Critiques films

C’est un navet ? C’est un étron ? Non, c’est Supergirl !

Pourtant rompu aux films mettant en scène des outsiders et des femmes fortes, Craig Gillespie rate complètement le coche avec son "Supergirl" qui n'arrive jamais à n'être plus qu'un banal épisode "filler" laid et inconséquent dans un univers étendu DC pourtant en pleine croissance. Désespérant.

On l’appelait Robin des Bois : la dette de sang

Robin des Bois n'a jamais été héroïque. Michael Sarnoski le prouve avec un Hugh Jackman bouleversant dans un film de rédemption âpre, loin de toute adaptation romanesque. Un récit à deux vitesses, violent puis contemplatif, qui gratte sous la légende pour retrouver l'homme, et ce qu'il doit à ses morts.

André is an Idiot : le dernier cri d’un condamné

On connaît tous un André. Ce type qui blague sur tout, qui vit à fond, qui remet au lendemain ce qu'il devrait faire aujourd'hui. "André Is an Idiot", prix du public à Sundance 2025, raconte comment cet homme-là a appris, trop tard et avec humour, ce que mourir veut vraiment dire.

Entre les vagues : Préparez vos mouchoirs

Si vous ne connaissiez pas encore le nom d'Anaïs Volpé, Souheila Yacoub et Déborah Lukumuena, Entre les vagues devrait vite vous les faire connaître. En racontant l'histoire de deux jeunes amies prêtes à tout pour vivre leurs rêves, le film réussit autant à émouvoir qu'à forcer le respect (cinématographique).

Rien à foutre d’Emmanuel Marre et Julie Lecoustre, décollage immédiat

Rien à foutre est un titre qui annonce la couleur. Sous les traits lumineux de l’excellente Adèle Exarchopoulos, les cinéastes dessinent avec talent une jeunesse désenchantée, minée par une société de plus en plus mercantile et individualiste.

Belfast, de Kenneth Branagh : nostalgie et naphtaline

Si le film transpire l’amour sincère pour la ville, la nostalgie de Branagh a ôté aux images de son enfance toute l’âpreté qu’exigeait la période historique dans laquelle elles s’inscrivent. Bien trop policé, Belfast se présente dès lors comme un drame familial très gentillet, dont l’empreinte demeure superficielle. C’est bien connu, la nostalgie embellit toujours le passé.

The Batman de Matt Reeves : The Dark Nietzsche

The Batman apparaît, à l'issue de ces 3h quasi homériques, comme un film plein de cinéma jusqu'à la gueule. Mais au-delà de ce simple constat qui lui permet déjà de se hisser au-dessus de la mêlée super-héroïque, The Batman est surtout une brillante réadaptation de l'icône qui le confronte enfin à un abîme empli de désespoir et de nihilisme.

Big Bug : voyage en absurdie

Pour celles et ceux qui connaissent la filmographie de Jean-Pierre Jeunet, Big Bug aura de quoi les étonner. Le huitième long-métrage du réalisateur pousse jusqu'au paroxysme les caractéristiques qui ont fait le succès de son réalisateur. L'œuvre oscille, en effet, entre plusieurs genres, allant de la captation théâtrale au film de science-fiction classique.

Un autre monde : Lindon et Brizé toujours en guerre contre le système

Après La Loi du marché (2015) et En Guerre (2018), Stéphane Brizé clôt avec Un Autre monde le dernier chapitre d'une trilogie consacrée au monde de l'entreprise. Un nouveau dilemme moral s'offre à Vincent Lindon, enfin au personnage qu'il incarne. Après avoir cherché un emploi, combattu pour sauvegarder son usine, l'acteur incarne cette fois un patron qui doit licencier, pour la seconde fois en très peu d'années, une partie de ses salariés au nom de la rentabilité du grand groupe qui l'emploie. Un film marqué par la solitude et le besoin de redéfinir l'humanisme pour se (re)construire.

Uncharted de Ruben Fleischer : quand adaptation rime avec trahison (et déception)

Sans doute est-ce là la conséquence d’une production à ce point chaotique qu’elle aura duré pas loin de 15 ans et aura mis sur les rotules au moins 5 réalisateurs et un Mark Whalberg qui a ainsi perdu possiblement le rôle de sa vie ; mais l'adaptation tant attendue d'Uncharted s'avère être un spectaculaire ratage. Plat, uniformisé et terriblement conventionnel, la mouture signée Ruben Fleischer est hélas la nouvelle preuve qu'Hollywood ne sait pas comment adapter un jeu vidéo.

Moonfall de Roland Emmerich ou l’ironique autodestruction du Master of Disaster

Jadis maitre incontesté du genre, force est d'admettre que Roland Emmerich a définitivement perdu de sa superbe avec Moonfall, projet de longue date qui échoue à peu près à tous les niveaux, tant derrière ses atours de série B qui vise le kamoulox comme ligne directrice, se cache un blockbuster vide, laid et incroyablement laborieux.

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