Accueil Blog Page 806

Gravity, un film d’Alfonso Cuaron : Critique

0

Gravity, un survival hors du commun. Un moment de cinéma spatial magnifiquement chorégraphié, sensoriel, sidérant et immersif.

Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

Le réalisateur Alfonso Cuarón (Les Fils de l’homme) revient cinq ans après avec le film Gravity, un film dont il a écrit le scénario avec son film Jonas. Ce récit met en scène l’espace, l’infini, une attraction pour l’homme depuis l’aube des temps, un rêve que l’être humain s’est mis à explorer depuis le milieu du 20ème siècle.

Gravity : Qu’en disent les autres réalisateurs ?

Présenté en ouverture de la 70ème Mostra de VeniseGravity a été l’objet de critiques élogieuses de la part de réalisateurs comme James Cameron qui explique à Variety : «Gravity est une révolutionC’est le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’ai été abasourdi, absolument terrassé par le film. Je pense que c’est la meilleure photo de l’espace jamais vue, le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’avais très envie de voir Gravity, depuis longtemps. Ce qui est intéressant dans le film, c’est la dimension humaine. Alfonso et Sandra ont travaillé ensemble pour créer un portrait absolument homogène d’une femme se battant pour sa vie dans un milieu sans gravité.»

Sur Twitter ses éloges pleuvent aussiEdgar Wright (@edgarwright), le réalisateur de la Cornetto Trilogy (Shaun of the Dead, Hot Fuzz et The World’s End) s’extasie : «Gravity, c’est le meilleur film de l’année. Allez le voir sur le plus grand écran possible. C’est du pur cinéma ». Le réalisateur de Jack Reacher, Christopher McQuarrie (@chrismcquarrie) écrit : « Allez voir Gravity #jecroisquejevaisprendremaretraite »

Cette pluie d’étoiles admiratrices, de la part de réalisateurs comme Guillermo Del Toro est tout à fait justifiée :  Gravity s’inscrit dans un genre très rare. Assis sur son fauteuil, on ne peut que se demander :

« Mais comment ont-ils fait pour faire un aussi beau Space Opéra» ?

Danse avec les Étoiles

Les 15 premières minutes du film sont grandioses, à couper le souffle, une immersion dans l’espace démontrant la virtuosité du réalisateur. Lors de cette longue séquence vertigineuse, l’ingénieure Ryan Stone (Sandra Bullock) et un astronaute Matt Kowalsky (George Clooney) effectue une réparation somme toute banale de la station orbitale. Le film tourne à la catastrophe quand les débris d’un satellite russe touchent la navette de plein fouet expulsant le duo dans l’espace. Livrés à eux-mêmes, perdu dans l’espace, sans aucun moyen de rejoindre la Terre, avec des bouteilles d’oxygène qui se vident inexorablement, ils devront survivre dans l’un des environnements les plus hostiles que l’on puisse s’imaginer.

Gravity d’Alfonso Cuaron n’est pas un film de science-fiction classique avec des aliens et des vaisseaux de combats, mais une expérience unique, la survie de l’infiniment petit dans un univers sans limite. Car Gravity est d’abord un thriller d’une beauté effrayante, terriblement efficace… Chaque séquence laisse transparaître l’isolement, l’effroi que ressent Sandra Bullock face à cet univers hostile où les seules armes sont l’intelligence et l’instinct de survie. A cette terreur qu’elle nous fait vivre à travers ses propres yeux, se greffe un ballet d’images magnifiques de la Terre vue à des centaines de kilomètres d’altitude, renforçant ainsi la dichotomie beauté/épouvante face au néant.

Le sentiment de plonger dans cet univers d’une sombre beauté est renforcé par l’usage de la 3D, pour une fois justifiée, puisqu’elle donne cette impression d’être dans l’espace et proche des acteursCette réalisation brillante permet ainsi aux spectateurs de vivre une expérience sensorielle déroutante. Aider en cela par Steven Price, à l’origine d’une partition musicale aussi inquiétante que riche prolongeant ainsi l’ambiance évoquant de par sa chorégraphie spatiale 2001, l’odyssée de l’espace de Stanley Kubrick.

Au-delà de la richesse narrative et du symbole métaphorique aisément compréhensible par le spectateur, il y a également celle de la lutte pour la survie allant du stade de la naissance vers la renaissance finale. La dernière séquence est d’ailleurs une idée de génie. Elle évoque également parfaitement la manière dont l’homme a évolué depuis la préhistoire. Gravity est avant tout une histoire humaine palpitante, un survival spatial à la technique époustouflante que ni Stanley Kubrick ni Max Ophuls ne renierait. Magnifié par un casting irréprochable, surtout, le personnage féminin, représentant cette humanité avec sa soif de survie, incarné par une Sandra Bullock étonnante livrant une performance incroyable puisqu’elle arrive à faire passer toute une gamme d’émotion et physique (on ressent comme elle, cette sensation d’étouffement, cette absence d’air autour de nous) alors qu’elle est en majorité filmée à travers un casque. Quant à George Clooney (toujours aussi charmant), il joue un astronaute expérimenté dont c’est le dernier vol dans l’espace.

Gravity est une collection d’images et d’émotions incroyablement bien réalisé, une odyssée cinématographique à voir en 3D et en IMAX, parfaitement maîtrisée par un réalisateur qui dès les premières minutes projette le spectateur en apesanteur dans une vertigineuse danse avec les étoiles aux accents de voyages intérieurs.

Synopsis : Pour sa première expédition à bord d’une navette spatiale, le docteur Ryan Stone, brillante experte en ingénierie médicale, accompagne l’astronaute chevronné Matt Kowalsky. Mais alors qu’il s’agit apparemment d’une banale sortie dans l’espace, une catastrophe se produit. Lorsque la navette est pulvérisée, Stone et Kowalsky se retrouvent totalement seuls, livrés à eux-mêmes dans l’univers. Le silence assourdissant autour d’eux leur indique qu’ils ont perdu tout contact avec la Terre – et la moindre chance d’être sauvés. Peu à peu, ils cèdent à la panique, d’autant plus qu’à chaque respiration, ils consomment un peu plus les quelques réserves d’oxygène qu’il leur reste. Mais c’est peut-être en s’enfonçant plus loin encore dans l’immensité terrifiante de l’espace qu’ils trouveront le moyen de rentrer sur Terre…

Gravity – Bande Annonce

Gravity – Fiche Technique

Réalisation : Alfonso Cuaron
Montage : Alfonso Cuaron, Mark Sanger
Scénario : Alfonso Cuaron,Jonas Cuaron
Casting : George Clooney, Sandra Bullock, Ed Harris
Date de sortie : 23 octobre 2013
Pays : États-Unis
Distributeur : Warner Bros.
Genre : Thriller
Durée : 91 min.
Montage : Alfonso Cuaron, Mark Sanger
Photographie : Emmanuel Lubezki
Musique : Steven Price

 

Critique : Room 514, un huis clos acide de Sharon Bar-Ziv

Sharon Bar-Ziv est un scénariste habitué à l’écriture pour la télévision, il signe ici son premier long métrage Room 514. Inspiré par des faits réels, ce film présente la dualité existant dans la société israélienne entre des valeurs fondamentales et les croyances de l’Israélien moyen.

