Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
Plus besoin de citer le drame lyrique qu'est West Side Story, bouleversant récit shakespearien. D'abord fulgurant dès sa première adaptation en 1961, avec pas moins de 10 récompenses aux Oscars, il fut par la suite classé dans les 100 meilleurs films américains selon l'American Film Institute. Un classique du genre qui n'empêche pas à notre réalisateur préféré de relever le défi haut la main. Il devient de plus en plus évident que dès qu'une œuvre est signée de son nom, celle-ci naît d'office avec l'intention de marquer.
Red Rocket est un film explosif et corrosif qui expose les travers de l'Amérique de Donald Trump. Sean Baker parvient à insuffler de la drôlerie dans le portrait sans complaisance qu'il dresse de son héros, Mikey Saber, un homme-enfant aussi immature qu'imprévisible. Le film se situe à l'intersection de plusieurs genres qu'il dynamite joyeusement.
Le fantôme est culturellement un défunt à qui on doit régler une dette. Ceux de Ghostbusters : l'héritage sont des âmes perdues, mais tout comme les historiques, ceux d'un autre Monde amené à prendre le pouvoir. On ne peut pas leur promettre une sépulture ou une prière, seulement les chasser. De ce rapport de force naissent les situations les plus comiques et spectaculaires qui ont fait la légende d'une saga courant après son « vrai » 3 perdu après le terrible et décevant film de Paul Feig, mais aussi l'idée du plus beau CGI de l'année ciné qui s'achève.
Soyez en forme si vous voulez embarquer dans le nouveau délire de Kirill Serebrennikov : virées nocturnes et nuits d'ivresse pour un scénario qui mêle indistinctement réalité et fantasmatique.
Lingui, les liens sacrés est un film tchadien réalisé par Mahamat-Saleh Haroun. Il y raconte la vie d'une femme célibataire, rejetée par la société, et de sa fille de seize ans, enceinte, obligée de quitter le lycée. Toutes deux vont être confrontées à la question de l'avortement clandestin et renforcer le lien ("lingui" en tchadien) qui les unit. Un film brut, percé d'ellipses, qui fait écho à la sortie récente de L'évènement. A voir en salles à partir du 8 décembre 2021.
Pedro Almodovar signe avec Madres Paralelas une œuvre intime, souvent excessive, et liée à l'histoire de son pays. Une histoire de naissances, de morts et surtout de femmes, intimement liée à la quête des origines, d'un passé qui permettra enfin d'avancer. En salles le 1er décembre !
Avec « Petite Solange », Axelle Ropert propose un film qui assume son aspect tragique. Si les intentions sont là, le film reste trop et, en même temps, pas assez.
Dans Les Mots de Taj, Dominique Choisy retrace à l'envers le périple de son fils adoptif ayant fui l’Afghanistan à l’âge de quatorze ans. De l’urgence du départ de Kaboul au danger des routes clandestines, le réalisateur de Ma vie avec James Dean raconte chaque douloureuse étape d’un pèlerinage sensible aux frontières de l’Europe, à travers le regard profond et clairvoyant d’un jeune homme sur l’enfant vulnérable qu’il a été. Un témoignage précieux, rare, à la fois intense et vital, qui dénonce le cynisme d’un monde moderne encore incapable de faire face à la réalité des réfugiés.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.