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« Lee Horn » : l’homme qui n’était jamais du bon côté de la frontière

Avec "Lee Horn : Le Fantôme de Wounded Knee", Philippe Thirault et Gilles Mezzomo font courir une même violence de l’Ouest américain aux Philippines, avant de la ramener dans les rues de New York. Derrière les habits du western et le moteur assez classique de la vengeance, leur album sonde surtout le destin de Lee Horn, un homme successivement adopté, déplacé, enrôlé, amoureux et endeuillé, qui aura passé sa vie à chercher une place dans des mondes qui ne savaient que faire de lui.

« Post Mortem » : Zoé et ses fantômes loquaces

Dans "Post Mortem", Zoé voulait seulement tricher à un contrôle d’histoire. En invoquant quelques grands noms du passé, elle a surtout ouvert la porte à une bande de fantômes envahissants. Et à une succession de gags qui vise d’abord les jeunes lecteurs.

Le monde s’est-il créé tout seul ? Entretiens avec des scientifiques

Henri Atlan « Votre question revient en fait à se demander par quoi les sociétés humaines sont animées. D’un côté nous avons affaire à des systèmes mécaniques, où les processus se déroulent de manière impersonnelle ; mais de l’autre, ce qui se passe dans la tête d’un certain nombre d’individus, ou dans leurs œuvres, leurs discours, transmis à d’autres de façon au moins partiellement consciente, peut jouer un rôle déterminant. Autrement dit, comparées aux sociétés animales, les sociétés humaines ont des propriétés spécifiques qui les font évoluer d’une manière nouvelle et beaucoup moins prédictible – plus créative pourrait-on dire -, où des facteurs originaux, liés aux phénomènes de conscience personnelle et de linguistique, donnent l’illusion d’un libre arbitre et d’une maîtrise possible de nos choix. »

« Interdire de voir » : au cœur de la censure française

Le sociologue Arnaud Esquerre s'intéresse à la Commission de classification des films. Quelles sont ses racines ? Qui sont les membres qui la composent ? Comment garantissent-ils la préservation de la jeunesse ? Où commencent les interdictions et où s'arrête la liberté d'expression ?

« Dictionnaire Terrence Malick » : mettre des mots sur un cinéma ineffable

Chez Lett Motif paraît un dictionnaire consacré au cinéaste Terrence Malick. Damien Ziegler identifie et classe les motifs et occurrences les plus caractéristiques du réalisateur, verbalise ce qui les nourrit et parvient à restituer les singularités d'un auteur aussi rare que commenté.

« Nosferatu contre Dracula » : l’heure des comtes

De Bram Stoker à Friedrich Wilhelm Murnau en passant par Tod Browning ou Charles Matton, de Max Schreck à Christopher Lee en passant par Béla Lugosi, Olivier Smolders raconte la lente gestation de Nosferatu/Dracula, sa plasticité et son évolution à travers le temps - des rumeurs populaires au cycle de la Hammer Film Productions. Il en dégage quelques motifs récurrents, mais aussi des sens cachés.

Mélanie Boissonneau : « Les pin-up sont un véritable objet filmique, d’un point de vue esthétique et narratif »

Après avoir décortiqué la pin-up à l'époque du pré-code Hays dans un ouvrage foisonnant, Mélanie Boissonneau revient pour Le Mag du Ciné sur ses différentes représentations, son apport au genre horrifique ou encore son avenir... Comme à son accoutumée, l'universitaire déconstruit les clichés pour mieux extirper le sens profond de ces figures féminines pas tout à fait comme les autres.

« Batman » : sous le masque, l’ambivalence

Dans « Batman », Dick Tomasovic ne fait rien d'autre que scruter derrière le costume du super-héros. Qu'est-ce qui l'oppose à Spiderman et le rapproche de Sherlock Holmes ? En quoi est-il clownesque, ténébreux ou workaholic ? Quelle est la juste mesure de sa plasticité ? L'ouvrage est fluide, dense et passionnant ; les réflexions qu'il porte en son sein sont exemplifiées à travers toute une série d’œuvres mettant en scène le Chevalier noir.

« Qu’est-ce qu’un geste politique au cinéma ? » : entre tensions et intentions

Véronique Campan, Marie Martin et Sylvie Rollet posent une question inépuisable : qu'est-ce qu'un geste politique au cinéma ? Les trois enseignantes (parmi d'autres) y répondent par une série de textes nous renvoyant à Jean-Luc Godard, Fritz Lang ou Wang Bing, tout en se plaçant sous le patronage de Giorgio Agamben, Gilles Deleuze ou Aristote.

Une journaliste, deux cinéastes : Huston et Truffaut vus par Lillian Ross

Carlotta Films nous invite, dans deux opuscules leur étant consacrés, à redécouvrir François Truffaut et John Huston, sous la plume de Lillian Ross et à travers une succession d'articles. Au programme : des anecdotes, quelques mots sur la personnalité des deux réalisateurs, mais aussi un amour immodéré et une passion communicative pour le septième art.

« Gravité » : Billy Wilder en plan d’ensemble

Le critique de cinéma Emmanuel Burdeau nous livre Billy Wilder en plan d'ensemble. Un plan d'ensemble lui-même composé de multiples inserts : sur les rapports du cinéaste au mouvement, à la mort, à la musique, à la langue, à l'histoire, à Lubitsch, mais aussi à la gravité, qui prête son nom à l'ouvrage. Une étude minutieuse où le sens - des images, des propos, des objets - n'apparaît souvent que par agglomération(s).

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« Foucault disparaît » : suivre une pensée en mouvement

Dans "Foucault disparaît", Paul Auer et Benoît Schupp ne résument pas l'œuvre du sociologue et philosophe français : ils racontent un homme happé par les livres autant que par les luttes de son temps. À l’occasion du centenaire de sa naissance, ce roman graphique fait du mouvement intellectuel, politique et physique (la Tunisie, par exemple) le fil rouge d’un portrait nécessairement partiel.

« Propaganda » : le consentement par les mots

Dans "Propaganda, l’art de manipuler l’opinion", Françoise Ruscak et Maxime Belloche transforment l’essai d’Edward Bernays, paru en 1928, en un récit dessiné accessible et malicieusement dialogué. Une jeune stagiaire en communication y rencontre le fantôme du théoricien des relations publiques : l’occasion d’éprouver ses idées à l’aune d’un siècle de bouleversements médiatiques.