Émigré russe Anna (Asie Naifeld) arrive à la fin de son service dans les Forces de défense israéliennes comme enquêtrice de la police militaire. Désireuse de s’imposer dans ce milieu majoritairement masculin avant d’aller dans une école de droit, elle refuse de clore la plainte déposé la famille palestinienne contre l’unité des loups, bien que son commandant Erez (Ohad Hall), et parfois amant, l’a met en garde en lui signifiant qu’elle ferait mieux de laisser tomber car c’est avant tout politique. Elle persiste dans sa démarche et convainc le réticent Sgt. Nimrod (GuyKapulnik) de faire rapport sur le comportement de son commandant de compagnie, Davidi (Udi Persi).

Commence alors un long huis clos dans la salle d’interrogation, la fameuse « Room 514 », entre cette femme impétueuse, idéaliste, immigrée récente russe et ce monde d’hommes de Sabras, ces Israéliens nés en Terre Promise. Une confrontation qui offre un autre visage du confit israélo-palestinien vu par les yeux de jeunes soldats jetés dans un conflit où les codes moraux se brisent et où la violence devient la seule arme de répression

Cet huis clos asphyxiant tourné en seulement quatre jours, dans une mise en scène minimaliste interroge sur l’état de l’armée israélienne, les rapports à la hiérarchie et ceux existant entre les hommes et femmes dans une société minée par un conflit où les responsables politiques sont incapables de négocier une paix durable.

Dans une atmosphère claustrophobe, cette héroïne complexe livre une véritable joute verbale, qui à certains égards rappelle « A Few Good Men » comme dans ce dialogue entre Nimrod et Anna «Un vrai combattant ne pas dénoncer quelqu’un», explique Nimrod. «Un vrai combattant connaît la différence entre le noir et blanc», répond Anna.

Rom 514 est tournée dans deux endroits, la Salle 514 et le bus qu’Anna prend pour rentrer chez elle mais cela ne fait que renforcer cette absence de perspective, la contrainte de l’héroïne qui voit sa condamnation s’écrouler devant le visage de l’autorité incarné par le major-général (Rafi Kalmar).

Room 451 fait le portait d’une génération perdue à travers le visage d’une femme, Anna interprétée par l’excellente Asie Naifeld, un rôle exigeant qui soulève les contradictions que traverse cette société tiraillée entre valeurs morales et politique cynique. Un film intense, complexe et passionnant emprunt d’un réalisme surprenant. Au-delà de quelques imperfections, ce film prouve que l’on peut faire un bon film avec peu d’argent, ce huis clos symbolise l’enferment de la société israélienne enlisée dans un conflit sans porte de sortie.

Synopsis : Anna, enquêtrice dans l’armée israélienne, est une jeune femme idéaliste. Quand elle confronte un officier supérieur à des accusations de violence gratuite à l’encontre d’un Palestinien, sa propre intégrité et sa détermination sont mises à l’épreuve. Malgré la complexité politique de l’affaire et les mises en garde de ses collègues, elle prend clairement position contre ce qui ressemble à un abus de pouvoir. Mais sa quête de justice de plus en plus acharnée aura de lourdes conséquences pour toutes les personnes impliquées.

Bande-Annonce du Film Room 514

Fiche Technique : Room 514

Titre original : Heder 514
Réalisateur : Sharon BAR-ZIV
Scénariste : Sharon BAR-ZIV
Genre : Drame
Pays : Israël
Durée : 01 h 30
Acteurs et Actrices : Asia Naifeld (Anna), Udi Persi (Davidi), Ohad Hall (Eraz), Hilly Israel (Michaeli), Rafi Kalmar (Général Major), Guy Kapulnik (Nimrod), Sharon Bar-Ziv (un homme dans le bus) et Oren Farage (un Officier)

Directeur de la photograpie : Edan Sasson
Montage : Shira Arad
Son : Michael Goorevich
Producteur(s) : Sharon BAR-ZIV, Michal RUBIN, Bibi Arbel REKHESS
Sociétés de production : Cinéma Alpha Productions
Distributeurs France : Sophie Dulac Distribution
International : Doc & Film International
Chef opérateur :  Edan SASSON
Année de production : 2012
Dates de sortie France : 09/10/2013

Northwest, un thriller social maîtrisé : Critique du film de Michael Noer

0

Entre Pusher et Oslo, 31 Août, Northwest est un thriller social d’une intensité rare, âpre au filmage rugueux. Une plongée dans la délinquance danoise réaliste, sans artifices et sans chichis.

Northwest est une excellente surprise qui nous vient tout droit du Danemark, ce film réalisé par Michael Noer, prix du jury et de la critique au Festival de Beaune 2013, traite de l’engrenage de la délinquance juvénile selon un modèle ultra réaliste, caméra à l’épaule au plus près de l’action. Un petit mot sur ce réalisateur danois, son premier film était le célèbre drame carcéral R (2010), très remarqué car très réaliste qu’il co-réalise avec Tobias Lindholm (Hijacking).

Le cinéaste Noer signe là un autre opus dans la même veine, ce film noir oscillant entre drame et thriller a pour théâtre, Nordvest, un des quartiers les plus pauvres de Copenhague. Cette toile de fond sert à conter la descente aux enfers de Caspar (Gustav Dyekjær Giese), 18 ans, un petit cambrioleur habitué aux petits trafics lui permettant de subvenir aux besoins de son plus jeune frère et de sa petite soeur Freya (Annemieke Bredahl Peppink) pendant que sa mère se tue dans un travail qui ne rapporte pas beaucoup. Quand Caspar est approché par le gangster Björn (l’impressionnant Roland Møller), il voit là l’occasion d’échapper au contrôle de Jamal et de se faire plus de fric en y entraînant son petit frère Andy (Oscar Dyekjær Giese).

Ce fric procure un instant d’enivrement, Caspar paye un repas de fête à sa famille, avec cette sensation qu’enfin « the World is yours », l’impression d’ouvrir une porte vers un autre futur que celui de la précarité, du désenchantement auxquels sont destinés la majorité des adolescents vivant dans ce quartier à la réputation sulfureuse.

Cependant ce rêve d’un monde meilleur est contré par Jamal (Dulfi Al-Jabouri) qui n’est pas prêt à laisser partir Caspar qu’il considère comme un de ses hommes et une guerre de territoire va s’ensuivre.

