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Interview : Jonathan Trullard, un réalisateur particulier

C’est une question qu’on ne se pose pas souvent. Et pourtant, c’est la question qu’a choisi de poser Jonathan Trullard aux habitants de sa commune. Posté devant le cinéma local, il tend le micro à ceux qui passent pour leur demander : « Pourquoi allez-vous au cinéma ? ». De cette première interrogation va en naître quantité d’autres qui constitueront le cœur du travail de ce marseillais d’adoption, venu au cinéma après quelques détours.

En effet, au départ, le jeune homme s’était destiné à une autre carrière : « Ma formation est essentiellement littéraire et j’étais encore en 2011 prof de français à Liverpool. Mais j’ai eu envie de tout arrêter pour faire ce que j’avais toujours eu envie de faire sans jamais m’en donner les moyens : du cinéma. Je suis rentré en France et j’ai fait une Licence de Cinéma à Aix-en-Provence. » C’est en 2012 au cours d’un stage dans une chaîne de télévision participative que ce réalisateur en herbe aura l’occasion de se mettre à la création. Arrête Ton Cinéma, série documentaire qui interroge indifféremment passants anonymes et réalisateurs chevronnés, est née d’une envie de réconciliation :

« J’ai toujours côtoyé des personnes de milieux et catégories sociales radicalement différentes et les personnes que je connais sont parfois à mille lieues l’une de l’autre dans leur rapport au cinéma. Ainsi j’ai pu côtoyer des personnes à la cinéphilie quasi religieuse tandis que d’autres préfèrent cent fois aller au Vélodrome que dans une salle obscure. J’ai essayé avec Arrête Ton Cinéma de rassembler tout le monde autour d’une même table en allant voir des personnes de cinéphilies et de milieux tout-à-fait différents, sans laisser plus de place aux uns qu’aux autres, dans une démarche la plus égalitaire qui soit. »

Ce qui au départ ne devait durer qu’un mois se prolongera finalement pendant trois ans. Trois années durant lesquelles Jonathan Trullard apprends à faire du cinéma sur le tas, questionnant à chaque épisode les pratiques et les finalités du septième art. « Peut-on faire du cinéma sans argent ? », « Le cinéma d’auteur a-t-il un public restreint parce qu’il est ennuyeux ? » « Ça a vraiment un sens le cinéma militant ? » sont autant de questions qu’il se pose. Nourrie de ses réponses, et en parallèle de son auteur, la série grandit, évolue. Elle se teinte de fiction et le documentaire devient une base sur laquelle se construisent de nouvelles idées. « Je crois être arrivé avec les deux derniers épisodes à quelque chose qui correspond à mon idée de la série aujourd’hui : une frontière floue entre fiction et documentaire où nos aventures de jeunes cinéastes en herbe puisent dans le réel. Je vois chacun de ces épisodes comme de véritables court-métrages à présent. »

Au fil des rencontres, de nouveaux projets naissent, et, en échange de la musique de la série, Jonathan Trullard réalise le clip The Lizard pour le musicien irlandais Tim O’Connor. « Il y avait quelque chose de vraiment nouveau pour moi sur ce projet car 80% de mon cinéma depuis trois ans se résumait à une forme documentaire très verbale, donc sortir de cette forme de cinéma pour un objectif tout autre, celui de rendre compte de ce que m’inspire une musique et d’écrire une trame narrative sans dialogue, était un vrai challenge et une expérience très excitante. » Tout cela est produit sans budget aucun et grâce au soutien d’une équipe bénévole et motivée qui accompagne Jonathan dans ses créations, trouvant des solutions pour pallier le manque de moyens. « Travailler trois ans sans argent sur Arrête Ton Cinéma nous a permis de développer un esprit de débrouille et de bricolage, il fallait constamment chercher des solutions et faire avec des bouts de ficelles sinon les épisodes ne pouvaient exister. Pour The Lizard nous n’avions pas plus de budget que pour un épisode, nous avons donc gardé nos habitudes de « cinébricoleurs » et tâché de faire au mieux avec les moyens du bord. » Ce système a évidemment ses limites, et aujourd’hui la série est en pause depuis plus de six mois, pour une durée indéterminée. « Accepter de continuer sans argent en venait, après trois ans de bénévolat, à accepter les conditions indécentes dans lesquelles on continuait de travailler jusqu’en avril dernier. » Pour concrétiser ses idées sur le prolongement de la série, le réalisateur est donc en recherche de financements. Pour autant, il n’est prêt à tout accepter, et est décidé à mener la série comme il l’entend, sans compromis. « Ce qui me fait peur, c’est qu’avoir un diffuseur de nos jours est généralement synonyme d’aseptisation et de formatage, ce que je vois mal pour Arrête Ton Cinéma puisque la série est par essence totalement « hors cadre », son avenir semble donc bien obscur aujourd’hui.»

Mais Jonathan Trullard ne compte pas se laisser décourager, et d’autres projets sont déjà en marche, notamment avec le duo de musiciens marseillais Catherine Vincent. « J’aime beaucoup leur univers et leur musique que j’ai redécouvert l’année dernière avec le film de Paul Vecchiali Nuits blanches sur la jetée. Le format s’apparentera encore moins que The Lizard à un « clip » classique, la musique sera composée pour l’image. Pour moi, ce projet est un véritable court-métrage… à forte densité musicale ! Plus ambitieux en termes de moyens, il s’annonce compliqué en termes d’organisation, j’ai besoin d’aide financière et logistique pour le produire. Le projet sur lequel je rêve actuellement de travailler si je n’avais pas de contraintes financières, ce serait un court-métrage de fiction. Ce sera une histoire d’amour et donc, par définition, un thriller.

Aujourd’hui je souhaite continuer de faire un cinéma libre, je ne souhaite pas m’engager dans un projet qui serait fait de contraintes et de compromis de production ne correspondant pas aux valeurs ou envies de cinéma qui sont les miennes. »

C’est donc ce que nous pouvons lui souhaiter de mieux : continuer dans le même esprit de liberté à réaliser ses envies de cinéma et, par conséquent, les nôtres.

Auteur Amaurych

Les innocentes, un film de Anne Fontaine: critique

Le couvent Polonais, a défaut d’être hospitalier, abrite de drôles de nonnes ; des nonnes fugueuses dans le fiévreux Ida de Pawel Pawlikoswi (Oscar du meilleur film étranger 2014), aujourd’hui des nonnes enceintes dans Les innocentes de Anne Fontaine.

En Pologne, en 1945, Mathilde Beaulieu, jeune médecin de la Croix Rouge française, cantonnée dans un village proche, découvre un couvent de bénédictines où des soldats soviétiques sont entrés de force, ont tué 20 religieuses et en ont violé 25. Sept des survivantes sont sur le point d’accoucher.

Chemin de Croix

Enfin cela n’a rien de vraiment drôle finalement, dans l’un on exhumait les fantômes de la shoah ; dans l’autre on assiste, 9 mois après le « passage » de l’armée russe à l’apparition « miraculeuse » de bébé dans ce sanctuaire de chasteté.

Sous la neige, hors du temps, les murs misérables d’un couvent résonnent de cris entre deux psaumes. Des ventres ronds se dessinent sous le tissu gris ; loin d’être immaculée, la conception a marqué plusieurs de ces femmes. Paralysée par la peur d’ébruiter l’affaire, la Mère supérieure refuse toute aide extérieure ; pourtant l’une des religieuses parvient à avertir une jeune interne de la Croix Rouge. Mathilde Beaulieu (Lou de Laâge) comprend deux mots de polonais, son interlocutrice en parle deux de français, mais rapidement Mathilde saisi la gravité de la situation. Troublée par ce qu’elle va découvrir mais jamais dépassée par les événements, Mathilde gagne la confiance de ces sœurs. Et ce malgré l’ascétisme qui règne et qui les sépare, malgré le rigorisme ambiant qui aseptise les rapports humains.

Anne Fontaine filme plus qu’un drame historique, elle l’utilise à des fins subtiles pour tisser des liens entre le dévouement et l’épanouissement. Truffé de symboles, liturgique ou médicinale, de croix, qu’elles soient rouge ou chrétienne, et même d’uniformes : blouse tâchée, uniforme gradé, ou habit religieux ; le film définit d’abord ses personnages par leur fonction. Chacun répond de sa cause, le couvent obéit au divin ; les médecins sont sous les ordres de l’armée, ils sont en mission. Mathilde, qui lie ces deux mondes, se heurte à la ferveur de ses « patientes », leur foi est douloureuse car elle les enchaine à quelque chose dont elles doutent. Leur dévotion nécessite qu’elles monopolisent leur amour dans le désincarné, mais surgissent de leurs entrailles des enfants de chair et d’os, à la fois réminiscence d’un cauchemar, et offrande ultime. Dans leur cœur et dans leur bras, l’amour tangible se manifeste, faut-il l’accepter, faut-il le repousser ?

La réalisatrice étale ce dilemme sur tout son film, en enchaînant les scènes douces amères et les clairs obscurs, tout balance entre le brutal et la délicat, le mortifère et le vivant. A commencer par la formidable photographie de Caroline Champetier, avec un travail d’éclairage et de lumière très pictural qui capte la froideur des arcades nues, et le léger hale chaud d’une bougie allumée. Des tableaux souvent mangés par l’ombre, mais jamais abandonnés à l’obscurité, qui traduisent l’ambivalence d’une histoire à la météo changeante, souvent cruelle, parfois légère. Comme le personnage de Samuel (Vincent Macaigne), médecin qui s’amourache de cette Mathilde aux traits angéliques et un tantinet garçonne. Seul représentant de son genre, il incorpore une gentille débauche, celle de la danse alcoolisée et du sommeil accompagné.

Anne Fontaine avec ce 14ème long métrage change de ton après Gemma Bovary, mais continue son cinéma international (elle qui a tourné avec Naomi Watts et Robin Wright en 2013 pour Perfect Mothers et qui d’ailleurs était en compétition lors du dernier festival de Sundance). Un casting à l’accent, forcément, polonais où l’on retrouve deux actrices qui jouaient déjà dans le Ida de Pawlikoswki : Joanna Kulig et Agata Kulesa, ainsi qu’Agata Buzek (découverte elle, chez StathamCrazy Joe). Frontière de la langue, frontière de la foi, autant de freins que Mathilde ignore pour toucher ce que proclame le film : l’amour fraternel et maternel de la vie. Cloîtrées, hantées, la croyance de ses sœurs s’effrite ; au contact de la jeune femme, elle renaît. Elle qui amène pourtant sa science, son touché, dans cet antre qui à l’image de la mère supérieure sombre peu à peu dans la maladie. Finalement Mathilde résout un problème qui dépasse l’événement qui l’avait amenée ; un problème ancré dans le spirituel, qui, à force d’ascèse se délite. Mathilde ouvre une nouvelle voie à leur ferveur, plus animée, plus sensible, plus vivante.

Avec Les innocentes, Anne fontaine explore, fascinée, le périple de la foi, ballottée par les horreurs de la guerre et les sursauts de l’âme. Lou de Laâge, une croix (rouge) comme chemin, fait profession de foi en la vie, et brille dans ce film bouleversant.

