Critiques films

On l’appelait Robin des Bois : la dette de sang

Robin des Bois n'a jamais été héroïque. Michael Sarnoski le prouve avec un Hugh Jackman bouleversant dans un film de rédemption âpre, loin de toute adaptation romanesque. Un récit à deux vitesses, violent puis contemplatif, qui gratte sous la légende pour retrouver l'homme, et ce qu'il doit à ses morts.

André is an Idiot : le dernier cri d’un condamné

On connaît tous un André. Ce type qui blague sur tout, qui vit à fond, qui remet au lendemain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. "André Is an Idiot", prix du public à Sundance 2025, raconte comment cet homme-là a appris, trop tard et avec humour, ce que mourir veut vraiment dire.

La Bataille de Gaulle – J’écris ton nom : l’ennemi de la Résistance

"La Bataille de Gaulle : J'écris ton nom" referme le diptyque consacré au général. Le film gagne en clarté par rapport à "L'Âge de fer", mais reste pris au piège de son admiration pour De Gaulle. Ses meilleurs moments restent le duel d'égos avec Roosevelt, qui veut placer la France libérée sous tutelle américaine, et l'ascension de Leclerc vers la libération de Paris.

Louloute d’Hubert Viel : retour en enfance

Hubert Viel propose avec son troisième long métrage, Louloute, un retour aux sources du mal-être pour tenter de l'éradiquer. Une femme en crise revisite son enfance et décide de n'en garder que les jours heureux. Son personnage d'enfant plane alors dans un entre deux qui permet la rencontre fragile entre le soi enfant et l'adulte qu'on est devenu. Le réalisateur laisse libre court à l'imaginaire tout en encrant son récit dans un réel social et politique au cœur des années 80.

France de Bruno Dumont : la reine mise à nu

Bruno Dumont poursuit avec France une filmographie complexe, labyrinthique. Une filmographie à taille humaine, parfois incomprise, dans laquelle il brouille sans cesse les pistes. Cette fois, c'est de nouveau avec l'image d'une actrice qu'il joue (après Juliette Binoche notamment), s'amusant à nous entraîner sur un chemin pour finalement en bifurquer totalement. Le réalisateur dit pourtant de France qu'il est un de ses films les plus "simples" (en opposition au plus ténu Jeanne, son précédent long métrage). C'est un portrait au vitriol, parfois redondant, souvent caustique, parfois émouvant, mais surtout faussement ridicule. Une satire du journalisme TV. Un portrait que Christophe était venu sublimer de sa musique et de sa voix. A voir en salles dès le 25/08/2021 après sa présentation à Cannes début juillet.

La Loi de Téhéran, de Saeed Roustayi : à bout de souffle

Si les conditions de tournage éprouvantes et la défiance des autorités rapprochent Roustayi de ses illustres compatriotes, le choix du polar, le sujet (la lutte contre la drogue) et le rythme haletant du film lui confèrent assurément une singularité. Le cinéaste est encore un diamant brut, et sa Loi de Téhéran n’est pas dépourvue d’erreurs de jeunesse, mais son parcours est à suivre de très près, désormais.

Passion simple de Danielle Arbid : l’impossible adaptation d’Annie Ernaux

Passion simple de Danielle Arbid, malgré l’adaptation du livre d’Annie Ernaux au 21e s., reste globalement fidèle à ce dernier. Une erreur sans doute, puisqu’il ne reste rien de la beauté de la prose de l’écrivaine, sans non plus qu’une plus-value cinématographique soit patente. Passion simple est un film aux grandes ambitions, mais maladroitement réalisé.

OSS 117: Alerte rouge en Afrique noire, de Nicolas Bedos : le grand malaise

Présenté en cérémonie de clôture de cette 74e édition du Festival de Cannes, le troisième volet des aventures d’OSS 117 était attendu au tournant. 12 ans après Rio ne répond plus, comment le héros le plus « détestablement français » a-t-il vieilli ? Une suite ratée enchaînant les moments de malaise, où le deuxième degré du personnage ne semble que la caution d'un message provocateur et réac bien plus premier degré.

True Mothers, de Naomi Kawase : une œuvre trop personnelle ?

Est-ce l’absence de recul par rapport à ce récit qui résonne intimement qui explique les faiblesses du film ? Maniériste et lacrymal à l’excès, True Mothers de Naomi Kawase prend le spectateur par la main et emprunte pendant plus de deux longues heures des chemins mélodramatiques usés. La sincérité et la sensibilité habituelles de la réalisatrice ont cette fois accouché d’une œuvre terriblement gentillette et fade.

Old : la (méchante) rechute de M. Night Shyamalan

Old est un nanar corsé. Tout y est foireux, et strictement rien ne fonctionne : scénario, mise en scène, photographie, décors, interprétation. Cerise sur le surströmming, on a beau se poser la question maintes fois en cours de projection, impossible de savoir s’il faut prendre ce film au sérieux ou s’il s’agit en réalité d’une expérimentation d’un apprenti cinéaste au lendemain d’une soirée très arrosée.

Digger : quand Georgis Grigorakis explore les cavités de la société grecque

Digger est un film plus complexe qu’il n’y paraît. Derrière son interprétation personnelle du fils prodigue, le cinéaste Georgis Grigorakis, évoque différentes problématiques sans manichéisme, dont la difficulté à trancher entre les méfaits d’un capitalisme effréné, et l’impossibilité de lui tourner complètement le dos, sous peine de sombrer dans la précarité.

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