Bien que le schéma de gangster de quartier soit un classique pour faire un film sur la déchéance dans la violence d’un adolescent délinquant, il est toute de même assez bien exploité, Northwest de Mickael Noer dresse le tableau d’une détresse sociale lié à l’abandon, aux manques d’argent (travailler ne rapporte presque rien). Northwest fait le portrait tragique d’un héros à la Nicholas Ray,la caméra capture l’essence de cette jeunesse brûlée avec une efficacité déchirante sans parti-pris ni sentimentalisme.

Un thriller âpre, dans la grande lignée d’un Pusher de Nicolas Winding Refn sans pour autant verser dans la violence esthétisante, glorifiant le sexe la drogue et le 9 mn. Northwest agresse par son ambiance ultra réaliste le spectateur, c’est une immersion en mode réel dans un univers effrayant mais aussi un voyage cinématographique à travers les émotions de Caspar, avec ses peurs, sa recherche d’appartenance, sa dureté…

Cette violence sèche sans concession, intense, rythmée par une bande-son électro apporte au film de Michael Noer, un charme vénéneux, porté par un casting sans fausse note, aussi convaincant les uns que les autres. Gustav Dyekjær Giese est remarquable dans ce rôle de très jeune homme pris dans le cycle de la criminalité.

Bande-Annonce du Film Northwest

Synopsis : Nordvest est l’un des quartiers multiethniques les plus pauvres de Copenhague. Casper, jeune homme de 18 ans, y vit avec sa mère, son petit frère et sa petite sœur. Il s’acharne à joindre les deux bouts en vendant des biens volés à l’un des chefs des gangs du quartier. Quand le crime organisé arrive à Nordvest, la hiérarchie au sein du quartier change et Casper y voit une chance de monter en grade. Bientôt, il est projeté dans un monde de drogues, de violence et de prostitution entraînant son frère dans son sillage. Alors que les choses s’aggravent, l’aire de jeu de leur enfance devient un champ de bataille.

Fiche Technique : Northwest de Mickael Noer

Réalisateur : Michael Noer
Scénario :Rasmus Heisterberg (« A Royal Affair »), Michael Noer
northwest-afficheActeurs principaux: Gustav Dyekjær Giese, Oscar Dyekjær Giese, Lene, Maria Christensen, Nicholas Westwood Kidd, Roland Møller, Dulfi Al-Jaburi
Producteurs :Tomas Radoor, René Ezra
Producteurs exécutifs :Henrik Zein, Lena Haugaard, Thomas Heinesen
Cinématographie: Magnus Nordenhof Jonck
Monteur: Adam Nielsen
Chef décorateur: Thomas Greve
Titre international :Northwest, titre original :Nordvest
Pays : Danemark, vente à l’ étranger :TrustNordisk
Genre : Drame, Thriller
Durée : 91mn
Date de sortie : DK 18/04/2013, FR 09/10/2013
Soutien : Danmarks Radio, TV-Drama, Nordisk Film Production A/S, Danish Film Institute
Distributeurs : Nordisk Film A/S, Bac Films

Critique du film Shérif Jackson, de Logan Miller

0

Sherif Jackson, un western baroque, cynique et jouissif.

Quatre années après réalisé Touching Home, les frères jumeaux Logan et Noah Miller nous plonge dans un Western déjanté avec des personnages très hauts en couleurs. Une douce vengeance (Sweet Vengeance est le titre original de ce film) est un film dans la tradition du western de vengeance à la Djanco, avec à l’instar de Kill Bill un personnage vengeur féminin.

Un western trash, bourré d’humour noir et de cynisme, truffé de scènes de meurtres impitoyables, qui font autant référence à Sergio Leone qu’à Peckinpah avec une petite touche de Tarantino. Les personnages, c’est le point fort de « Shérif Jackson », les trois principaux protagonistes sont particulièrement bien soignés par l’écriture et par l’interprétation, Ed harris est un Shérif irrésistible, décalé mais très déterminé dans ses enquêtes, Jason Isaacs dans le rôle de prêcheur psychopathe joue un excellent antéchrist et January Jones est une Némésis incandescente du far-west aussi belle que venimeuse.

Outre une écriture soignée quant à la description des personnages et les dialogues qui font mouches, même si parfois la narration à tendance à s’éparpiller un peu trop. La mise en scène des Miller sublime les décors naturels, les grands espaces sont très bien photographiés, par contre la musique n’est pas vraiment épique, elle manque d’inspiration et ne possède pas cette puissance évocatrice des tourments des personnages.

Néanmoins ce western crépusculaire n’est pas dénué de poésie ni d’onirisme avec des touches d’humours noirs dans les moments les plus durs. Shérif Jackson s’attaque à des problématiques contemporaines en dénonçant le racisme, la folie religieuse et le machisme.

Shérif Jackson est un western atypique qui vaut le détour, les scènes de combats ont un côté cartoon efficaces lorgnant du côté de Tarantino avec néanmoins une touche d’originalité propre. Ce film est servi par un trio d’acteurs haut de gamme même le scénario reste le gros point faible, une fin bâclée et une intrigue qui manque de maîtrise. Toutefois Shérif Jackson n’est reste pas un bon Western, un peu à l’ouest mais point trop.

Synopsis : Dans les plaines arides du Nouveau-Mexique, Sarah (January Jones) une ancienne prostituée, découvre le corps sans vie de son mari (Eduardo Noriega), sauvagement assassiné par un fanatique religieux (Jason Isaacs). Meurtrie, elle part en croisade vengeresse, mais c’est sans compter sur l’arrivée de l’extravagant shérif Jackson (Ed Harris).

Fiche Technique : Sherif Jackson

Durée du film : 1 h 35
Date de sortie : 2013
Titre original : Sweetwater
Réalisateurs, Scénaristes : Noah Miller et Logan Miller
Histoire : Andrew McKenzie
Acteurs : January Jones, Jason Isaacs, Ed Harris
Directeur photo : Brad Shield
Décors : Waldemar Kalinowski
Costumes : Hala Bahmet
Musique : Martin Davich
Producteur : Kickstart Productions
Distributeur : Potemkine Films

 

Prisoners – la BO – Musique de Jóhann Jóhannsson

Prisoners, une musique délicate pour un thriller plongeant dans l’abîme de l’âme humaine

Jóhann Jóhannsson est un musicien, compositeur et producteur islandais, membre du groupe Evil Madness, le réalisateur Denis Villeneuve séduit par la musique singulière, saisissante demande au compositeur de travailler sur son film afin de traduire les larmes et le sang, le désespoir intense qui saisit à la gorge les personnages du film Prisoners.

Le résultat est une musique associant un orchestre et des instruments à corde à deux autres instruments moins connus, les ondes Martenot, précurseur du synthétiseur, et le cristal Baschet. Cette combinaison souligne la noirceur d’un thriller à la finale, moralement sombre. Une musique lyrique, envoûtante, mélancolique et presque réconfortante agissant comme un contrepoids face à une histoire tragique à l’atmosphère éprouvante.