Les Innoncentes: Bande-annonce

Fiche technique: Les Innocentes

Réalisatrice: Anne Fontaine
Scénario: D’après une idée originale de Philippe Maynial/Sabrina B. Karine/ Pascal Bonitzer/ Anne Fontaine/ Alice Vial
Interprétation: Lou de Laâge/ Vincent Macaigne/ Joanna Kulig/ Agata Kulesza/ Agata Buzek
Montage: Annette Dutertre
Photographie: Caroline Champelier
Musique: Grégoire Hetzel
Costume: Katarzyna Lewinska
Décors: Joanna Macha/ Anna Pabisiak
Production: Éric et Nicolas Altmayer/ Philippe Carcassonne
Société de Production: Aeroplan Film/ France 2 Cinéma/ Mandarin Cinéma/ Mars Films/ Scope Pictures
Distribution: Mars Distribution
Genre: Drame historique
Durée: 100 minutes
Langue: Français/ Polonais
Date de sortie: 10 février 2016

L’Exposition Martin Scorsese à la Cinémathèque Française

Retour sur l’exposition Martin Scorsese à la cinémathèque française

Du 14 Octobre 2015 au 14 Février 2016

Copyright Cinémathèque
Copyright Cinémathèque française

            CineSeriesMag s’est rendu à la cinémathèque française dans le cadre de l’exposition dédiée au cinéaste italo-américain Martin Scorsese. Il s’agira ici de dresser un retour sur un événement qui nous a plus que partagé.

            Arrivés à l’entrée de l’exposition, nous nous introduisons dans un antre obscur. Face à nous, quatre écrans sur lesquels sont projetés des images de la filmographie du cinéaste, bien sûr non de manière aléatoire. Justement pensée, elle révèle et nous fait (re)découvrir en images le cinéma de Martin Scorsese. Des regards colorés, des rues New-Yorkaises traversées, la présence du Christ sous différentes formes (de bois, de chair dans La Passion du Christ et de manière figurale à travers les interprétations de ses héros), le mystique et l’homme, le travail de la couleur, New-York et son quartier de Little Italy, l’argent et les hommes, les plans et mouvements de caméra propres au cinéaste. On y voit aussi les acteurs du maître : De Niro, Di Caprio, Paul Newman, qui, avec la bande-son de Taxi Driver, et l’utilisation de la couleur par le réalisateur dans certains de ses films, expose le travail de citation et intrinsèquement de cinéphilie de Martin Scorsese. Et si cette installation était la clef de l’exposition ? Après quelques minutes, le visionnage se termine.

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Ci-dessus, les yeux chez Scorsese.

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Ici, la figure du Christ.

Sur notre gauche, un tableau noir présentant un texte d’introduction : « Inventeur de formes éminemment contemporaines, archéologue du cinéma soucieux de la préservation de son patrimoine, Martin Scorsese figure parmi les plus grands réalisateurs de notre époque. Passionnément engagé en faveur de la conservation des images animées, il aime à jeter un pont entre le passé et le futur du 7ème art. Dans ses films, les scènes et les époques changent, mais ses personnages sont toujours en proie aux mêmes doutes et aux mêmes questionnements. New York, la ville où Scorsese a grandi, constitue le théâtre récurrent de ses fictions, tout particulièrement le quartier de Little Italy, celui des immigrés italiens où sa famille, d’origine sicilienne, s’est installée. C’est également à New York que, le jeune Scorsese a étudié le cinéma. Ses études lui ont permis de développer sa propre écriture cinématographique. L’exposition montre dans quelle mesure il a marqué le cinéma américain de l’après « Nouvel Hollywood », par des défis esthétique, narratif et intellectuel originaux. Elle révèle en parallèle ses sources d’inspiration, sa méthode de travail, entouré pour chaque nouveau projet de fidèles collaborateurs. Cette exposition est la plus importante jamais organisée sur le réalisateur de Taxi Driver et du Loup de Wall Street. Elle se compose d’éléments essentiellement issus de la collection privée de Martin Scorsese, complétée par des archives issues de prestigieuses collections privées européennes et américaines. L’exposition a été produite par la Deutsche Kinemathek, Museum for Film and Television, Berlin. ».

Un texte d’introduction qui annonce son organisation en cinq parties, parfois sous-découpées :

1 – De Nouveaux Héros

            1* Une Famille Italo-Américaine

            2* Fratries

            3* Hommes et Femmes

2 – Crucifixion

3 – Au Cœur de New-York

4 – Inspirations

            1* Cinéphilies

            2* Revoir Hitchcock

            3* Hommages

5 – Maestria

            1* Filmer

            2* Monter

            3* Mixer

            Si à la lecture de ces titres, l’ordre vous semble quelque peu chaotique, notamment à cause de la partie Maestria qui casse l’organisation thématique, il est temps de vous rassurer, vous n’êtes pas dans le faux. Si les méthodes de travail du réalisateur, ses documents et autres pensées sont dévoilées dans toute l’exposition, la partie n°5 tient alors de la maladresse en voulant célébrer le génie technique du cinéma de Scorsese, déjà formidablement exposé précédemment à travers les documents. D’ailleurs, les textes de présentation de cette partie explicitent son côté maladroit. On peut lire dans la sous-partie Filmer : « Les films de Scorsese se caractérisent aussi par une fluidité, que leur confèrent l’habileté de la mise en scène et le travail de virtuose effectué à la caméra par ses directeurs de la photographie (…) Le langage cinématographique sophistiqué de Scorsese, avec ces changements fréquents de vitesse, ces mouvements contraires de caméra et d’acteurs, ces déplacements de steadycam interminables, a pour unique but d’exprimer la dramaturgie du film et la force suggestive exercée sur le spectateur. ». « Scorsese » pourrait être remplacé par « Spielberg » (et bien d’autres noms) que le texte n’aurait pas véritablement à changer. De même pour le texte des sous-parties Monter : « Martin Scorsese compte parmi les réalisateurs qui continuent d’élaborer la construction visuelle de leurs films au travers de storyboards, dessinés plan par plan. Il prévoit non seulement les durées des plans et les mouvements de caméra, mais esquisse également l’ordre et le montage des scènes. Tel un architecte… » ; et Mixer : « La Musique joue un rôle prépondérant dans la vie mais aussi dans l’œuvre de Martin Scorsese. ». Si ce texte nous amène au rapport à la musique du cinéaste, il n’analysera pas véritablement son travail très conséquent que l’on vous invite à découvrir via l’interview de David Chase – créateur des Soprano lui aussi inspiré – par un autre grand cinéaste cinéphile Peter Bogdanovitch, par exemple. Le texte contient d’ailleurs des erreurs : Be my Baby n’est pas un titre des Rolling Stones mais des Ronettes. C’est Anybody Seen My Baby qui est un titre du groupe anglais. Autre erreur dans le même texte : « Dans Shutter Island (2010), Scorsese ose une expérience inédite en intégrant exclusivement de la musique contemporaine au sein de l’intrigue du film. L’atmosphère de ce thriller psychologique est imprégnée de la musique abstraite de compositeurs tels que Krzysztof Penderecki ou György Ligeti qui ont tous deux vécu dans les années 50. ». Première erreur, le film comporte une musique jazzy-blues des années 50s, Cry, chantée par Johnny Ray, et il est aussi constitué de compositions d’artistes modernes tels que Brian Eno et surtout Max Richter, qui n’a pas été choisi au hasard. En effet, il est compositeur de la mémoire, de l’histoire, et son titre On the nature of daylight est particulièrement utilisé lors des séquences de souvenirs du personnage interprété par Di Caprio.

            Généralités et lieux communs dans les textes de présentation (on citera aussi la sous-partie 1.3 : Hommes & Femmes), manque de précisions, informations erronées… L’exposition Martin Scorsese a dans son organisation et ses textes tout d’un exposé scolaire sur le cinéaste. Les détails nous viennent avec les documents. Certains sont purement anecdotiques et tiennent de la célébration du cinéaste : la table présente dans un documentaire sur ses parents, la reproduction d’une télévision elle aussi dans le documentaire (voir photographie ci-dessous)…

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D’autres tiennent plus de l’objet communiquant, c’est-à-dire de l’aspect médiatico-attractif, tels que les nombreuses photographies de tournage dont beaucoup sont trouvables sur l’internet avec un bon moteur de recherche. Par exemple, la photographie ci-dessous :

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Enfin certains sont rares, et en disent plus sur le cinéaste que tout le reste de la partie concernée. Problème, ils ne sont pas mis en avant. On peut citer par exemple la lettre-manifeste de Scorsese concernant la nécessité d’exiger des distributeurs qu’ils investissent un peu plus dans l’édition de copies viables, qui supportent le poids du temps. Acte conséquent du cinéaste cinéphile qui a propulsé tout son travail sur la conservation des films – notamment avec la création de la Film Foundation en 1990 (avec Woody Allen, Robert Altman et d’autres) -, aussi illustré par les lettres de soutiens de cinéastes, elles aussi isolées. Ces objets sont précisément dans le couloir de sortie peu éclairé conduisant au magasin de la cinémathèque.

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On pourra cependant féliciter la mise en avant et le travail de présentation du film Les Nerfs à Vif (Cape Fear, 1991), film longtemps isolé de sa filmographie, de même pour Le Temps de l’Innocence (The Age of Innocence, 1993).

 

Ci à droite les essais des tatouages du personnage

de Max Cady, des Nerfs à Vif, interprété par R. De Niro.

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Ci-dessus, les storyboards de la séquence

en bateau des Nerfs à Vif et des photographies

de la construction du plateau.

À l’entrée, pour débuter la sous-partie de la famille italo-américaine, et plus tard plusieurs fois, Les Affranchis, le plus connu et médiatisé de Scorsese ont-ils dû se dire lors de la préparation de l’exposition, citant Italoamericans sans le diffuser. Vous pouvez le retrouver dans le dvd Martin Scorsese : courts-métrages et documentaires édité chez Wildside en 2007, ou si vous ne pouvez attendre, vous le trouverez facilement sur Youtube.

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Bien sûr on trouve d’intéressantes et réussies installations telles que celle du début ou encore la carte – avec quelques reliefs – de New-York autour de laquelle des écrans diffusent des extraits des films New-Yorkais – du maître – titrés nous renvoyant au lieu réel du tournage (voir photographies ci à droite et ci-dessous).

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On peut aussi citer la projection de La Clef de la Réserve (The Key of Reserva, 2007), court métrage publicitaire tourné par Scorsese rendant un formidable et drôle hommage à Hitchcock, qui fut un passage obligé pour tous les visiteurs. Si plusieurs passaient devant sans s’y arrêter, ce fut un moment fédérateur, même si le court métrage est disponible légalement sur l’Internet :

On pourrait citer d’autres bonnes trouvailles, mais s’il s’agit maintenant de faire le bilan de cette exposition : la première question ne concernerait pas les erreurs et maladresses de celles-ci, mais à qui elle s’adresse ?

Il s’agit, il nous semble, d’une exposition tous publics, on ira même jusqu’à parler d’une célébration tous publics. Certes, il faut ouvrir un artiste à tous et toutes, mais pourquoi ne pas déjà le faire plus ouvertement dès le site de la cinémathèque (vous y retrouverez une introduction de Serge Toubiana, une exposition virtuelle sur New-York et Scorsese avec une map intéractive liée aux images des films du maître – telle l’installation de la troisième partie -, entre autres), afin de proposer un travail (d’analyse notamment) plus approfondi de l’œuvre de Martin Scorsese auxquels les documents viendraient tous à être mieux présentés et découverts, et gagneraient leur place dans l’exposition. Le cinéphile habitué des outils de la toile en saura bien plus chez lui, et il n’aura pas à débourser plus d’une dizaine d’euros (hors cartes avantages et autres réductions) pour l’entrée et trente-neuf euros pour le catalogue des textes qui ont servi de base à l’exposition. Le cinéphile et le simple spectateur débutant ses aventures cinématographiques, s’ils ne sont pas connectés, en sauront tout aussi énormément en regardant Arte, chaine (partenaire de la cinémathèque) qui a mis en place une rétrospective sur le cinéaste américain en proposant au spectateur de (re)découvrir son grand film documentaire très important : Un Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma américain (A Personal Journey with Martin Scorsese Through American Movies, 1995) ; le deuxième film, Un Voyage avec Martin Scorsese à travers le cinéma italien, ou Mon Voyage en Italie (Il Mio viaggio in Italia, 1999) été édité en dvd par Arte, il est d’ailleurs présenté à l’exposition, notamment avec un extrait. Cela entre bien d’autres découvertes, de six de ses films à la diffusion de la rencontre Martin Scorsese par Martin Scorsese tournée à la cinémathèque, et tout cela gratuitement. D’ailleurs, on remarquera que les thématiques du travail d’Arte sont plus nuancées : si la cinémathèque s’intéressait dans une partie à New-York, la chaine réfléchissait Scorsese « entre deux villes : entre New-York et Hollywood » (voir leur présentation sur le site officiel) ; concernant la famille, Arte élargissait bien plus le champ de réflexion en travaillant la deuxième famille du cinéaste, famille du cinéma avec Harvey Keitel, Robert De Niro, Thelma Shoonmaker… certes cités et à de nombreuses reprises présentés par la cinémathèque – notamment les acteurs – mais dont les rapports amicaux et professionnels n’ont pas été assez creusé par l’organisation dédiée au cinéma.

