Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.
Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.
Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.
La Nuit du 12 pourrait bien être le meilleur film de Dominik Moll à ce jour. Le cinéaste atteint un niveau de maîtrise de son art, avec un beau film minimaliste mais sous tension.
François Ozon s'essaye, de nouveau, à l'exercice périlleux de l'adaptation littéraire. Cette fois, il s'attaque au cinéma du grand Fassbinder en adaptant sur grand écran Les Larmes amères de Petra van kant. Le résultat est mitigé tant le film interroge, alternant entre le mélo superficiel et le "too much" assumé.
Après l'excellent Toy Story 4 sorti en 2019, Disney Pixar prolonge la franchise avec Buzz l'éclair, un spin-off dédié à l'histoire du plus célèbre ranger de l'espace. Buzz l'éclair, récit d'aventure initiatique multi-référencé, séduit par son animation, son humour et ses enjeux existentiels. Bon divertissement, il manque cependant un peu d'émotion et de créativité pour séduire pleinement.
Déployant une photographie éclatante, le cinéaste Banjong Pisanthanakun opte pour le dispositif du faux-documentaire pour nous conter un exorcisme thaï écrit par Na Hong-jin. Un procédé qui se révèlera confus malgré une Thaïlande inspirante.
Avec Les goûts et les couleurs, Michel Leclerc livre un film d'émancipation féminine et d'authenticité à l'image de sa filmographie : sincère, drôle et touchante. On y retrouve avec un grand plaisir les voix et le jeu de Judith Chelma et Rebecca Marder dans la peau de deux chanteuses que plusieurs générations séparent et qu'un album commun rassemble.
Avec I’m your man , et après la mini-série The Unorthodox, Maria Schrader confirme ses talents de réalisatrice avec un joli film qui pose des questions essentielles sans chichi, mais sans mièvrerie non plus.
A l'occasion de la ressortie au cinéma du Pacte des loups (2001) en version longue et restaurée (4k), nous consacrons une critique à cette œuvre mémorable qu'on doit au réalisateur Christophe Gans. En effet, autant le sujet (la Bête du Gévaudan), le casting (Samuel Le Bihan, Vincent Cassel, Monica Bellucci, Mark Dacascos, Jérémie Renier, Emilie Dequenne), les décors, l'exploration sociale de la France rurale sous Louis XV, la complexité de l'intrigue que l'ambiance sombre et mystérieuse font de ce long-métrage un film qui marque, qu'il nous ait plu ou non.
All Eyes off Me de Hadas ben Aroya est un film frontal intelligent et sensible qui explore le plus intime de sa protagoniste, pas forcément là où on l’attend
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.