 Musique du film Prisoners  par Jóhann Jóhannsson

Liste de la BO  – Tracklisting

1. The Lord’s Prayer
2. I Can’t Find Them
3. The Search Party
4. Surveillance Video
5. The Candlelight Vigil
6. Escape
7. The Tall Man
8. The Everyday Bible
9. Following Keller
10. Through Falling Snow
11. The Keeper
12. The Intruder
13. The Priest’s Basement
14. The Snakes
15. The Trans Am
16. Prisoners

Critique du film Prisoners de Denis Villeneuve

Prisoners  : Un voyage dans l’obscurité

Très remarqué suite au succès de son (dernier long-métrage Incendies), couronné de 3 prix à la Semaine du cinéma international de Valladolid en Espagne (prix du public, prix du meilleur scénario et prix du jury des jeunes), le réalisateur canadien Denis Villeneuve fait ses débuts à Hollywood avec Prisoners.

Par un après-midi pluvieux dans une petite ville fictive, Conyers, en Pennsylvanie, deux familles, les Dovers (Hugh Jackman, Maria Bello, Dylan Minnette, Erin Gerasimovich) et les Birch (Terrence Howard, Viola Davis, Zoe Borde, Kyla Drew Simmons), se préparent à fêter Thanksgiving, les deux familles s’amusent, discutent, regardent la télévision, quand soudainement la tragédie frappe, les petites filles Anna et Joy (Erin Gerasimovich et Kyla Drew Simmons) des deux clans disparaissent, une histoire à glacer le sang de tous parents.

Dans la lignée directe du film Mystic River de Clint Eastwood, le scénario écrit par Aaron Guzikowski (Contrebande) se vit à travers le regard de la police et des familles ravagés par cet enlèvement d’enfants. Un script brillant, vénéneux multipliant les révélations, en effet l’arrestation par le détective Loki interprété par un Jake Gyllenhaal toute en nuance, d’un attardé mental nommé Alex (joué avec une perfection effrayante par (Paul Dano), qui vit avec sa tante (Melissa Leo) dans une maison délabrée n’est que le début de la montée en tension. La libération du suspect faute de preuve déclenche chez le père ivre de douleur un désir de vengeance, il lui faut trouver un coupable à tout prix.

Convaincu de la culpabilité du suspect, Keller enlève Alex et l’emmène dans un immeuble abandonné, pour le torturer afin de lui faire avouer son crime. Un acte impie pour le croyant qu’est ce père de famille mais qu’en est-il si le suspect est bien l’auteur de l’enlèvement ?

Prisoners de Denis Villeneuve est un film ambitieux, complexe qui vous oblige à vous poser des questions qui n’ont pas de réponses faciles. Un film tissé comme une toile où apparaisse de fausses pistes avec de nouveaux suspects et des indices disséminés en trompe l’œil. Ce puzzle est à la fois intense au niveau du suspense et des thématiques abordés comme la moralité, la torture (un sujet toujours d’actualité surtout depuis le drame du 11/9 avec ses affaires explosives de prisonniers maltraités comme à Abou Ghraib) et l’impuissance du système justicière qui parle à notre époque aussi intensément que ses thrillers noirs comme le film (Que justice soit faite réalisé par F. Gary Gray avec Gerard Butler) où des justiciers se lèvent pour se venger et pallier ainsi à la faillite de la justice.

Prisoners est un film d’une intensité implacable, Denis Villeneuve réussit un thriller labyrinthique, percutant, angoissant, autant dans le fond que la forme en s’entourant d’une équipe de brillante comprenant le chef décorateur Patrice Vermette, la chef costumière Renée April et un des maître en matière de photographie, Roger Deakins (collaborateur régulier des frères Coen, Skyfall, Fargo…). Ce dernier a su rendre visuellement l’atmosphère sombre, pesante en utilisant l’approche de l’hiver avec sa pluie, cette poussière, ce froid imprégnant toute la ville dans un décor naturel. (Note : bien que l’action se déroule en Pennsylvanie, les scènes sont tournées principalement dans des villes de la banlieue d’Atlanta, en Géorgie).

Prisoners transpire ce voyage vers l’obscurité à travers ses décors anxiogènes, ses costumes, mais aussi sa musique composée par l’islandais Jóhann Jóhannsson, un son froid, lisse soulignant le labyrinthe émotionnel des personnages.

Les performances des acteurs enrichissent également le film, Hugh Jackman livre un jeu intense dans ce rôle de père victime de sa rage, peut être le plus satisfaisant de sa carrière. Face à lui, Jake Gyllenhaal n’est pas en reste en incarnant Loki, ce détective habile, passionnant à regarder dans sa recherche des preuves révèle une facette de jeu rare chez lui, plus sombre et Paul Dano, toujours aussi incroyable glisse dans la peau d’un présumé coupable diminué mentalement en devenant le personnage.

Prisoners de Denis Villeneuve joue avec de nombreux thèmes au cours de l’histoire, la validité de la torture, la religion, la protection, la moralité, le stress dans ce genre de situation, la survie, la justice créant ainsi un film éprouvant où il met le spectateur dans la position de devoir s’interroger et si lui était dans la même situation que ferait-il ?? Prisoners demande d’entrer dans une réflexion plus profonde tout en étant construit comme une peinture où l’horreur de la tragédie, des décors aux couleurs austères contrastent avec la beauté esthétique des paysages.

Au final, Prisoners est un film réaliste qui interroge sur la notion d’auto-justice, tout en étant palpitant et poignant, un voyage au bout des terreurs de la vie moderne.

Synopsis : Dans la banlieue de Boston, deux fillettes de 6 ans, Anna et Joy, ont disparu. Le détective Loki privilégie la thèse du kidnapping suite au témoignage de Keller, le père d’Anna. Le suspect numéro 1 est rapidement arrêté mais est relâché quelques jours plus tard faute de preuve, entraînant la fureur de Keller. Aveuglé par sa douleur, le père dévasté se lance alors dans une course contre la montre pour retrouver les enfants disparus. De son côté, Loki essaie de trouver des indices pour arrêter le coupable avant que Keller ne commette l’irréparable… Les jours passent et les chances de retrouver les fillettes s’amenuisent… Signalons que le film est Interdit aux moins de 12 ans.