            Enfin, l’exposition Martin Scorsese à la cinémathèque française tient davantage de la célébration, de l’événement fédérateur, que du travail d’exposition et du rendez-vous culturel qu’il suggère. Ce moment mis en place par la cinémathèque tient d’une introduction au cinéaste, et la suite de la (re)découverte du cinéaste, et le travail plus poussé sur le maître, ont eu lieu lors d’événements à la cinémathèque, que vous pourrez retrouver sur l’Internet, de même pour les travaux d’Arte.

Ci-dessous, trois Blow up (Arte) dirigés par Luc Lagier pour (re)découvrir Martin Scorsese de manière amusante et intelligente :

https://www.youtube.com/watch?v=uvTPVas2mVU

https://www.youtube.com/watch?v=C99LKF6vO1c

Enfin un dernier hommage intelligent et subtil  au cinéaste par Xavier Giannoli :

https://www.youtube.com/watch?v=K6wFCCpDquA

Pseudonym, un film de Thierry Sebban : Critique

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Acteur de théâtre aperçu dans la série Canal + Pigalle, la Nuit, Thierry Sebban a également réalisé plusieurs courts-métrages. Pour son premier long, il a choisi d’aborder à  sa manière le drame du problème de la dangerosité des rencontres faites sur Internet. Un sujet prétendument touchant de par son statut de père de famille.

Synopsis : Alex est un père divorcé en quête d’une relation grâce aux outils numériques à sa disposition. C’est justement via un repas par webcams interposées qu’il fait la connaissance de la sulfureuse Nina. Il ne se doute que cette rencontre est orchestrée par des êtres impitoyables qui vont l’entrainer dans une infernale spirale de violence.

Et vous, tomberez-vous dans le piège?

Une problématique qui a valu au long-métrage d’être soutenu par la gendarmerie anti-cybercriminalité ainsi que, paradoxalement, de l’un de leurs farouches adversaires, les Anonymous. En plus d’en être le scénariste et le réalisateur du film, Sebban s’y octroie pour l’occasion le premier rôle principal de sa carrière. En une durée assez courte de moins d’une heure et quart, il imagine le drame d’un homme pris au piège d’une bande de tortionnaires sadiques. Le fait que, contrairement aux stéréotypes, la victime du guet-apens ne soit pas la femme mais l’homme, se veut inspiré par le modus operandi du gang des Barbares dans la tristement célèbre Affaire Halimi. Mais, que cet unique twist soit déjà contenu dans le synopsis et qu’il n’aboutisse à rien de concret, révèle bien la vacuité dont souffre le déroulement du récit.

Alors que le film commence sous la forme d’un thriller noir à travers la conversation entre Alex et Nina qui profite d’une certaine intensité érotique et d’un doute autour des motivations de chacune des parties, la suite s’égare au point de passer complètement à côté de son sujet. En se divisant entre les arcs narratifs des deux personnages, la question de la menace liée aux abus du web devient parfaitement obsolète. Au travers d’un montage alterné, on observe donc les errances de Nina, ses prises de drogue, d’alcool, une scène de sexe et enfin sa tentative de suicide, parallèlement à une espèce de torture-porn maladroit. Faussement trash et moralement caduc, le film mise tout sur le rythme que lui apportent son surdécoupage –utilisant aussi bien un montage épileptique que des cut très brutaux– et sa musique électronique composée par Nicolas Baby, du groupe FFF. Le résultat en est un long clip écœurant dépourvu de plus de la conclusion qui lui aurait donné un sens. Dans la peau de Nina, Perrine Tourneux est peut-être la seule interprète qui tire son épingle du jeu dans sa manière de passer du statut d’aguicheuse sexy à celui de junkie perturbée. Cependant, son personnage n’est, comme tous les autres, à commencer par celui d’Alex, qu’une caricature, réduisant le pouvoir d’empathie à zéro. En guise de méchant, Simon Abkarian, qui a déjà collaboré avec Thierry Sebban dans Pigalle, se retrouve affublé du rôle le plus grotesque : celui du commanditaire de ces tortures, une incarnation de la perversité voyeuriste ce qu’il peut y avoir de plus granguignolesque. Hormis sa scène de course-poursuite, filmée en caméra embarquée, l’ensemble souffre donc d’une absence de suspense au profit d’une violence exacerbée terriblement inconvenante au regard de ce qu’il voudrait raconter. Et n’évoquons pas la conclusion, nous faisant suivre l’évasion d’Alex des griffes de cette bande de criminels, dont on ne comprendra jamais la raison de leurs actions, dépourvue de la moindre crédibilité. Un comble pour thriller qui se voudrait réaliste.

Malgré la bonne intention qu’est de dénoncer les risques liés à l’Internet, Pseudonym sombre dans traitement de fort mauvais gout sur le fond comme sur la forme. Les 75 minutes que dure le film se révèlent finalement bien longues. Ce qui devait devait être un film militant moderne n’et finalement qu’une série B dépassée.

[Bande-annonce] Pseudonym:

[Fiche technique] Pseudonym:

France – 2014

Réalisation : Thierry Sabban
Scénario: Thierry Sebban
Interprétation: Thierry Sebban (Alex), Perrine Tourneux (Nina), Igor Skreblin (Sergueï), Simon Abkarian (Monsieur)…
Image: Christophe Grelié
Montage: Thierry Sebban, Eric Armbruster
Décors : Anne-Sophie Criaud
Musique: Nicolas Baby
Producteur(s): Gilles Podesta, Thomas Langmann
Sociétés de production: Diabolo Films, La Petite Reine
Distributeur: Destiny Distribution
Date de sortie: 9 mars 2016
Durée: 74 minutes
Genre: Thriller

Saw 8 Legacy est en préparation : quel film pour quelle suite ?

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Saw 8 Legacy : le film d’horreur revient pour une suite !

Mardi dernier, nous apprenions la préparation du huitième volet de la célèbre saga horrifique SAW. Initiée en 2004 par le désormais célèbre réalisateur malaysien James Wan, la saga a pu se vanter de scènes gores efficaces et jusqu’au-boutistes malgré une qualité plutôt décadente d’épisodes en épisodes. Après de multiples rumeurs ces dernières années, Lionsgate aurait enfin lancé la production d’un huitième opus à la franchise.

Selon le site américain spécialisé Bloody Disgusting, la nouvelle major, tout juste sortie du ras de marée au box office de Hunger Games, aurait engagé les scénaristes Josh Stolberg et Peter Goldfinger (le jouissif Piranha 3D) pour s’occuper du script. Ce nouveau film serait manifestement une suite, en témoigne son titre de travail, Legacy (Héritage en français), et chercherait toujours un réalisateur pour passer de la case développement à celle de la pré-production.

Une saga (très) prolifique

Saw, sorti en 2004, témoigne de l’implication de son auteur à croire en son projet. Après être sorti de l’école de cinéma, James Wan a tenté d’écrire et de produire un petit film indépendant en s’inspirant du minimalisme du Projet Blair Witch et en l’adaptant à un huis clos. Après des refus avec des producteurs australiens, lui et son ami scénariste Leigh Whanell ont apporté un court métrage de sept minutes sur le piège à ours inversé (financé à auteur de 2000$) ainsi qu’une copie du scénario aux producteurs Gregg Hoffman, Oren Koules et Mark Burg. Ils reçoivent ainsi 1,2 millions de dollars pour réaliser leur film.

Après un succès critique, le long métrage (bande-annonce ci-dessous) devient un phénomène aux box office américain et mondial, en accumulant plus de 103 millions de dollars. Quand on agrandit à l’échelle de la saga, la série de sept films a coûté environ 65 M$ et en a rapporté plus de 873 millions. Un carton commercial qui doit beaucoup à la qualité de son croque mitaine, alias Jigsaw, ennemi iconique, incarné avec maestria par Tobin Bell.

Que penser de cette annonce et qu’espérer de cette suite ?

Si l’annonce de Saw 8 ne surprend pas réellement, suite aux nombreuses rumeurs de ces dernières années, on s’étonne d’une mise en chantier si rapide d’une saga encore dans les têtes de la plupart des spectateurs. A l’instar d’un 10 Cloverfield Lane, Saw 8 Legacy donne envie autant qu’il inquiète, notamment par les scénaristes engagés sur le projet. Si on ne doute pas de leur capacité à s’adapter aux carcans de la franchise, on regrette un choix presque hors sujet avec le ton de la franchise. En effet, les deux personnes recrutées ont fait leurs preuves dans du cinéma horrifique très second degré avec pour exemple Piranha 3D.

De plus, on se demande comment le film pourra faire la jonction avec le long métrage précédent. Sans vouloir trop spoiler, la fin de SAW 3D : Chapitre final, dévoilait un retournement qui laissait penser une éventuelle suite. D’ailleurs, il a longtemps été déclaré que Lionsgate avait signé jusqu’à l’épisode 8, ce qui ne laissait presque aucun doute sur la tenue d’un nouvel opus. Enfin, la saga avait été en réalité brutalement stoppée suite aux mauvais résultats (à relativiser) de l’épisode 6, obligeant la major à arrêter la saga brusquement.

Finalement, l’idée d’un huitième épisode à la saga SAW nous emballe autant qu’elle nous rebute. Si la présence de scénaristes assez inexpérimentés en la matière et la durée entre les films peuvent nous refroidir, l’idée d’un retour du glorieux Jigsaw nous procure une attente assez insatiable. Néanmoins, on préférera rester objectif et réservé concernant cette annonce, qui pourrait redonner un petit coup de fouet au cinéma gore américain qui connait beaucoup de difficultés ces dernières années.

Festival Clermont-Ferrand 2016: Interview de Jean-Claude Saurel

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« Le terrain d’expérimentation pour le renouvellement de l’écriture cinématographique »

De son visage plissé et de sa moustache grisonnante se dégage une bonhomie naturelle. Le pas est tranquille et posé. Jean-Claude Saurel, s’avance vers nous, et nous conduit près de son QG dans un bureau adjacent « pour être au calme ». Sa délicatesse le pousse à chercher lui-même une chaise supplémentaire afin de nous mettre d’emblée à l’aise. Il nous confesse prendre parfois son temps, sortant tout droit d’une séance scolaire, avant deux réunions avec le CNC et l’ADAMI prévues pour l’après-midi. Mais ne nous méprenons pas. De cette force tranquille, émane l’homme de convictions: le regard est fixe lorsqu’il s’exprime, la voix assurée, le ton posé. Jean-Claude Saurel est un amoureux de la libre expression artistique et du format court auquel il a consacré la plus grande partie de sa vie. Président de l’association Sauve qui peut le Court Métrage, il demeure le digne ambassadeur de son festival, sachant le défendre par monts et par vaux. Face à son immense succès, l’homme préserve la simplicité, la modestie et la franchise des grandes figures.

