tourné en plan-séquence, 1917 met en scène deux jeunes soldats britanniques amenés à contourner les lignes ennemies pour transmettre un message crucial et tenter d’empêcher un massacre. Un film de guerre à la fois grandiose et intime déjà couronné aux Golden Globes.

L’adieu de Lulu Wang : le fardeau du mensonge

Avec L’Adieu, Lulu Wang nous propose une douce comédie dramatique sur la famille et le deuil, qui en dépit de son très bon casting (excellentes Awkwafina et Zhao Shuzhen), ne trouve jamais le ressort suffisant pour faire surgir son émotion. 

Les filles du Docteur March de Greta Gerwig : une grande cinéaste est en marche

Même en n’ayant pas vu les autres adaptations de ce classique, on peut craindre la naphtaline et les petites maisons dans la prairie, rien qu’avec avec ce titre : Les Filles du Docteur March. Pourtant, la cinéaste américaine Greta Gerwig réussit la gageure de réaliser un film étonnamment moderne, en plus d’être beau.

Le lac aux oies sauvages, de Diao Yinan : un polar et quelques signes

Dans le ventre de la Chine, des paysages de ruelles crasseuses, d'arrière salles où une superbe photo matérialise une dépression collective, la poésie, fille de l’abstraction, perle à travers une fine couche de nuages. La rencontre dans une gare des deux protagonistes, un soir de pluie, donne le ton d'un récit structurellement dépaysant, bien que nourri de polars occidentaux: Diao Yinan est lui aussi hanté d'obsessions, d'images et de gestes des films des années 40 et 50 qui nourrissent ce Lac aux oies sauvages d'atmosphères étalant sa mise en scène dans de grandes nappes aussi contemplatives qu'envoûtantes.

Play d’Anthony Marciano : l’amour des souvenirs

Avec son dernier film Play, co-écrit avec Max Boublil, Anthony Marciano nous invite, dans un kaléidoscope d’images qui sent bon la nostalgie, à faire un retour vers le passé et nous offrir une comédie romantique qui effleure avec passion le temps qui passe et les effluves libertaires de la jeunesse. 

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