Prisoners – Trailer

Fiche Technique : Prisoners

Production: Alcon Entertainment
Casting : Hugh Jackman, Jake Gyllenhaal, Viola Davis, Maria Bello,
Terrence Howard, Melissa Leo, Paul Dano, Dylan Minnette
Réalisateur : Denis Villeneuve Genre : Thriller, Drame
Scénariste : Aaron Guzikowski
Producteurs : Broderick Johnson, Kira Davis, Andrew A. Kosove, Adam Kolbrenner
Producteurs exécutifs : Edward L. McDonnell, John H. Starke, Robyn
Meisinger, Mark Wahlberg, Stephen Levinson
Directeur de la photographie : Roger A. Deakins
Directeur de la décoration : Patrice Vermette
Musique : Johann Johannsson
Directeur des costumes : Renee April
Editeurs : Joel Cox, Gary D. Roach

Critique du film : Parkland

Parkland de Peter Landesman : un biopic émouvant

Adapté du livre de Vincent Bugliosi, « Four Days in Novembre: The Assassination of President John F. Kennedy » qui retrace les événements du jour de l’attentat et des trois jours suivants. Le réalisateur Peter Landesman, dont c’est le premier film et le premier scénario, se propose de nous intéresser à la grande Histoire à travers la petite histoire, comme dans le film The Majordome. Pour cela il utilise l’approche docu-fiction en adoptant le point de vue de quelques américains impliqués directement dans ce drame qui a, à jamais marqué l’Amérique.

Parkland (du nom de l’hôpital qui a accueilli le président Kennedy) conte un drame à la manière du film culte JFK d’Oliver Stone (1991), par le biais de multiples angles d’attaque : le médecin Dr Charles « Jim » Carrico interprété par Zac Efron qui a pris en charge le Président à l’hôpital de Dallas, Doris Nelson l’infirmière qui a tout suivi depuis le bloc opératoire, les agents du FBI et des services secrets, Abraham Zapruder, l’homme qui filma le drame et la famille immédiate de Lee Harvey Oswald, notamment le frère Robert Oswald et Marguerite Oswald, la mère acariâtre.

On est plongés au cœur des protagonistes de ce drame, ce permet d’avoir de multiples points de vue tout en suscitant l’émotion que certains pourront voir comme facile, en même temps quand des gens ordinaires sont impliqués dans des événements aussi tragiques, il y a cette réalité d’urgence, une espèce d’anarchie, de confusions face à l’imprévu, de tensions, d’émotions palpables à chaque instant que ce film transmet parfaitement à travers les personnages impliquées.
Même si ce premier film a ses défauts comme ses flous qui entachent çà et là le récit, (un reproche qui peut se comprendre), surtout si on s’attendait à une analyse approfondie face aux nombreux doutes et controverses sur cet assassinat.

Sauf que Parkland est avant tout une immersion dans le traumatisme, le désespoir d’un pays entier à travers le regard de personnes ordinaires vivant en direct le drame. Rappelons que le film retrace quelques minutes avant la tragédie et les 3 jours suivants, en nous faisant vivre cette histoire de l’intérieur au travers des différents personnages, donc au final il est très difficile de reprocher à ce film de ne pas s’être interroger sur le complot ayant mené à l’assassinat de J.F.K.

Le film reprend d’ailleurs avec habilité des images d’archives et de reconstitutions, tout au moins, pour les premières dix minutes de films, pour nous embarquer dans l’intrigue et ses enjeux, appuyé par un casting très impliqué à l’interprétation très sobre de faits réels. Au final, un film peut être un peu trop lisse mais qui a le mérite de nous embarquer dans le cœur d’hommes et de femmes ordinaires confrontés à l’extraordinaire en mettant en scène le traumatisme d’une nation puissante toute en évidant l’écueil du sensationnalisme.

Synopsis : Le 22 novembre 1963, 12 h 38. C’est un patient peu ordinaire qui arrive en urgence au Parkland Memorial Hospital de Dallas. Il s’agit du président John F. Kennedy, sur qui on vient de tirer alors qu’il traversait Dealey Plaza en limousine décapotée, acclamé par la foule. Tandis que la nouvelle se répand dans le monde, une page méconnue de l’histoire s’écrit dans cet hôpital qui n’était absolument pas préparé à affronter cet événement. Autour du corps, les questions et les émotions s’accumulent. La pression monte. Proches, anonymes, officiels, tous vont être confrontés à une prise de conscience et à des décisions qui changeront leur vie à jamais…

Fiche technique : Parkland

Réalisateur et scénariste : Peter Landesman
Casting : Zac Efron (Dr. Jim Carrico), Marcia Gay Harden (infirmière Doris Nelson), Billy Bob Thornton (Sorrels), Paul Giamatti (Zapruder), Jacki Weaver (Marguerite Oswald), James Badge Dale (Robert Oswald), Jackie Earle Haley (Père Huber), Tom Welling (Kellerman), Jeremy Strong (Lee Oswald), Ron Livingston (Hosty), Colin Hanks (Dr. Perry)…
Date de sortie : 02 Octobre 2013
Nationalité : USA, Genre : Drame, Historique
Durée du film : 1h34
Budget : 10 millions $

Il faut noter qu’à la base, Parkland devait être une mini-série HBO, mais le format film de cinéma a été privilégié précisément 50 ans après l’un des événements les plus tragiques et les plus marquants de l’histoire américaine. Le film est produit par Tom Hanks, et a été présenté à la Mostra de Venise, au Festival international du film de Toronto.

Critique : Insidious : Chapitre 2 de James Wan

0

Insidious : Chapitre 2, Entrer dans la boîte à maléfices

Le réalisateur James Wan revient avec Insidious : Chapitre 2, alors que dans les salles de cinéma sont encore sous l’effet de l’excellent « Conjuring : les dossiers Warren », qui a fait un carton planétaire. James Wan est un maître très influencé par le cinéma d’horreur japonais où la musique participe à faire grimper la terreur chez le spectateur.

Dans la continuité du premier volet, Insidious : Chapitre 2 fait penser à cette boite à maléfices d’où s’échappent des entités malveillantes, un peu comme dans ceux que l’on voir dans lesfêtes foraines et certains cirques offrant des spectacles de créatures venant de l’au-delà dans un décor lugubre et glacial.

insidious-chapitre-2-esprits-lugubresInsidious : Chapitre 2 est le prolongement du premier volet, l’histoire continue là où elle s’est arrêtée, le même univers glauque, les mêmes personnages, et à la façon Halloween 2 de Rick Rosenthal, on plonge direct dans la séquelle. Certes la mythologie est la même tout en devenant plus effrayante, plus compliquée, puisqu’elle introduit une histoire de serial-killer, de possession, la projection astrale et de voyage dans le temps, plus exactement 25 ans en arrière au moment des événements à l’origine du mal qui hante la famille Lambert. Notons aussi qu’Insidious 2 contient aussi des pointes d’humours, ce qui n’était pas le cas pour le premier.

Cette atmosphère macabre, sombre se construit autour de la maison elle même hantée et du décor à l’intérieur avec ses objets, les poupées deviennent malveillantes, les appareils à photos, la penderie, le babyphone sont une menace et dans ce chapitre et nous avons même droit à des dés surnaturels avec lesquels Carl, le médium, communique avec les morts ainsi qu’à un trotteur pour bébé « possédé ».