Interview de Jean-Claude Saurel, président de Sauve qui peut le court métrage

festival-clermont-2016-jean-claude-saurelNous avons eu le privilège de rencontrer cette personnalité importante du 7ème Art lors d’un entretien matinal le 8 février 2016; où il retrace l’historique de son association et de son festival, tout en acceptant de se livrer sur son parcours exceptionnel. Bonne humeur garantie!

– JCS, commençons si vous le voulez bien par une petite anecdote. La présentatrice de la cérémonie d’ouverture de cette 38è édition a éveillé notre curiosité… Le vent souffle très fort aujourd’hui dans le rues clermontoises… Êtes-vous « Le Diable »? Portez-vous fièrement ce pseudonyme?

Comme beaucoup de pseudonymes, c’est quelque chose de totalement accidentel. Au siècle dernier, quand j’étais étudiant débutant à Clermont, on avait l’habitude de jouer au baby-foot dans un bistrot branché de l’époque, pas très loin d’ici d’ailleurs le « Bar du Jardin ». Un soir, un de mes adversaires a qualifié un de mes coups de diabolique. C’est devenu accidentellement le lendemain « Le Diable » (…) Il y a eu plusieurs versions sur l’origine, mais je donne ici l’authentique! Quand j’ai rencontré ma femme, je lui racontais que c’était parce que je buvais des diabolos menthe mais c’était une fausse piste (rires)…

– Depuis 1999, vous êtes président de l’association Sauve qui peut le Court Métrage (ndlr: créée en 1981), qui vous a confié l’organisation de l’Evènement. Dans l’intitulé même de votre association, on trouve un cri d’alarme, l’idée même d’une urgence… En 2016, malgré l’immense succès de votre festival, le format court vous semble-t-il toujours en danger?

Il est compliqué de répondre à cette question. Une précision sur l’origine de Sauve qui peut le Court Métrage: oui, il s’agissait bien d’un cri d’alerte puisque qu’à l’époque le court-métrage était dans une situation d’hyper-confidentialité. Mais c’est aussi parce que Antoine (ndlr: Antoine Lopez, l’un des trois fondateurs du Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand), que je qualifierais de Niel Amstrong, avait beaucoup de sens de l’humour lors de l’ouverture. Il l’a toujours d’ailleurs, on est encore proche malgré sa retraite. C’était aussi un clin d’œil au film de Godard Sauve qui peut la vie. Les deux étaient mélangés.

Aujourd’hui, cette urgence est moins présente. Dans notre sillage pleins de festivals se sont créées et ont réhabilité petit à petit une certaine légitimité du court, même si ce n’est pas complètement abouti. Les gens comprennent quand même progressivement que le court c’est pas seulement un genre en danger, mais c’est aussi l’avenir de fait du long-métrage, puisque c’est le terrain d’expérimentation pour le renouvellement de l’écriture cinématographique entre autres, que je mets en premier. On dit souvent que c’est un passeport pour le long, ou un passage. Je le mettrais en dernier. Parce que passer au long métrage, c’est tout de même une sacrée course d’obstacles.

Bien-entendu, vu l’ampleur du festival de Clermont, on peut citer quelques grands réalisateurs actuels qui ont commencé par le court. J’en dirais 4 ou cinq à la volée: Jean-Pierre Jeunet, Cédric Klapisch… Mais l’immense majorité des réalisateurs ont souvent du mal à passer au long ou quelques uns restent dans le court-métrage (…) On a baptisé l’amphithéâtre de Gergovia « Agnès Varda« , qui est « une papesse » du court-métrage, puisqu’elle en a réalisé 17, en alternant longs et courts. C’est un parcours original. Mais elle est coiffée par notre animateur de débat Claude Duty, le « pape » du court-métrage, puisqu’il en a réalisé 21, avant de passer au long un peu accidentellement (…) Personnellement, je partage l’idée avec l’immense partie de l’équipe de Sauve qui peut, que le format court c’est d’abord en premier l’avenir du long, c’est le terrain d’expérimentation du renouvellement du long métrage, et du cinéma en général. Et aussi quelque chose qu’on oublie souvent, un lieu de formation exceptionnel pas seulement pour les réalisateurs, mais aussi pour tout un tas de métiers du cinéma. Un seul exemple: j’ai connu Christophe Rossignon, c’est un grand maintenant, mais il débuta tout petit en produisant des courts-métrages. Maintenant, c’est le patron de « Nord-Ouest Productions » avec un palmarès exceptionnel. Je citerais un film qu’il a produit, Bienvenue chez les Ch’tis, où il apparaît même en tant que figurant (ndlr: le serveur de la brasserie)… Sans mentionner tous les techniciens qui ayant commencé par le court, sont maintenant dans le long, et bien reconnus.

– Vous avez lancé le festival de Clermont-Ferrand en 1979 avec Antoine Lopez et Georges Bollon, après des études en droit puis en lettres, et l’entame de cotre carrière de sculpteur et graveur de pierres. Vous avez co-réalisé en 2001 un film Comme un seul homme, 20 prix, 20 mentions, qui aborde avec justesse la dimension humaine d’un sport qui vous passionne (comme tout bon clermontois qui se respecte) et que vous avez pratiqué, le rugby. Quel parcours! Atypique pourrait-on dire… Pourquoi avoir consacré la plus grande partie de votre vie au court-métrage? Quelle(s) spécificité(s) trouvez-vous dans ce mode d’expression artistique?

Je suis tombé dans le bain comme spectateur et compagnon de route des fondateurs, puisque c’était des gens que j’avais connus animateurs du CCUC. Il est important de rappeler que si le festival a démarré avec autant de succès, c’est dû en grande partie à la fidélité du public du CCUC, ce fameux Cercle Cinématographique Universitaire de Clermont-Ferrand, qui était le premier de France tout de même, avec 1700 adhérents. J’étais alors un festivalier très assidu et en 1999 quand il y a eu un problème de croissance de l’association, il fallait un président présent et actif (…) C’est comme ça que les « vieux » Antoine et Georges m’ont demandé de devenir président de l’association. Mais il ne faut jamais perdre de vue que nous avons un fonctionnement atypique, c’est la collégialité intégrale. Je joue le rôle d’un président d’association loi 1901, mon rôle est de représenter l’association et de m’occuper de la partie administrative.

Après, on a évoqué mon expérience de co-réalisateur, puisque j’ai travaillé avec Jean-Louis Gonnet (ndlr, pour Comme un seul homme, 2001). Je peux signaler aussi à titre anecdotique, un vidéaste local très connu dans le monde entier, mais pas connu à Clermont, Michel Coste, qui en 1991 a construit un scénario où je suis le personnage central par rapport à mon métier de graveur sur pierres. Ça s’appelle J’irais gravé sur vos tombes (rires), un film remarquable puisqu’il commence comme un documentaire classique et finit dans le fantastique. Il y a 3 morts qui sortent de leur tombe dans un cimetière typique et qui viennent me déranger dans mon travail, mais je ne dirai pas ce qu’ils leur arrivent (rires).

Je garde un œil sur le court-métrage parce que ça me passionne toujours autant (…) Le court-métrage, c’est tout simplement la richesse et le pluralisme du genre. Du fait des conditions économiques beaucoup moins contraignantes que pour le long, ça permet une liberté totale d’exploration et de recherche.

– On parle de « Cannes du Court », du plus grand festival de court-métrage au monde. Êtes-vous fier de ces qualificatifs laudatifs ou gardez-vous une certaine distance? 

Il est reconnu comme tel par les professionnels depuis un quart de siècle. C’est une réalité incontournable. Souvenez-vous qu’en 1995, c’est le centenaire du cinéma. Il y a ici une coïncidence: c’est lors du centenaire du cinéma que la fréquentation du festival par le public a atteint le seuil des 100 000 entrées. C’est à partir de ce moment là à peu près 1993-1995 qu’on est reconnu comme la première manifestation mondiale en termes de fréquentation par un public assidu. Par ailleurs, on accueille actuellement à peu près 3200 professionnels venus du monde entier.

Ce sont les seuls points de comparaison avec Cannes, car Cannes c’est pas du tout la même chose. Un, la compétition officielle est hyper médiatisée, et n’est réservée qu’aux professionnels, une énorme différence avec Clermont (…) On a institué ici un système dans l’esprit du départ qui veut qu’il n’y a pas de rupture entre les professionnels et le public. Les professionnels sont badgés, ils font la queue comme tout le monde, et ça change tout. Exemple très important: depuis quelques années on essaie de toucher les publics les plus divers et on envoie des places d’accès gratuit à toutes les associations caritatives, « Secours Populaire », « Secours Catholique », et « Restos du Cœur ». Les gens qui bénéficient de ces tickets du fait de l’ambiance particulière de Clermont-Ferrand, notamment du point de vue vestimentaire, n’hésitent pas à venir. Vous donnez des tickets gratuits à Cannes, les gens n’oseront jamais monter les marches, par exemple (rires)

– Une question de politique territoriale à présent. Êtes-vous préoccupé par le nouveau découpage régional et votre rattachement avec Rhône-Alpes?

On arrive à la question qui « fâche » avec cette réforme territoriale totalement incohérente. On va en discuter tout à l’heure avec le CNC, car il y a danger. En 2015, lors du festival avec l’ancienne Région Auvergne, qui était la principale partenaire du festival, on a signé une convention dans un but précis, celui de sanctuariser au moins pendant trois ans nos actions. On a calculé tout simplement. Avec cette nouvelle région Rhône-Alpes-Auvergne, si nous perdions, je schématise, le pilotage de la Commission du Film, le pilotage de Pôle d’éducation à l’image, on serait mal parce que ce sont des actions étroitement imbriquées avec le festival, qui nous nourrissent et qui se nourrissent du festival (…) Cette région qui passe de 4 départements à 12, pose le problème de la proximité, ou alors il nous faut des moyens énormes pour gérer un seul Pôle d’éducation à l’image sur 12 départements. Une des qualités de notre action locale du point de vue du Pole d’éducation à l’image, c’est que l’on ne s’occupe que de 4 départements (…) On travaille sur la proximité (…) A l’échelle de la nouvelle région, nos équivalents en Rhône-Alpes, ne fonctionnent pas du tout de la même manière que nous. Nous ici on est totalement indépendants donc ils vont passer sur les fourches caudines de notre organisme (…) On risque de perdre de l’efficacité. Deux gestions différentes. Laquelle va l’emporter? Vu le rapport de force entre les deux régions, je pense que c’est Lyon (…)

– Une question de genre à présent. L’année dernière, nous avons été charmés par certaines comédies, telles que Pierrot La fontaine Mon cul, People are strange ou encore De Smet qui a remporté le prix Canal +… Même si les thématiques sociales sont récurrentes à chaque édition, pensez-vous qu’une comédie puisse à nouveau remporter un Vercingétorix? 

Si on fait l’historique, plusieurs fois des comédies ont été récompensées, notamment une qui a fait le tour du monde, elle a même été oscarisée, Le Mozart des pickpockets (2006). Les jurys ici sont totalement indépendants (…), c’est très variable. Ce qui guide la sélection, c’est l’esprit des sélectionneurs, nos sélectionneurs, notre équipe: un, les tripes du réalisateur contre les tripes du sélectionneur et deux, respecter le pluralisme du genre qui me semble infini (…) il y a toujours quelques comédies, mais il faut qu’elles soient de haute qualité.

– Quelle est selon vous l’influence des attentats de 2015 sur cette 38è édition?

