Le Dictionnaire du Cinéma Japonais, outil de découvertes cinématographiques

Deux ans après le coffret consacré à L’Âge d’Or du Cinéma Japonais, les éditions Carlotta nous proposent un Dictionnaire du Cinéma Japonais qui va vite se révéler indispensable au cinéphile avide de découvertes.

dictionnaire-cinema-japonais-pascal-alex-vincent-sortie-livre-nagisa-oshima
Nagisa Oshima

« Ce Dictionnaire des cinéastes japonais se veut un ouvrage consultable par tous. Il présente cent un cinéastes ayant œuvré entre l’apparition du parlant (début des années 30) et l’affaiblissement du système des studios (les années 70). Cent un cinéastes traités non pas par des spécialistes (« officiels » ou auto-proclamés) mais par des amateurs (du latin amator : personne qui aime). Chaque rédacteur s’est ainsi vu offrir carte blanche pour donner envie au lecteur de découvrir l’œuvre d’un cinéaste de son choix, en toute subjectivité. Les « déploreurs » professionnels regretteront comme toujours l’absence de tel réalisateur ou de tel film pourtant jugé incontournable. Mais gageons que le public qui aime le cinéma ira de découverte en découverte à travers ce dictionnaire, qui met en avant une cinématographie souvent éblouissante et aujourd’hui à portée de main, enfin. »

Ainsi s’exprime Pascal-Alex Vincent dans l’avant-propos de ce très beau livre qui sera vite indispensable au cinéphile curieux et avide de découvertes. Réalisateur de courts et de longs métrages, enseignant au département Cinéma et Audiovisuel de l’université Paris 3, Pascal Alex Vincent a aussi assuré la distribution en France de plus d’une centaine de classiques du cinéma nippon, permettant au public de l’Hexagone de découvrir des films méconnus de Mizoguchi, Naruse, Ichikawa… C’est donc à lui qu’a été confiée la direction de l’équipe d’une vingtaine de rédacteurs qui ont travaillé sur ce dictionnaire.

dictionnaire-cinéma-japonais-pascal-alex-vincent-sortie-livre-kenji-mizoguchi
Kenji Mizoguchi sur le tournage de Contes de la Lune Vague après la pluie

Le principe de ce Dictionnaire du Cinéma Japonais est donc clair : permettre de découvrir des cinéastes qui, pour une majorité d’entre eux, nous restent mal connus (quand ils sont connus). Bien entendu, il y a des articles consacrés à Akira Kurosawa, Nagisa Oshima ou Yasujiro Ozu (pour ne citer que trois des réalisateurs les plus connus), mais aussi Katsu Kanai, Yashitaro Nomura ou Tatsumi Kumashiro, entre autres. Et c’est finalement là l’objectif avoué de ce très beau livre : nous permettre de découvrir des cinéastes inconnus au fil des flâneries, nous donner envie de nous plonger dans leur filmographie.

Comme l’affirme le réalisateur Kiyoshi Kurosawa dans la préface de l’ouvrage : « La plupart des gens, en France ou au Japon, connaissent sans doute moins d’une dizaine de réalisateurs japonais ». C’est bien entendu à ce public de cinéphiles curieux que s’adresse ce Dictionnaire du Cinéma Japonais, véritable mine de découvertes avec pas moins de 101 réalisateurs répertoriés. Depuis le cinéma classique jusqu’aux expérimentations des années 60-70, des polars aux comédies sentimentales, c’est toute une nation du 7ème art qui se dessine sous nos yeux, avec sa diversité.

Ce Dictionnaire du Cinéma Japonais est une incitation unique à la découverte. En tant que tel, il apparaît vite comme indispensable.

dictionnaire-cinema-japonais-pascal-alex-vincent-sortie-livre

Le Dictionnaire du Cinéma Japonais
L’âge d’or (1935-1975)
Dictionnaire en 101 cinéastes japonais
Livre de 242 pages
2 feuillets photos
15,5 cm X 22 cm

Sortie le 14 juin 2018

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.
Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

« Censure & cinéma » : une collection mise à l’honneur

De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.

« Questions de cinéma 2 » : un art en mouvement perpétuel

À travers une série d’entretiens d’une remarquable densité, Nicolas Saada propose aux éditions Carlotta une plongée dans les strates invisibles du cinéma, là où se nouent les enjeux entre la technique, l'intuition et le regard.

Les 100 plus grands joueurs de foot mis à l’honneur

Les éditions L'Imprévu consacrent un ouvrage richement illustré aux 100 plus grands joueurs de football des années 2000.