L’univers surréaliste à la David Lynch d’« Insidious » où « l’expérience ressentie devant le film » tient le rôle clé à travers la création de mondes parallèles avec ce « Trou Noir » et la porte rouge conduisant vers « l’Autre Monde ».

Dans ce chapitre 2, Josh, le père (joué par Patrick Wilson) est possédée par un esprit malin faisant penser à la folie de Jack Torance dans Shining. James Wan et Leigh Whannell, le scénariste multiplie les clins d’œil recyclant images et autres leitmotiv du cinéma d’épouvante avec au programme scares finement dosés, creepy puppet, scène found footage dans un hôpital désaffecté et Michelle, ce fantôme au look inspiré par les stars des années 30.

Nous avons là d’ailleurs l’explication sur les origines de la « Mariée en Noir », personnage d’une beauté effrayante, dans le style de film (Qu’est-il arrivé à Baby Jane ?) à l’aide d’une séquence en forme de prequel en hommage aussi à « Psychose »

Au final Insidious : Chapitre 2 remplit pleinement son contrat surprendre et terroriser, faisant ainsi subir aux spectateurs, des émotions lié au genre horrifique. On retrouve l’univers familier de James Wan avec ses coloris de gris clairs, de rouge sang, les effets de lumière et cette musique flippante. Il est à noter d’ailleurs que Joseph Bishara est à l’origine aussi pour cet opus de cette musique stressante avec ses coups de pianos et de violons.

Pendant ce temps un Insidious 3 est déjà en préparation mais on ne sait pas qui sera le réalisateur car James Wan l’a promis, juré, Insidious : Chapitre 2 sera son dernier film d’horreur, désormais la page est tournée, il est aux commandes du prochain Fast & Furious 7.

Insidious : Chapitre 2 – Bande-annonce

Synopsis : Après Insidious (2011), James Wan nous invite au second Chapitre. Après tout ce qu’elle a affronté, la famille Lambert s’efforce de reprendre une vie normale, mais le monde des esprits semble en avoir décidé autrement.
Josh et Renai vont tenter de découvrir le secret qui les relie au terrifiant monde des esprits.

Fiche technique : Insidious, Chapter 2

Réalisateur : James Wan
Casting : Patrick Wilson (Josh), Rose Byrne (Renai), Barbara Hershey (Lorraine), Leigh Whannell (Specks), Angus Sampson (Tucker), Lin Shaye (Elise), Ty Simpkins (Dalton), Steve Coulter (Carl)…
Date de sortie : 02 octobre en 2013
Genre : Fantastique, Épouvante, Horreur
Nationalité : USA
Durée : 1h45
Distributeur : Sony Pictures Releasing France
Format de tournage : 35 MM

Critique : Machete Kills de Robert Rodriguez

Machete Kills : Un film Pulp et Pop

Robert Rodriguez réalise des films qui ont une marque, une patte très visuelle, graphique, le film culte Sin City est l’emblème de cette façon de faire du cinéma. Au cours de 20 ans de carrière, ce réalisateur aux origines mexicaines a aussi bien réalisé des films de SF comme The Faculty, le diptyque Grindhouse (Planète Terreur), Desperado, les 4 Spy Kids, on retrouve d’ailleurs Alexa Vega, la petite Carmen Cortez l’une des quatre Spy Kids, dans le rôle de l’ultra sexy (Kill Joy)

Présentée en clôture du festival européen du film fantastique, Machete  Kills est une suite de Machete (2010), encore plus loufoque et délirant que le premier opus. Toujours dans le respect des films «grindhouse», le réalisateur Rodriguez, reprend la recette du premier opus, avec cette fois-ci, un super méchant voulant évidemment détruire la planète, parodiant ainsi les James Bond. Le personnage du super vilain est incarné par Mel Gibson portant le nom de Luthor Voz, une référence à Superman. Il faut le dire Machete kills est un film bourré non seulement de références à sa propre filmographie mais aussi en hommages au cinéma comme le QG qui fait vraiment penser à Stargate, une scène en particulier, celle du coup de la hachette jeter par le méchant, attraper au vole pour être renvoyée fait penser à celle que l’on peut voir dans le film Le Retour de la Momie.

Le coté parodie est totalement assumé, what the fuckesque au possible, Machette Kills est un film kitsch, à l’humour grinçant où les scènes extravagantes font le spectacle comme la scène de l’hélicoptère à elle seule, elle vaut le déplacement, le harpon, l’électrocution du soldat, les «armes» de Desdemona…

Danny Trejo, l’acteur le plus badass de la galaxie, est parfait dans ce rôle de bourrin indestructible, barbouze au grand cœur et aux répliques courtes mais cultes : Machete don’t joke ! Machete don’t tweet ! Machete kills !

Un film décomplexé, jouissif, bordélique, ça part dans tous les sens, un délire encore plus barré que son prédécesseur, où coule à flot humour idiot ravageur et hémoglobine, le tout mené par un casting titanesque. Mel Gibson est hilarant en super méchant belliciste, fan de Star Wars, Charlie Sheen (Carlos Estevez) est excellent, en « fucking » président des USA et Demian Bichir, impressionnant dans le rôle du schyzo de service. Le casting féminin n’est pas en reste, sexy en diable, Amber Heard est sublime dans son rôle badass, Sofia Vergara prend son pied dans son rôle de dominatrice hardcore, Michelle Rodriguez toujours aussi belle et Lady GaGa offre un personnage identique à celle de son personnage de scène quoique peu exploitée.

Reste la super bonne trouvaille de Machete Kills, celle du personnage du Caméléon, ce tueur à gages aux multiples visages, dont le rôle est endossé tour à tour par Walt Goggins, Lady Gaga, Cuba Gooding Jr et Antonio Banderas. Au final, histoire et action très grindhouse qu’on aime ou pas mais on ne reste pas indifférent. Machete Kills est un bon pop-corn movie, un film de série B, voir Z, complètement déjanté qui ne se savoure non pas au second, mais au troisième degré et comme nous le prédit la «vraie-fausse» bande-annonce avant le film, le troisième volet des aventures de Machete se dirige vers la SF et un troisième opus dans l’espace.