L’an dernier, le festival s’est ouvert trois semaines après les attentats contre Charlie Hebdo. Nous étions sous le plan Vigipirate. On a un directeur de cabinet du Préfet, qui est très bien, qui ne sort pas de l’ENA, un ancien prof, donc il a le sens des réalités, Il a remarquablement mis en place le plan Vigipirate lors de l’édition 2015, parce qu’il connait le festival, c’est un fan, et ça s’est très bien passé. Cette année c’est plus compliqué, l’état d’urgence est quelques degrés au-dessus. On a eu des petits soucis mais ça à l’air de pas trop mal se passer. Les 27 000 euros (ndlr: liés à la sécurité du festival) sont de notre poche pour l’instant. On espère que cela va changer (…)

– Une question plus personnelle pour conclure. Certaines anciennes figures du festival ont quitté le navire (Antoine Lopez, Jacques Curtil, Christian Guinot…). Votre mandat arrive à son terme en 2017. Après tout le chemin parcouru, avez-vous l’envie de tirer votre révérence, de passer le témoin, ou pas?

Le mandat de trois ans arrive à échéance en juin 2017. Je fais un trait d’humour. Je pense que je vais survivre à Hollande (rires) (…) Bien-entendu, comme pour le reste du fonctionnement de l’équipe, c’est eux qui décident. Moi personnellement tant que je suis en forme physique, s’ils me demandent de faire un septième mandat, je le ferai, ce qui m’amènerait en 2020. Là c’est une question interne (…) Vous savez, Gilles Jacob mon équivalent de Cannes, a tenu les rennes jusqu’à 82 ans, donc ça me laisse de la marge (rires).

Merci infiniment JCS!

Jean-Claude Saurel en quelques dates:

1947
Naissance à La Terrisse, dans l’Aveyron. Ses parents étaient agriculteurs.
1967
Après un bac de philosophie à Rodez, Jean-Claude Saurel poursuit ses études à Clermont-Ferrand. D’abord en Droit, puis en Lettres.
1974
Débute sa carrière de sculpteur et graveur sur pierre
1979
Lancement du festival du court métrage à Clermont-Ferrand avec Antoine Lopez et Georges Bollon
1999
Devient président de « Sauve Qui Peut Le Court Métrage »
2007
Représente le secteur culturel au Conseil Economique, Social et Environnemental Régional

Supercut du Super Bowl : Tous les trailers de l’événement analysés !

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Tous les trailers du Super Bowl passés au crible :

L’événement télévisuel et sportif le plus suivi au monde, le Super Bowl, s’est déroulé hier dans le Levi’s Stadium de Santa Clara en Californie. Hormis la victoire des Broncos de Denver et la traditionnelle parade musicale et mercantile, les cinéphiles ont pu apercevoir de nombreux trailers des films les plus attendus de ces prochains mois. Outre les évidentes frasques super-héroïques telles que Deadpool, Batman v Superman : Dawn of Justice, X-Men : Apocalypse et Captain America : Civil War, des blockbusters plus originaux tirent leurs épingles du jeu (Eddie The Eagle, The Secret Life of Pets).

Dans cet article, nous allons tenter d’analyser les éléments qui nous ont été offerts dimanche soir, d’abord grâce à un supercut qui regroupe une grande partie des trailers. Par la suite, on se référera aux longues bandes annonces de certains films qui ont été dévoilés en amont.

https://www.youtube.com/watch?v=AzyUCTOoA_w

Dans ce Supercut, quatre mini trailers s’enchaînent concernant les films de super héros, c’est-à-dire dans l’ordre : Deadpool, Batman v Superman : Dawn of Justice, X-Men : Apocalypse et Captain America : Civil War.

Le spot TV du premier est des plus classiques. Quelques nouvelles images à se mettre sous la dent et la production tente d’accentuer le versant humoristique de son produit. La Fox a voulu rassurer les spectateurs les plus réfractaires à l’univers très violent et second degré du long métrage. (Notre avis sur le film : https://lemagducine.fr/deadpool-film-de-tim-miller-critique/ )

Celui de Batman v Superman : Dawn of Justice est un peu plus original bien qu’assez étrange sur la forme. Avec un partenariat avec Turkish Airlines, les personnages de Lex Luthor (Jesse Eisenberg) et de Bruce Wayne (Ben Affleck) nous dévoile leurs cités respectives de Métropolis et Gotham au travers de monuments ou autres constructions. Pas de nouvelles images du film mais des fausses publicités aux allures propagandiques. Si on est plutôt satisfait que la Warner Bros ne cède pas aux moneyshot faciles et aux révélations délirantes (comme dans le dernier trailer à ne surtout pas regarder), ce concept de bande annonce très mercantile ne nous rassure guère concernant la qualité esthétique et cinématographique de l’œuvre.

Les nouvelles images de X-Men Apocalypse sont aussi esthétisées que numériques et proposent un véritable contenu inédit. Malgré tout, en dehors du décolleté d’Olivia Munn, qu’est ce que qui pourrait nous rassurer ? Pas grand chose pour sûr. Le même problème que la première bande annonce resurgit, le flot de numérique nuit à l’immersion et la direction artistique laisse quelque peu à désirer. On espère bien plus d’une bande annonce X-Men, qui aura la tâche de succéder à Days of Future Past, considéré comme l’un des meilleurs épisodes de la saga.

Enfin, le trailer de Captain America : Civil  War semble être le plus rassurant cinématographiquement parlant. Outre les nouveaux plans dévoilés, c’est surtout l’ambiance de bataille qui touche le spectateur. Affublé d’un chœur en fond sonore hurlant l’union et la division des super héros, la courte bande annonce témoigne de la violence du futur affrontement entre les équipes menées par Captain America d’un côté et Iron Man de l’autre. Clins d’œils également pour le nouveau costume d’Antman (peut-être verra-t-on sa transformation en « Giant Man » ?) ainsi que d’autres visuels plus nets sur Black Panther, le célèbre personnage originaire du Wakanda.

https://www.youtube.com/watch?v=zLXIsq8AQ-Y

Ninja Turtles est probablement la suite la plus improbable et la moins attendue de cette sélection. Pourtant, le premier volet a trouvé son public (500 millions de dollars de recettes mondiales) et certaines catégories de spectateurs se sont plus à suivre les aventures (très numériques) des Tortues Ninja dans cette nouvelle adaptation . Si l’auteur de ces lignes se retrouve étrangement dans cette catégorie, les nouvelles images dévoilées promettent un spectacle bourrin et décérébré. N’est-ce pas là tout ce qu’on attend de ce genre de long métrage ?

https://www.youtube.com/watch?v=eM-vxD4Ua4w

Le péplum fantastique américano australien Gods of Egypt vient également de dévoiler une courte minute d’images inédites. Le long métrage a beaucoup fait parlé de lui sur la toile et pas forcément en bien. En cause notamment le whitewashing de la production (utilisation d’acteurs blancs caucasiens pour des personnages étrangers) ainsi que pour ses effets spéciaux flashy désastreux dignes d’un jeu de PlayStation 2. Le résultat est d’autant plus incompréhensible qu’il est signé Alex Proyas, déjà auteur de Dark City et I Robot, deux films reconnus pour leurs directions artistiques maîtrisées.

Après Maléfique et Cendrillon, Disney poursuit sa campagne de réadaptations (ou repompages au choix) et c’est désormais Le Livre de la Jungle qui passe à la moulinette Live Action. Réalisé par Jon Favreau (Iron Man 1 et 2, Chef) et avec un casting vocal quatre étoiles (Scarlett Johansson, Idris Elba, Ben Kingsley), le long métrage pourrait tirer son épingle du jeu grâce à une direction artistiques plutôt travaillée malgré le flot de numériques. On espère donc que la major aura compris ses lacunes concernant le projet et proposera une adaptation live digne du format d’origine.

https://www.youtube.com/watch?v=wfIdYbRMOUY

Dans la catégorie suite, préquelle ou remake improbable, Independance Day : Resurgence se tiendrait en très bonne position. Pourtant, à la vue des différentes images proposées, on est en droit de s’interroger quant à la tenue d’une suite aussi épique et héroïque que son aîné. Armé de figures de proues telles que Jeff Goldblum ou Bill Pullman qui rempilent dans leurs rôles respectifs, le long métrage propose de nouveaux visages des plus intéressants, menés par Charlotte Gainsbourg et Liam Hemsworth. Avec un fond sonore très patriotique, on sent l’influence du premier opus sur ce nouveau film. De bonne augure ?

Eddie The Eagle est probablement le projet le plus indépendant de cette sélection. Le film, salué à Sundance en Janvier dernier, raconte l’histoire vraie d’Eddie Edwards, surnommé l’Aigle, qui fut le premier athlète britannique à participer aux Jeux Olympiques d’Hiver en 1988 à Séoul, dans la catégorie du saut à ski. Un pitch original, qui devrait faire la part belle à l’humour, notamment avec Matthew Vaughn (Kingsman) à la production. Le long métrage aura pour trio d’acteurs Taron Egerton (de nouveau Kingsman), Hugh Jackman et Christopher Walken. Il débarquera en salles américaines le 1er avril prochain et le 13 Avril dans nos contrées.

https://www.youtube.com/watch?v=w60unmIFvgM

Enfin, The Secret Life of Pets (ou Comme des bêtes en version française), nouveau long métrage du studio Illumination, a dévoilé des séquences inédites au public. Réalisé par le français Pierre Coffin, auteur de l’univers des Minions, le film part d’un postulat amusant : Que font nos animaux une fois que nous sommes partis ? Un pitch qui rappellera Toy Story mais qui pourrait donner de bonnes séquences à l’humour décalé, après la petite déception que fut le Spin off consacré aux Minions.

Sur l’ensemble des bandes-annonces et autres trailers dévoilés, on peut dire que les majors ont rempli leurs jobs et nous ont proposé des nouvelles séquences tout-à-fait prometteuses. Sans commencer à fabuler, on peut d’ores et déjà dire que nous sommes rassurés face à la description des longs métrages proposés. L’attente va être longue !

Le Convoi Sauvage, un film de Richard C. Sarafian : critique

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Une expédition de trappeurs, un guide grièvement blessé par un ours et laissé pour mort par ses camarades, en plein conflit entre Blancs et Indiens : en ce mois de février 2016, lorsque l’on réunit ces éléments, cela fait inévitablement penser à The Revenant, le nouveau film événement d’Alejandro Gonzalez Inarritu.

Synopsis : l’expédition de trappeurs du capitaine Henry (John Huston) cherche à atteindre le fleuve Missouri pour pouvoir partir vendre leurs fourrures dans le Sud. Ils doivent faire vite, car les Indiens menacent d’attaquer. Mais Zachary Bass, le guide, est attaqué par un ours et laissé pour mort.

Mais ici, nous sommes en 1971, le film est réalisé par Richard C. Sarafian et l’acteur principal est Richard Harris.
Cependant, l’histoire est bel et bien identique : c’est l’histoire vraie de Hugh Glass, qui a été attaqué par un ours dans le Sud Dakota en 1823. Et si, dans le film de Sarafian, le nom du personnage est changé de Glass en Bass, l’allusion reste transparente.

Double mouvement

Man in the wilderness est construit sur deux mouvements. Le premier, c’est le mouvement intérieur qui entraîne un Bass mourant à puiser des forces dans sa vie passée. Le film plonge alors dans cette introspection à travers toute une série de flash-backs nous permettant de mieux connaître ce personnage pourtant mystérieux. Nous voyons se dessiner devant nous le portrait d’un homme qui va progressivement rejeter la « civilisation » blanche avec ses religions et son mode social.
C’est dans cette quête intérieure que va s’effectuer également une sorte de communion avec la nature. « Le royaume du ciel est en toi comme en toute chose : la mer, le ciel, le vent », lui dira un personnage issu directement de son passé. Et c’est à travers la nature que Bass reconstituera ses forces.

