Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

Wild Men, de Thomas Daneskov : peaux de bêtes, cœur d’homme

Film danois se déroulant dans les forêts norvégiennes, Wild Men, de Thomas Daneskov, parvient à un subtil équilibre entre comédie et drame, ré-haussé par une réflexion sur notre rapport à la nature. Sortie sur nos écrans le 24 août

Vesper Chronicles : une petite fable SF d’une ambition folle

Si vous en avez marre des blockbusters hollywoodiens fades et sans âme, tournez-vous vers Vesper Chronicles. Une fable SF du cinéma européen bluffante, à la plastique et à l'ambition aussi démesurée que la concurrence américaine à gros budget.

La Verónica de Leonardo Medel : Un Je dangereux

La Verónica  avance masqué, en mettant en scène une influenceuse célèbre qui cache une femme aux multiples visages et aux nombreux secrets.

Rashōmon : Usual suspect au pays du soleil levant

Il y a soixante-dix ans, un cinéaste japonaise encore peu connu triomphait au Festival de Venise. Il s'appelle Akira Kurosawa. Avec Rashomon, ce dernier rentre dans l'histoire du cinéma mondial en imposant une oeuvre aussi philosophique que dérangeante.

Bullet Train : cluedo ferroviaire déjanté

Bullet Train propose un concentré d'action, de violence et d'humour noir servi avec une atmosphère japonaise savoureuse. Huis clos ferroviaire où surgit un véritable nid d'assassins, le film lance un jeu de piste meurtrier au sein du train le plus rapide au monde. Malgré ses longueurs verbeuses, Bullet Train offre un divertissement très délirant et plutôt convaincant avec un Brad Pitt sous stéroïdes.

Les Nuits de Mashhad : Le(s) démon(s) de minuit

Les Nuits de Mashhad fait partie de ces films qui vous hantent. Le genre d'oeuvre coup de poing dont on se remet difficilement. En revenant sur l'une des affaires criminelles les plus médiatisées d'Iran, Ali Abbasi conçoit une oeuvre qui alterne entre le thriller social et le documentaire politique sur la condition des femmes (de tous les pays). Nécessaire.

La Petite Bande: la joie enfantine d’être ensemble

Cinq ans après la comédie dynamique qu'a été En Liberté !, Pierre Salvadori revient avec une nouvelle petite bombe ou plutôt La Petite Bande. Un film d'enfance, de combat, de délires qui raconte la joie d'être ensemble. Un film avec des enfants, mais sans niaiserie, bref un grand film sur l'enfance.

Thor Love and Thunder de Taika Waititi : plus enclume que marteau

Devenu l'objet de moqueries après son rôle de bouffon dopé aux hamburgers dans Avengers Endgame, il était grand temps que le Dieu du Tonnerre subisse un petit ravalement de façade à l'aune de son 4ème film en solo, une première chez Marvel. Et c'est la tête pensante du dernier opus de la saga, Taika Waititi, qui revient insuffler tout son humour, sa désinvolture et ses envies de cinéma régressives à ce bien-nommé Thor Love And Thunder. Le tout pour un résultat pas loin de la catastrophe tant il agit en redite poussive, désincarnée et faussement cool de Thor Ragnarok.

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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.