Synopsis : Robert Rodriguez nous invite à suivre les péripéties de Machete incarné par Danny Trejo. Ce dernier reçoit une mission du président incarné Charlie Sheen, « Mr president of the fucking US », d’éliminer un chef de cartel complètement cinglé. Évidemment ce n’est qu’une infime partie du pitch imaginé par Robert Rodriguez, derrière Mendez joué par Demián Bichir, c’est en réalité Luther Voz, une sorte de copie kitsch déjanté du docteur No, prêt à raser la terre de la surface, qui tire les ficelles. …

Bande-annonce : « Machete Kills »

Fiche Technique : « Machete Kills »

Année de production : 2013
Réalisateurs : Robert Rodriguez
Scénaristes : Kyle Ward, Alvaro Rodríguez
Acteurs : Danny Trejo, Michelle Rodriguez, Mel Gibson, Amber Heard, Sofia Vergara, Charlie Sheen (Carlos Estevez), William Sadler, Cuba Gooding Jr., Antonio Banderas, Lady Gaga, Demián  Bichir,  Walt Goggins, Jessica Alba, Vanessa Hudgens, Tom Savini, Electra Avellan, Elise  Avellan…
Genre : Grindhouse, Action/Comédie/Suite/Saga
Pays d’origine : USA
Directeur photo : Robert Rodriguez
Musique : Carl Thiel et Robert Rodriguez
Costumes : Nina Proctor
Producteur : Robert Rodriguez, Rick Schwartz, Sergei Bespalov, Alexander Rodnyansky,  Aaron  Kaufman et Iliana Nikolic pour Troublemaker Studios, Aldamisa Entertainment, AR Films, Open  Road Films, Demarest Films, Quick Draw Studios, Overnight Films et 1821 Pictures
Distributeur : Wild Bunch Distribution

Rush – la BO – Musique de Hans Zimmer

Rush – Musique de Hans Zimmer

Hans Zimmer est un compositeur allemand de musiques de films, naturalisé américain, il connaît son plus gros succès commercial avec le film Gladiator de Ridley Scott.

Zimmer et le réalisateur Ron Howard ont d’abord travaillé ensemble sur Backdraft en 1991Hans Zimmer retrouve Ron Howard après Anges et démons (2009), Frost/Nixon (2008), Da Vinci CddE (2006), en compagnie de Lorne Balfe sur le magnifique film Rush.

La musique de Rush, est rock, caractérisée par des cuivres, des solos pour guitares électriques, des sons de cuivres, des cordes et des synthétiseurs. Une musique impétueuse, intense parfaite pour une vie où vous risquez à chaque instant votre vie, et où l’adrénaline est le moteur. Le thème principale, 1976 est d’une rare beauté, vrombissement de moteurs mêlant violoncelles électriques obsédants et piano.

Rush : Rock Stars du monde sportif

Une musique représentant la vie de ses pilotes, Rock stars du monde sportif, du moins pour James Hunt, ce style très rock change pour devenir tragique dans (Nürburgring) et (Inferno), qui soulignent les scènes précédents et suivant l’horrible accident de Niki Lauda.

Dans  la partition « Lost but Won » l’album prend des accents lyriques, tandis que le final se termine sur un dernier rugissement de moteurs.

Dans le thème musical accompagnant Rush on entend la saveur des années 1970 saveur, des chansons rock et pop, excellentissime, surtout (I Hear You Knockin) par Dave Edmunds, (Gimme Some Lovin) par Steve Winwood, et (The Rocker) de Thin Lizzy.

Une BO qui se marie parfaitement à la Forumule 1, des sons authentiques, une composition bourrée d’action que je vous invite à écouter…

Musique composée et arrangée par Hans Zimmer. Musique additionnelle par Lorne Balfe, Bryce Jacobs et Jasha Klebe. Spectacles musicaux spéciaux Martin Tillman et Bryce Jacobs. Enregistré et mixé par Alan Myerson. Edité par Jack Dolman. Album réalisé par Hans Zimmer.

Extrait BO du film Rush

Liste des chansons

1. 1976
2. I Could Show You If You’d Like
3. I Hear You Knocking – Dave Edmunds (écrit par  Dave Bartholomew et Pearl King, interprété par Dave Edmunds)
4. Stopwatch
5. Into The Red
6. Budgie
7. Scuderia
8. Gimme Some Lovin – Steve Winwood (écrit par Steve Winwood, Spencer Davis et Muff Winwood, interprété par Steve Winwood)
9. Oysters in the Pits
10. 20%
11. Dyna-Mite – Mud (écrit par par Mike Chapman et Nicky Chinn, interprété par Mud)
12. Watkins Glen
13. Loose Cannon
14. The Rocker – Thin Lizzy ( écrit par Phil Lynott, Brian Downey et Eric Bell, interprété par Thin Lizzy)
15. Car Trouble
16. Gluck
17. Nurburgring
18. Inferno
19. Mount Fuji
20. For Love
21. Reign
22. Fame – David Bowie (écrit par David Bowie, Carlos Alomar and John Lennon, interprété par David Bowie)
23. Lost but Won
24. My Best Enemy

Critique : Rush de Ron Howard

0

 Rush : la Formule 1 dans toute sa splendeur

Ron Howard est un de ses réalisateurs à la carrière tumultueuse avec de vrais succès (Willow, Apollo 13, Un homme d’exception) mais aussi des films plus controversé (Da Vinci Code et sa prequelle Anges & Démons.) Avec Rush, un biopic haletant, le réalisateur met en image la rivalité entre deux grands champions de Formule 1, James Hunt et Nikki Lauda, en collaboration avec le scénariste Peter Morgan (Le dernier roi d’Écosse, The Damned United, Frost/Nixon) pour raconter le légendaire affrontement entre deux pilotes qui ont à jamais marqué l’histoire de la Formule 1.

Rush suit le parcours de James Hunt & Nikki Lauda depuis leur premier affrontement sur une piste de Formule 3000 jusqu’à l’épique saison de formule 1 de 1976, toutefois ce n’est pas qu’un film de course, ni une histoire de simple rivalité. L’histoire s’articule autour de la personnalité des deux protagonistes, de 2 tempéraments diamétralement opposés, le Britannique James Junt, séducteur, épicurien, tête brûlée, dont la formule préférée est (plus on approche la mort, plus on se sent vivant) face à l’autrichien Nikki Lauda, plus réservé, rationnel, méticuleux surnommé l’ordinateur par le monde de la F1.

Le rôle est magnifiquement interprété par Daniel Brühl, l’acteur en arrive à être Nikki Lauda jusque dans les mimiques…L’histoire de Lauda ne peut qu’émouvoir, le 1er août 1976 sur le circuit du Nürburgring, c’est l’accident spectaculaire, la Ferrari de Lauda s’embrase, sauvé in-extremis par d’autres pilotes. Le film retransmet son combat à l’hôpital, sa greffe du visage, le soutien de sa femme campée par Alexandra Maria Lara, sa volonté incroyable qui le fera revenir sur le circuit, malgré une douleur atroce. C’est le point de basculement de l’histoire, c’est l’image qui mettra aussi un terme à la rivalité entre les deux pilotes.

Le film a su trouver cet équilibre parfait entre les courses dantesques, très réalistes, « la caméra rend parfaitement la dangerosité de ce sport, des émotions, sensations des pilotes », et la vie des personnages, leurs fêlures, leurs caractères et les conséquences de leurs choix.

Ce film est aussi une plongée dans les années seventies, décors vintage avec les coiffures, les costumes, les voitures et une ambiance, un mode de vie insouciant incarné par James Blunt que l’on voit vivre à 200 à l’heure.