Le second mouvement est celui de l’expédition du capitaine Henry. Les trappeurs cherchent à rejoindre le Missouri, poursuivis par les Indiens et par leurs remords. Ils ont abandonné le corps de Bass, mais son fantôme semble hanter le convoi. Henry, qui considérait Bass comme son fils mais n’hésite pas à faire avancer sa troupe sans esquisser le moindre retour en arrière, fait le guet chaque soir, comme s’il attendait l’arrivée de l’esprit du guide. Plusieurs fois on croit le voir, on lui tire même dessus avant de se rendre compte que ce n’est pas lui. Bass devient le symbole de la malédiction du convoi.
Car l’expédition est maudite. Le capitaine, rongé par le remords, s’enfonce dans la folie destructrice. L’image de ce bateau sans eau, ce bateau voyageant sur terre, montre bien le côté contre-nature de l’aventure. On est dans l’absurdité d’hommes qui perdent le contact avec la réalité. Ces images superbes, soutenues par une musique grandiose, donnent au film un aspect épique qui contraste avec l’introspection de Bass dans une sorte de complémentarité.

« Civilisés » et « sauvages »

Outre sa réflexion sur les liens entre l’homme et la nature, Le Convoi Sauvage se distingue aussi par une vision critique des pionniers Blancs. Même si les Blancs se prétendent « civilisés » et n’hésitent pas à qualifier les Indiens de « sauvages » ou « barbares », il n’en reste pas moins que les trappeurs détruisent la nature, abandonnent leur blessé, et tirent constamment les premiers lors des combats, sans même chercher à connaître les intentions des personnes en face. « Nous sommes les découvreurs de la nouvelle Amérique », dira le Capitaine Henry. Sarafian se livre donc à une attaque contre les pionniers du pays, une version critique des légendes fondatrices des Etats-Unis.
Sur un rythme lent, Le Convoi sauvage s’inscrit dans cette liste de films des années 70 qui remettaient en question le western traditionnel, au côté de Jeremiah Johnson par exemple. L’interprétation est excellente, les images sont très belles, montrant un travail discret de mise en scène. Incontestablement, le film de Richard C. Sarafian est à redécouvrir.

Le Convoi Sauvage : Fiche Technique

Titre Original : Man in the wilderness
Réalisateur : Richard C. Sarafian.
Scénario : Jack DeWitt
Interprétation : Richard Harris (Zachary Bass), John Huston (Capitaine Henry), Henry Wilcoxon (chef Indien), Percy Herbert (Fogarty), Dennis Waterman (Lowrie).
Photographie : Gerry Fisher
Montage : Geoffrey Foot
Musique : Johnny Harris
Producteur : Sanford Howard
Société de production : Limbridge, Wilderness films.
Société de distribution : Warner Bros
Date de Sortie : 24 novembre 1971 (USA)
Pays : Etats-Unis
Durée : 104’

Cœurs Brûlés, un film de Josef von Sternberg : critique

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C’est juste après le succès international de L’Ange Bleu que Josef Von Sternberg embarque l’actrice Marlene Dietrich (dont il s’imagine être le Pygmalion) à Hollywood pour une coproduction internationale. Les films coloniaux étant à la mode, c’est donc en Afrique du Nord que se déroulera Cœurs Brûlés (Morocco de son titre original), en pleine époque de conflits contre des groupes de résistants locaux cachés dans les montagnes. Cette situation justifiera la présence de la Légion étrangère dans la ville.

Synopsis : à Mogador, en plein Maroc colonial, le légionnaire Tom Brown rencontre la chanteuse de cabaret Amy Jolly. Ils tombent amoureux l’un de l’autre.

Terre d’exotisme et de sensualité

Le film va jouer pleinement sur l’aspect exotique de son scénario. Le cinéaste prend son temps pour nous montrer la population locale, les prières, il implante une ambiance quasiment digne des contes arabes. Mogador devient une sorte de Babel où toutes les langues sont parlées, mais c’est également un lieu où toutes les luxures semblent possibles.
Avec son goût du scandale et de la sensualité assumée, Von Sternberg va jouer là-dessus. Son film apparaît vite comme un écrin où se déploie toute la splendeur de Marlene Dietrich. L’actrice a bien changé depuis L’Ange Bleu, mais le cinéaste aime toujours la rendre provocante. Habillée en garçon, elle n’hésite pas à embrasser une autre femme, geste qui, en 1930, ne pouvait qu’être scandaleux.

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« Rien de tel que l’indépendance », dira Amy : là est résumé un des thèmes importants du film. Amy se veut une femme libre, choisissant ses amants, se jouant des hommes et des règles de pudeur qu’ils imposent. Mais cette liberté est-elle réelle ? De qui dépend-elle ? Amy ne va-t-elle pas s’enfermer dans son amour pour Tom Brown ?
Un des aspects les plus importants du personnage d’Amy, c’est sa méfiance manifeste envers ses propres sentiments. Elle veut jouer à la séductrice, mais refuse catégoriquement de tomber dans le piège de l’amour. A travers les mots, en filigranes, on sent toute la souffrance de ce personnage, souffrance d’autant plus émouvante qu’elle reste muette, qu’Amy se force à la masquer, mais qu’elle passe par tous les pores.

Suicide Passenger

Dès le début, Tom Brown nous paraît avoir plusieurs points communs évidents avec Amy. Lui aussi ne respecte pas les règles. Ce qui entraîne de fréquents conflits avec sa hiérarchie. Lorsque l’officier donne ses consignes, c’est Tom qu’il regarde avec intensité, sachant déjà qui va les enfreindre. Séducteur incapable de résister à une femme, il est volontiers bagarreur et violent. Quand ses supérieurs veulent l’affecter ailleurs, il refuse tout simplement, préférant se rendre coupable d’insubordination.

morocco-film-von-sternberg-critique-filmLe second point commun concerne sa vie passée. Même s’il n’en dira jamais rien, Brown laisse suggérer qu’il s’est engagé dans la Légion pour fuir son passé et les conséquences d’éventuelles fautes qu’il aurait commises. Amy, elle aussi, arrive au Maroc pour fuir. « Il y a une Légion Étrangère pour les femmes aussi » avouera-t-elle, sans que, une fois de plus, on puisse savoir ce qui a pu la pousser à tout abandonner pour se donner en spectacle dans un cabaret miteux. Au début du film, l’officier du bateau l’affirme : ces passagers sont appelés les « Suicide passenger » : aller simple sans retour.

Mélodrame

Il y a une déchéance qui amène les personnages au Maroc ; il y en a une autre, une plus profonde encore, qui fait définitivement abandonner la vie sociale et la liberté, une déchéance produite par l’amour, sentiment décrit ici comme asocial. Toute la seconde partie du film conduit à cette rupture, à ce constat terriblement pessimiste.
Le film déploie alors les charmes du mélodrame. Les sentiments contrariés, l’amour qui va à l’encontre de la position sociale et des convenances, tout les ingrédients sont ici réunis. Mais Von Sternberg agit avec subtilité : pas de pathos, pas de musique lourde venant insister sur les sentiments. Le mélodrame est d’autant plus tragique qu’il n’est pas appuyé.
Aidé d’un casting irréprochable (le couple Marlene Dietrich et Gary Cooper, peut-on rêver plus mythique?), le cinéaste dresse, avec une grande économie de moyen, un très beau film sur la liberté et l’enfermement, sur l’enfer des sentiments qui coupent du monde et changent des destinées, sur la déchéance. Un film sur la fuite, un mélodrame colonial se déroulant dans un monde rempli de dangers et de mystères.

Coeurs Brûlés : fiche technique

Titre original : Morocco.
Réalisateur : Josef Von Sternberg
Scénariste : Jules Furthman, d’après la pièce Amy Jolly de Benno Vigny
Interprètes : Gary Cooper (Tom Brown), Marlene Dietrich (Amy Jolly), Adolphe Menjou (M. Bessiere)
Photographie : Lee Garmes
Musique : Karl Hajos, Leo Robin
Producteur : Hector Turnbull
Société de production : Paramount Pictures
Pays : USA
Année : 1930
Durée : 1h28

Nouvelle sortie de 03 février 2016

Mad Love in New-York, un Film de Josh et Benny Safdie : Critique

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Les chamans du Do it yourself new-yorkais posent leurs caméra dans l’Upper West Side et captent un pan de la ville que l’on croise sans jamais voir, celui du trafic d’héroïne.

Synopsis : A New York, un couple de vagabonds toxicomanes, entretenant une relation conflictuelle, se bat contre leur addiction.

La folle histoire d’amour du titre lie inexorablement Harley, blanche et blonde jeune fille avec le sombre métalleux Ilya. Deux toxicomanes vivant dans la rue, sans cesse à la récolte d’un peu d’argent pour leur prochain fix. Ils sont les habitants du quartier que l’on croise sans regarder qui, à force de survivre, touchent à l’addiction du danger.

Le film s’ouvre sur les visages des deux protagonistes s’embrassant à même le sol. Du made love in New-York on passera rapidement au mad love lorsque Harley, qui désespère après avoir perdu celui qui la traite désormais comme une moins que rien, se tranche les veines. C’est le point de départ d’un combat contre une autre addiction, celle de l’amour toxique cette fois-ci.

L’inexplicable attrait d’Harley pour ce démon urbain qu’incarne Ilya ne peut s’expliquer que par une addiction amoureuse qui a dû prendre racine lors d’une parenthèse idyllique d’un passé tragique, à l’image de la scène d’introduction. Lorsqu’Ilya disparaît ou frôle l’overdose, la jeune femme perd les pédales, sauf que leur retrouvailles sont très vite synonymes d’errances funestes. Le jeune homme devient un substitut à l’héroïne de l’héroïne sans jamais la sauver. Si New-York était Gotham, Harley serait Quinn et Ilya le joker. Le comic book de Batman relatant leur relation s’appelle d’ailleurs Mad Love, ce qui n’a sans doute pas échappé aux cinéastes.

Mad Love in New-York n’est pas un portrait de ces personnages, pourtant directement inspirés des écrits d’Arielle Holmes (Heaven knows What) qui joue son propre rôle en incarnant Harley. Le film n’est pas là pour nous faire comprendre tel un documentaire le quotidien de ces personnages, mais pour nous le faire ressentir, au plus près d’eux. Et la mise en scène des frères Safdie n’y est évidemment pas pour rien. La caméra ne se contente pas de suivre son personnage dans son dos, mais la réalisation passe de plans larges filmés de l’autre côté de la rue, à des plans très rapprochés, une manière d’ancrer ces destins tragiques dans une réalité urbaine que l’on connaît par cœur. Les deux réalisateurs ont d’ailleurs filmé à même la rue, avec des acteurs souvent non-professionnels issus de l’entourage d’Arielle Holmes. Ce choix anti-studio donne énormément d’authenticité au film.

On frôle dès lors le documentaire, mais les Safdie avaient davantage envie de lorgner vers le fantastique pour éviter le didactisme d’un film anti-drogue. Le choix, entre autres, d’Isao Tomita pour la bande-son imprègne le film d’un psychédélisme en adéquation avec son sujet. Le générique du début, long plan-séquence musical à l’hôpital, nous prive d’un pathos, préférant plutôt nous plonger dans ce monde parallèle qu’est celui de la toxicomanie.

Après une piqûre d’héroïne il n’y qu’un pas entre le surnaturel et le naturel, du téléphone d’Ilya se transformant en feux d’artifice au réveil brutalement seul d’Harley dans son bus en direction de jours meilleurs. Avec Mad Love in New-York les frères Safdie ont filmé des personnages en errance entre la vie et la mort, des personnifications de nos hantises de décadence.