Rush est un film qui a su capter l’essence de deux hommes qui ont en commun l’amour du sport automobile mais à l’approche totalement différente de la F1, ce qui rend leurs duels mythiques. Un film non seulement visuellement époustouflant magnifié par la superbe musique de Hans Zimmer, mais aussi captivant car au-delà du combat de gladiateurs entre les deux rivaux, Rush montre le respect, l’admiration mutuelle qu’éprouvent les 2 pilotes.

Que vous soyez un fanatique où pas des sports automobiles, regardez RUSH, l’émotion et l’adrénaline sont au rendez-vous, c’est drôle, superbe la réalisation est superbe, le rythme est excellent, bien documenté rempli de scènes et d’images originales avec en prime des acteurs à l’interprétation parfaite, Chris Hemsworth électrise l’écran par son charisme, sa force et Daniel Brühl est tout simplement Niki Lauda, une performance à noter pour un acteur que l’on vu dans Good Bye Lenin ! et Inglorious Bastards. Ron Howard offre un superbe hommage aux pilotes, un récit épique magnifique.

Synopsis : RUSH retrace le passionnant et haletant combat entre deux des plus grands rivaux que l’histoire de la Formule 1 ait jamais connus, celui de James Hunt et Niki Lauda concourant pour les illustres écuries McLaren et Ferrari. Issu de la haute bourgeoisie, charismatique et beau garçon, tout oppose le play-boy anglais James Hunt à Niki Lauda, son adversaire autrichien, réservé et méthodique. RUSH suit la vie frénétique de ces deux pilotes, sur les circuits et en dehors, et retrace la rivalité depuis leurs tout débuts.

Rush : Bande-annonce

Fiche Technique

Origine : États-Unis/Allemagne/Angleterre
Réalisateur : Ron Howard
Distribution : Chris Hemsworth, Daniel Brühl, Olivia Wilde, Alexandra Maria Lara, Pierfrancesco Favino, Natalie Dormer, Christian McKay, Stephen Mangan, Julian Rhind-Tutt…
Genre : Biopic/Drame/Histoire Vraie
Date de sortie : 25 septembre 2013

Avec Blue Jasmine, Woody Allen sonde la psyché brisée d’une Cate Blanchett magistrale

0

Film allenien amer, Blue Jasmine est une comédie cruelle mêlant déchéance sociale et démence portée par une Cate Blanchett, qui emmène le film dans la stratosphère.

Synopsis : Mariée à un magnat de la finance New-Yorkaise, Jasmine a tout ce dont elle pouvait rêver. Mais quand son mari est subitement arrêté et incarcéré pour fraude, elle perd du jour au lendemain tout ce qu’elle possède: son argent, sa maison, son statut et l’esprit. N’ayant nulle part où aller, elle ne trouve d’autre solution que d’emménager chez sa sœur adoptive à San Francisco, un esprit libre de la classe ouvrière, on en peut plus différente d’elle.

Blue Jasmine, une femme dans la tradition des romans de F. Scott Fitzgerald

Après To Rome with Love, (le cru 2012 de Woody Allen), le réalisateur revient avec Blue Jasmine, un film qui s’inscrit dans une certaine réalité sociale, celle de la crise financière de 2008 provoquant la ruine et incarcération d’affairistes sans états d’âmes.

Woody Allen détricote la grande Bourgeoisie à travers le personnage de Jasmine, une femme habituée à une vie princière à Manhattan avec son richissime mari Hal, se retrouve soudain ruinée suite à l’arrestation de mari. De New-York elle se retrouve à San-Francisco, chez sa sœur Ginger (Sally Hawkins), dans son monde plus terre à terre.

Le décor est donc planté, une femme habituée au faste se retrouve soudainement plongée dans un environnement où l’argent ne coule pas à flot avec les enfants de sa sœur, le mari de sa sœur, le monde de sa sœur. Décrit ainsi, le film pourrait être une comédie, mais c’est une tragédie, Blue Jasmine peint le portrait d’une femme déclassée, dépressive, carburant à la vodka-xanax, incapable de saisir le bonheur à sa portée.

Une magistrale peinture de femme névrosée, une naufragée magnifiquement interprétée par une Cate Blanchett, dignes des grandes interprètes de personnages « Alleniens », comme Diane Keaton ou Mia Farrow.

Jasmine fait penser aux personnages féminins des romans de Francis Scott Fitzgerald, belles, frivoles, cyniques, égoïstes, désaxées et pourtant attachantes, émouvantes dans leurs errances, leurs déchéances…

Blue Jasmine (contraction du nom de l’héroïne et de la chanson Blue Moon, Jasmine fait allusion, à plusieurs reprises, à « Blue Moon » car c’est la chanson qu’elle a entendue quand elle a rencontré Hal, « Tu m’as vu alors que j’étais tout seul », un écho à la scène où Jasmine rencontre Dwight) est une plongée dans l’âme d’une femme imbuvable, incapable d’accepter la réalité présente, sombrant dans une folie intensifiée par les flashbacks d’un passé où la richesse masque les états de désespérances.

En faisant tomber l’illusion de la richesse, Wood Allen conte une tragédie, on est loin des héros qui se relèvent, cette Jasmine, semble être une descendante de Blanche de Tennessee Williams, notamment dans sa vision du passé et du présent qu’elle est incapable d’accepter.

Une comédie humaine magnifiée par Cate Blanchett qui a su exprimer la détresse, l’humanité d’un personnage cynique et snob, en lui apportant une telle grâce qu’on éprouve de la sympathie, là où on aurait pu se dire (bien fait, une chute méritée pour cette snobinarde).

Autour de Cate Blanchett, on retrouve Alec Baldwin/Hal, et Peter Sarsgaard/Dwight, parfaits dans leur registre respectif. Blue Jasmine est une comédie dramatique, une tragédie humaine dans lignée des films de Woody Allen, en particulier la musique très jazzy et une très belle photographie aux tons chauds.

Au final Blue Jasmine n’est pas un mauvais film, intéressant, sans être admirable, un peu décevant car trop caricatural. En réalité, c’est la performance de Cate Blanchett, sa prestation ahurissante qui vaut le déplacement.

Blue Jasmine : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=FER3C394aI8

Blue Jasmine : Fiche Technique

Réalisateur : Allen, Woody
Scénario : Woody Allen
Interprétation : Cate Blanchett (Jasmine Francis), Alec Baldwin (Hal Francis), Sally Hawkin (Gingers), Louis C.K. (Al)…
Photographie : Javier Aguirresarobe
Direction artistique : Santo Loquasto
Décors : Michael E. Goldman et Doug Huszti
Costumes : Suzy Benzinger
Montage : Alisa Lepselter
Musique : Christopher Lennertz
Genre : Comédie dramatique
Durée : 98mn
Date de sortie : 25 septembre 2013

Etats-Unis – 2013