Mad Love in New-York de Josh & Benny Safdie – Bande-annonce

Fiche Technique : Mad Love in New-York

Titre original : Heaven Knows What
Date de sortie : 03 Février 2016
Nationalité : Américain
Durée : 97 min.
Genre : Drame
Réalisateur : Josh et Benny Safdie
Auteurs : Josh Safdie et Ronald Bronstein d’après le roman Mad Love in New York City d’Arielle Holmes
Casting : Arielle Holmes, Caleb Landry Jones, Buddy Duress, Necro, Eléonore Hendricks
Chef opérateur : Sean Price Williams
Chef décoratrice : Audrey Turner
Monteurs : Benny Safdie et Ronald Bronstein
Musique : Ariel Pink, Paul Grimstad, Isao Tomita
Producteurs : Sebastian Bear-McClard, Oscar Boyson, Benny Safdie, Josh Safdie
Distributeur : Carlotta Films
Budget : NR

Deadpool, un film de Tim Miller : Critique

Ça ne va pas fort chez les super-héros de la Fox : leur Quatre Fantastiques a été un tel échec que la licence leur a échappé, et leur X-men Apocalypse ne réussira pas à s’imposer auprès du grand public encore sous le coup des mastodontes commerciaux Captain America 3 et Batman Vs. Superman. La stratégie de la firme pour se refaire une santé est de justement jouer sur cette saturation de blockbusters de super-héros que ce printemps va nous faire vivre pour nous vendre une adaptation des aventures d’un personnage dont la nature même est d’en casser les codes aseptisés.

Synopsis : Ancien soldat des forces spéciales reconverti comme mercenaire au rabais, Wade Wilson est un individu lubrique et immoral au franc-parler acerbe. Alors qu’il croit avoir réussi à se poser en filant le grand amour avec une jeune femme aussi délurée que lui, il apprend qu’il est atteint d’un cancer. Il accepte l’offre d’une société secrète lui proposant de le soigner, mais lorsqu’il réalise qu’il a été trahi, il choisit d’utiliser les pouvoirs acquis lors de cette expérience pour se venger.

Héros sale et méchant

Imaginé en 1991 par Fabian Nicieza et Rob Liefeld comme un antagoniste des X-men, Deadpool devient rapidement assez populaire pour se voir offrir ses propres comics. Présenté comme un tueur à gages psychopathe au bagout intarissable, son super-pouvoir d’auto-guérison s’accompagne d’une névrose qui lui permet, entre autres, d’être conscient d’être un personnage de bande-dessiné et donc de pouvoir briser le quatrième mur. En chantier depuis une dizaine d’années, initialement pensé pour être le premier spin-off à faire suite à la trilogie X-men, un film consacré à Deadpool n’a malheureusement pas pu se faire plus tôt, suite aux refus de plusieurs réalisateurs pressentis (Robert Rodriguez, David S. Goyer…) et aux difficultés de s’adapter au planning de plus en plus chargé de Ryan Reynolds, ce dernier ayant été contraint de se contenter d’un caméo dans le premier film consacré à Wolverine. Le projet a finalement atterri entre les mains de Tim Miller, connu uniquement des amateurs de jeux-vidéos pour être un spécialiste dans l’animation de cinématiques. A présent vendu par une campagne marketing chargée comme une comédie d’action survoltée, le long-métrage prétend avoir emprunté aux bandes dessinées dont il est tiré sa violence et sa vulgarité inédite. Interdit aux moins de 17 ans aux Etats-Unis, Deadpool a au moins le mérite d’être libéré des contraintes de grosses productions tout public. Mais cet argument ne couvre-t-il pas une simple pantalonnade, comme a pu l’être Hancock, une série B impersonnelle, comme The Punisher en son temps lui aussi classifié R17, ou bien est-ce là ce film transgressif tant attendu qui fera enfin bouger les codes d’un genre trop balisé ?

Les codes du genre, on peut dire que le réalisateur les connait au vu du générique d’ouverture. En quelques secondes, le ton est donné : L’autodérision et le détournement des poncifs cinématographiques seront les principaux ressorts comiques du film. Mais les minutes qui suivent font aussitôt naître une frayeur tristement légitime: Et si toutes les bonnes blagues et les meilleures scènes d’action avaient été révélées par la campagne promotionnelle? Malgré la qualité du montage qui rend jouissives les cascades et autres gunfights de cette introduction survitaminée, il faudra attendre un petit quart d’heure pour pouvoir apprécier des scènes inédites et faire renaître l’espoir d’être surpris. Dès lors, les punchlines du héros masqué reprennent le pas sur l’action et les flashbacks revenant sur les origines du personnage deviennent le centre de gravité de la narration. Ce background est très fidèle aux comic-books, même si les puristes pointilleux trouveront toujours à se plaindre, prétextant entre autres que le mot « Arme-X » ne soit jamais cité. Le talent du réalisateur dans le domaine des effets spéciaux permet aux scènes d’action d’être spectaculaires malgré le budget relativement réduit du film. Des scènes au cours desquels on appréciera les effluves sanglantes, loin d’être outrancièrement gores mais déjà trop rares pour ne pas être remarquées. Rédigé par le même duo de scénaristes que Bienvenue à Zombieland, le scénario parvient à tirer profit de la nature de son anti-héros dans sa façon de s’adresser directement au public, rendant ainsi fluides les allers-retours chronologiques et à justifier les moqueries aux codes cinématographiques auxquels le film est fatalement soumis. Son humour salace est également habilement utilisé pour multiplier les allusions sexuelles les plus graveleuses sans que le film ne sombre dans un esprit lourdaud que l’on pouvait craindre. Mais les répliques les plus drôles sont indubitablement celles qui ont pour cible ce cinéma commercial et politiquement correct dont il se prétend l’antithèse. Un sens de l’autodérision qui n’épargne évidemment ni la mythologie X-men (on regrettera que Hugh Jackman ait refusé de faire une apparition) ni Ryan Reynolds en personne. C’est cet ultra-référencement dans la répartie fleurie du personnage qui rappelle que nous sommes face à un film de fans, et c’est là sa principale limite.

Sans jamais être véritablement subversif dans ce qu’il raconte, Deadpool n’hésite pas à imposer à l’univers des super-héros un humour noir dont le niveau n’a jamais été atteint. Sexe, drogues, blagues sexistes, violence gratuite… tous les ingrédients sont réunis pour donner au long-métrage une tonalité amorale qui pourtant ne fait jamais son effet en tant que tel. Tout en en jouant avec un impitoyable esprit satirique, la trame du film ne parvient aucunement à briser le schéma imposé par un cahier des charges nécessitant une exposition du background du personnage et de son combat contre un méchant. Incarné par Ed Skrein (vu dans Game of Thrones et héros de Le Transporteur Héritage), Ajax est un parfait « méchant qui a la classe », mais bien trop lisse au regard de ce qu’il est dans la bande-dessinée. Avoir choisi pour méchant un personnage aux pouvoirs relativement similaires à ceux du héros est une solution de facilité qui rend leur combat peu palpitant mais qui surtout est la source d’un manichéisme aux antipodes de ce qu’incarne Deadpool. De son côté, la fiancée de Wade Wilson est interprétée par la délicieuse Morena Baccarin (la femme de Brody dans Homeland et de Gordon dans Gotham) qui participe au caractère sulfureux du personnage, même si là encore le scénario n’a pas oser exploiter son statut de prostituée. Il est des choses avec lesquels on ne plaisante pas, et la sacro-sainte histoire d’amour en est une. A l’image de Deadpool qui manque naturellement de subtilité, aucun personnage secondaire ne peut prétendre avoir été écrit avec une quelconque épaisseur, les motivations des méchants n’étant même pas définies. Le plus gros regret concernant la caractérisation de Deadpool est sans doute de ne pas avoir su jouer avec sa névrose schizophrénique, l’absence d’incarnation à ses voix intérieures étant sans doute le petit grain de folie qui manque au film. L’éclatement narratif et l’étirement de certains flashbacks ont beau permettre de comprendre les enjeux du héros, ils ont aussi pour effet de donner au récit un rythme bancal. La scène précédent la transformation de Wade est ainsi trop peu dynamique, tandis que d’autres passages ne réussissent à devenir iconiques que grâce à l’usage de musiques pleines d’entrain: on pense notamment à « Shoop » de Salt-N-Pepa ou « X Gon’ Give It To Ya » de DMX, mais aussi l’hilarant rap qui accompagne le montage des premières (ex)actions de Deadpool. Ainsi, tout n’est pas parfait dans cette comédie d’action, jubilatoire comme un Kingsman, mais ni aussi corrosive ni aussi explosive qu’on aurait pu le souhaiter.

Début en demi teinte pour une franchise de super-héros se vouant différente des autres en jouant à fond sur le potentiel déjanté et irrespectueux de son personnage et de sa verve ininterrompue et ce, de son ouverture à sa scène post-générique. Avoir réussi à nous faire oublier, à grands coups de répliques cinglantes et de gags trashs, les faiblesses d’un scénario convenu n’est finalement que la première chose à attendre d’un divertissement régressif. Et le sentiment de ne pas être pris pour des gamins écervelés est la preuve que, sans révolutionner quoi que se soit, Deadpool se démarque de toutes ces productions fabriquées à la chaine par une industrie mercantile et bien-pensante. Espérons que la suite ne rentrera pas dans le moule…. ou, mieux, qu’elle réussira à l’explosera une bonne fois pour toutes!

[Bande-annonce] Deadpool:

[Fiche technique] Deadpool:

États-Unis, Canada – 2015

Réalisation : Tim Miller
Scénario: Rhett Reese, Paul Wernick
D’après l’œuvre de : Fabian Nicieza et Rob Liefeld
Interprétation: Ryan Reynolds (Wade Wilson / Deadpool), Morena Baccarin (Vanessa), Ed Skrein (Francis/Ajax), T.J. Miller (Weasel), Leslie Uggams (Al), Brianna Hildebrand (Negasonic)…
Image: Ken Seng
Effets spéciaux : Jonathan Rothbart
Montage: Julian Clarke
Musique: Junkie XL
Producteur(s): Simon Kinberg, Ryan Reynolds, Lauren Shuler Donner, Stan Lee…
Production: Marvel Films
Distributeur: Twentieth Century Fox France
Date de sortie: 10 février 2016
Durée: 109 minutes
Classification : – 12 ans en France, R17 aux Etats-Unis
Genre: Action, comédie

 

Inside n°9, une série de Reece Shearsmith et Steve Pemberton : Critique saison 1 et 2

Comment vous décrire ce duo monty pythonesque. Dignes successeurs de Laurel et Hardy, Reece Shearsmith et Steve Pemberton ont fait leurs armes auprès de Mark Gatiss (cocréateur de Sherlock, et interprète de Mycroft Holmes, ainsi que du professeur Lazarus dans Doctor Who) et Jeremy Dyson dans Le Club des Gentlemen diffusé entre 1999 et 2002 sur le réseau BBC Two.

Synopsis : Six histoires sans lien se déroulant à chaque fois dans un lieu différent se trouvant toujours au numéro 9. Ces habitations (maison / appartement / manoir) font face à des événements extraordinaires ou macabres, avec une bonne dose d’humour… 

Ladite série comique à sketchs était à la base un spectacle théâtral, récompensé en 1997, puis une émission de radio avant de finir sur les écrans pour trois saisons. Ils récidivent dans l’humour acerbe et noir avec Psychoville en 2009. Décrite comme étant un sombre thriller psychologique, leur deuxième création raconte le quotidien de 5 personnages des plus atypiques (une sage-femme façon Kathy Bates dans Misery, un clown à demi-manchot, un acteur nain télékinésiste, un milliardaire aveugle et un homme-enfant tueur en série) reliés par une lettre qui les fait chanter sur un meurtre qu’ils auraient tous commis. Les deux hommes sont prolifiques dans un genre qui fait la réputation de l’autre côté de la Manche, la fantaisie satirique teintée d’un macabre délirant. Le rédacteur de ces lignes, amateur (et c’est un euphémisme) de séries anglaises, s’est penché sur le sujet en dévorant les deux premières saisons et constate l’écart entre d’une part la maîtrise et l’efficacité relative des sketchs de Inside n°9, et d’autre part les caricatures poussées à l’extrême ainsi que la lourdeur soulignée du potentiel comique dans les deux précédentes séries citées. CSM vous décrypte leur dernière anthologie.

La plume des deux comédiens, aux noms qui sonnent comme un cliché anglais, a beaucoup mûri en 20 ans. Inside n°9 dresse actuellement 12 situations, presque toutes en huis clos, à la fois rocambolesques, dérangeantes et très drôles durant lesquelles l’être humain est pointé du doigt , qu’il soit affable, hypocrite ou égoïste… A la différence du Club des Gentlemen et de Psychoville, Inside n°9 est d’un réalisme indéniable, oscillant toujours adroitement entre froide conscience, fatalisme vain et satire habile au dénouement quasi toujours tragique et inattendu. Les anglais, en remettant au goût du jour La Quatrième dimension et Alfred Hitchcock Presents, font montre de suffisamment d’auto-dérision et de self control pour que l’ensemble des 12 épisodes paraisse enfin équilibré. 10 épisodes sont un régal, tandis que 2 autres amusent beaucoup moins. Revenons sur ces deux saisons, épisode par épisode.

>>> Le duo est reçu par la British Film Institute pour revenir sur leur parcours et la saison 2 <<<

Saison 1  ★★★☆ 

Réalisé par David Kerr – diffusé du 5 février au 12 mars 2014

1) Sardines  ★★★★★

Rebecca (Katherine Parkinson) et Jeremy (Ben Willbond) organisent leur fête de fiançailles au manoir familial. Les invités jouent aux Sardines (cache-cache inversé), partie durant laquelle les participants se cachent au fur et à mesure dans… une penderie, jusqu’au dernier qui perd la manche et devient le premier à se cacher dans la manche suivante. Les joueurs s’entassent progressivement et les langues se délient..

Le huis-clos n’a jamais été aussi bien utilisé: 2 à 3 m² ! Sartre (L’Enfer c’est les autres) aurait été plié en 4. Une famille bourgeoise qui a des secrets, rien d’original, mais les dialogues et les touches d’ironie font passer l’ensemble comme une excellente partie de cache-cache… Etre pris au piège au sens propre, même en tant que spectateur, plaisir coupable.

>>> Les deux scénaristes/acteurs s’expriment sur le fait de jouer les « sardines » <<<

2) A Quiet Night In ★★★☆☆

Gerald (Denis Lawson), riche propriétaire et sa jeune compagne Kim (Joyce Veheary) se font cambrioler par deux voleurs maladroits. Après avoir passé le système de sécurité, les ennuis ne font que commencer…

Episode quasi muet, le mime finit par agacer un peu, mais la description du riche d’un certain âge cherchant une seconde jeunesse au travers sa(es) conquête(s) est d’une subtilité zygomatique… En jouant au chat et à la souris, les deux acteurs/scénaristes se mettent presque à nu, sans fard ni perruque, pour se ridiculiser.

3) Tom & Gerri ★★★★★

Tom (Reece Shearsmith) est un enseignant frustré par son travail et qui rêve d’écrire un roman. Un soir, un clochard nommé Migg (Steve Pemberton) retrouve son portefeuille, et Tom se sent obligé de l’héberger pour la nuit. Mais Migg prend progressivement ses quartiers dans l’appartement de Tom et transforme sa vie, au grand désarroi de Gerri, sa petite amie (Gemma Arterton).

La meilleure façon de marcher (pour ne pas citer que Claude Miller) n’est-elle pas la nôtre ? Le chat et la souris sont devenus la cigale et la fourmi, mais les apparences ne sont pas toujours trompeuses. La précarité, sur le pas de notre porte…

4) Last Gap ★★★★☆

Frankie J. Parsons (David Bedella), un célèbre chanteur, vient rendre visite à une petite fille gravement malade en compagnie de son assistant (Adam Deacon) et de la représentante de l’organisation caritative organisatrice (Tamsin Greig). Lorsque Frankie succombe à une attaque cardiaque en gonflant un ballon, le père de la petite fille (Steve Pemberton), l’assistant et la représentante se rendent compte que son dernier souffle contenu dans le ballon pourrait valoir une fortune.

L’absurdité de l’avarice par le biais du handicap enfantin. Peut-on rire de tout? Pousser les vices à leur paroxysmes dans le seul but de moraliser ce qui serait amoral. L’écriture, un peu lourde, finit toujours remporter l’adhésion du spectateur, qui doit laisser sa conscience de la censure au placard…

5) The Understudy ★★★★★

Tony, un acteur de théâtre, tient le rôle-titre d’une adaptation de Macbeth. Jim, sa doublure, attend patiemment sa chance, et celle-ci survient lorsque Tony est victime d’un accident sur scène.

L’épisode a mis plus de temps que tous les autres à s’écrire et est malheureusement le moins regardé de toute la série. En 5 actes et dans la loge du comédien, nous suivons le parcours fulgurant d’une ambition prêt à tout pour grimper toujours plus haut. Un des meilleurs épisodes des deux saisons !

6) The Harrowing ★★☆☆☆

Katy (Aimee-Ffion Edwards (Skins, Luther)) est engagée par Hector et Tabitha (Helen McCrory (Harry Potter, Peaky Blinders)), deux frère et sœur excentriques qui vivent dans un manoir gothique, pour qu’elle garde Andras, leur frère handicapé qui est constamment alité. Elle ne doit pas entrer dans sa chambre, sauf s’il sonne de sa clochette, ce qu’il ne fait jamais d’après Hector et Tabitha.

Gothique jusqu’à l’excès, qui rappelle le personnage Oscar Lomax dans Psychoville et son manoir poussiéreux, le fond (message ou morale) est moins évident, masqué entièrement par la forme (l’univers gothique et l’horreur qui s’en dégage). Autre cas de handicap, hors cadre et personnage qui n’ont rien de « si » terrifiant pour souligner les liens familiaux et les torts secrètement cachés.

7) The Inventors (épisode online)

[Trailer] Inside n°9 saison 1


Saison 2 ★★★★☆

diffusée entre le 26 mars et le 29 avril 2015

1) La Couchette  ★★★★★ (réalisé par Guillem Morales)

inside-n-9-la-couchetteAlors que le docteur Maxwell, qui a un important rendez-vous professionnel le lendemain, essaie de dormir dans un wagon-lits, il est constamment dérangé par les autres occupants du compartiment, un Allemand affligé de flatulences, un couple britannique venu assister au mariage de leur fille, et une routarde australienne et son petit ami d’un soir. Pendant la nuit, les voyageurs font une macabre découverte.

On se demande s’ils n’auraient pas vu « Train d’Enfer » de Titeuf en écrivant l’épisode tant les corrélations humoristiques sont évidentes, ou bien The Lady Vanishes d’Hitchcock, tant l’écriture est intelligente. Mélissa McCarthy dans le même wagon que l’oncle Vernon et Pétunia Dursley, gentils, tandis que Reece Schearsmith incarne un savant pincé et pressé, et Steve Pemberton un allemand « décoincé ». Certes, ils usent de beaucoup de clichés, mais on ne peut au final que les admirer. Plus hitchcockien, tu meurs…

2) The 12 Days of Christine ★★★★★ (réalisé par Guillem Morales)

sheridan-smith-inside-9Christine (Sheridan Smith (Dates, Galavant)) rencontre Adam à une fête du nouvel an. Les téléspectateurs assistent par la suite à plusieurs épisodes importants de sa vie se déroulant à intervalles réguliers.

Les répercussions d’un choix sur une vie en 12 jours importants. Très bien écrit et mis en scène sans prétention, efficacement. Les périodes sont reliées par des connexions habiles et ingénieuses. Passer de la joie d’une aventure sans lendemain, à une vie de couple, un mariage, un enfant, un divorce avec certaines thématiques de l’épouvante, le tout porté par la talentueuse Sheridan Smith. Seul regret, trop court !

3) The Trial of Elizabeth Gadge ★☆☆☆☆ (réalisé par Dan Zeff)

Au XVIIe siècle, Elizabeth Gadge (Ruth Sheen), une villageoise d’un certain âge, est accusée de sorcellerie par sa fille et son beau-fils. Le magistrat local fait appel à deux chasseurs de sorcières pour qu’ils déterminent si Elizabeth est coupable ou innocente.

L’humour est beaucoup plus monthy pythonesque : le huis-clos dans un tribunal qui ressemble à une cabane en paille et le public serait des figurants en cartons-pâte. L’effet de masse de villageois sans véritables opinions. La ruralité à l’épreuve de l’inconnu. Sur cet épisode, la rédaction peine à s’en faire une, d’opinion.

4) Cold Comfort ★★★★★  (réalisé par Steve Pemberton et Reece Shearsmith)

inside-n-9-cold-comfortAndy commence à faire du bénévolat dans un service d’écoute téléphonique. Il reçoit un appel d’une jeune femme suicidaire qui va avoir d’importantes répercussions.

Entièrement en found footage, caméras de surveillance ou webcams, sur les conditions de travail en open space, l’épisode est d’une incroyable ingéniosité. L’un des meilleurs de la série ! Il donne envie de revoir Timecode de Mike Figgis…

5) Nana’s Party ★★★★★ (réalisé par Steve Pemberton et Reece Shearsmith)

steve-pemberton-inside-9-nana-s-partyAngela (Claire Skinner) et Jim (Steve Pemberton) invitent Carol (Lorraine Ashbourne), la sœur d’Angela, et son mari Pat (Reece Shearsmith) à venir fêter les 79 ans de Maggie (Elsie Kelly), la mère d’Angela. Cette fête familiale réunissant des personnalités très différentes va connaître un déroulement inattendu.

On revient sur la famille pour des non-dits encore plus jouissifs. L’épisode représente la quintessence du duo : faire de l’événement heureux, un vernis qui craque jusqu’à révéler la surface salie de l’être humain. Ne les traitons jamais de pessimistes, ni fatalistes !

6) Seance Time ★★★★☆ (réalisé par Dan Zeff)

Une jeune femme rend visite à Madame Talbot (Alison Steadman), une médium, et son assistant pour une séance de spiritisme. Après une séance particulièrement spectaculaire, il s’avère que Talbot et son assistant sont des acteurs travaillant pour une émission de caméra cachée. Toute l’équipe se met en place pour recevoir un nouveau client. 

Se jouer de la téléréalité pour mieux se recentrer sur la peur primaire du revenant à la vie, très belle mise en abyme du jeu dans le jeu…

>>> Et si nous vous avons pas encore convaincu, Buzzfeed peut éventuellement le faire en 10 raisons <<<

[Trailer] Inside n°9 saison 2

[Fiche Technique] Inside n°9

Créée et écrite par Reece Shearsmith et Steve Pemberton
Casting : Reece Shearsmith et Steve Pemberton, Oona Chaplin, Tamsin Greig, Julia Davis…
Musique : Christian Henson
Chaine de diffusion : BBC Two
Photographie: Stephan Pehrsson
Maquillage : Lisa Cavalli-Green, Roxana Habibi, Lara Prentice, Sophie Harmon, Cecilia Herlin
Coiffure : Helen Speyer …
Nb d’épisodes : 12 (+1 online)
Durée: 30 minutes
Produit par Adam Tandy et Jon Plowman
Pays : Royaume-Uni